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Paix et sécurité en Afrique de l'Ouest: la Chine s'implique au Mali

Souleymane DIALLO, doctorant au Centre d’Histoire de l’Asie Contemporaine (Université Paris 1-Panthéon Sorbonne). Etude publiée le 22 Décembre 2013 sur le site de l'IEPS.

Résumé: Le 5 Décembre 2013 est marqué par l'arrivée des premiers casques bleus chinois à l’aéroport de Bamako. Il s’agit de la contribution chinoise à la MINUSMA. Au Mali, le maintien de la paix s’enrichit de l’implication d’une nouvelle puissance émergente qui a en plus des intérêts dans la région : la République Populaire de Chine. Comment caractériser le contexte dans lequel elle intervient ? Quelles sont les modalités de cette intervention ? Quelle en est la signification et quelles perspectives offre-t-elle ?

 

 

Table des matières

Introduction.

La MINUSMA au Nord-Mali : un environnement opérationnel difficile et des moyens limités.

Les spécificités du contingent chinois et les choix terminologiques de Beijing.

Choix diplomatiques et stratégiques de la Chine dans la crise malienne. Prise en compte des conflits afghan, libyen et ivoirien, et de la rivalité sino-américaine.

Les relations bilatérales sino-maliennes et la « solidarité Sud - Sud »

Coopération militaire et sécuritaire sino-malienne : une aide chinoise essentiellement logistique et technique, non létale et à forte fonction symbolique ?

Au-delà du Mali, une intervention croissante de la RPC dans les questions sécuritaires africaines, privilégiant les approches multilatérales et holistiques

Conclusion

Notes

Annexe N°1 : Les origines de la crise malienne et la période 2011-2012

Annexe N°2 : Les moudjahidines ouighours du Xinjiang et la coopération clandestine sino-américaine contre l’Union Soviétique dans les années 1980

 

Introduction

Le 5 Décembre 2013 a lieu un événement négligé par les grands médias internationaux, excepté peut-être l’agence de presse Chine Nouvelle (Xinhua) : l’arrivée des premiers casques bleus chinois à l’aéroport de Bamako (une avant-garde de 135 militaires de l’Armée Populaire de Libération, l’effectif total prévu pour le contingent étant de 395) [1]. Il s’agit de la contribution chinoise à la « Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali » (MINUSMA). La MINUSMA a été créée le 25 avril 2013 par la résolution 2100 du Conseil de sécurité de l’ONU. Les principaux objectifs de cette opération de maintien de la paix sont la stabilisation sécuritaire du pays, la protection des civils, le rétablissement de l’autorité du gouvernement malien sur l’ensemble du territoire, l’acheminement de l’aide humanitaire et le retour des réfugiés/personnes déplacées, l’appui au processus électoral et au dialogue national. A partir du 1er juillet 2013, elle prend le relais de la « Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine » ou MISMA, créée par la Résolution 2085 du Conseil de sécurité le 20 décembre 2012, présente dans le pays depuis Janvier 2013, composée surtout de troupes de la CEDEAO et du Tchad [2].

Le déploiement de ces missions internationales successives s’effectue parallèlement à l’intervention militaire française lancée le 11 Janvier 2013 avec l’autorisation de l’ONU (résolution 2085), baptisée « Opération Serval », visant officiellement à appuyer le gouvernement malien et à préserver l’intégrité territoriale du pays face à des groupes jihadistes régionaux et internationaux [3]. Rappelons cependant que les objectifs officieux de « Serval » incluent la protection des intérêts économiques et stratégiques français dans cette partie du Sahel, notamment les gisements d’uranium du Niger situés à proximité de la frontière malienne et exploités par la compagnie AREVA, vulnérables en cas de débordement du conflit [4]. Outre Serval (2800 à 4000 hommes présents au Mali selon les périodes), et la MINUSMA (effectif maximum prévu: 12 640), il faut mentionner la présence de quelques centaines de conseillers militaires envoyés par l’Union Européenne pour entraîner l’armée malienne [5] (« European Union Training Mission in Mali », lancée en Février 2013). Enfin, les Etats-Unis ont également joué un rôle direct dans la guerre au Mali depuis 2012 mais sans prendre officiellement part à des opérations de combat, leur action semblant se limiter à un soutien logistique et au renseignement tactique [6].

Au Mali, le maintien de la paix s’enrichit de l’implication d’une nouvelle puissance émergente qui a en plus des intérêts dans la région : la République Populaire de Chine (que l’on désignera ici par l’acronyme RPC pour plus de commodité).  Comment caractériser le contexte dans lequel elle intervient ? Quelles sont les modalités de cette intervention ? Quelle en est la signification et quelles perspectives offre-t-elle ?

 

La MINUSMA au Nord-Mali : un environnement opérationnel difficile et des moyens limités.

Le débarquement du contingent chinois prend place dans un contexte difficile pour le gouvernement malien et ses alliés de la coalition internationale. On constate certes une amélioration de la situation militaire comparé à l’année 2012 ou à Janvier 2013. Le gouvernement malien est en meilleure posture, le territoire n’est plus coupé en deux ; dans le Nord (principal objet de l’attention internationale) les grandes agglomérations et les axes de communication sont relativement sous contrôle depuis que les groupes jihadistes régionaux et internationaux (AQMI, Ansar Dine, MUJAO[7]) en ont été délogés. Enfin le gouvernement malien et ses alliés internationaux ont bénéficié de la rupture entre les groupes jihadistes et les rebelles nordistes, pour l’essentiel des mouvements ethno-nationalistes ou séparatistes touaregs comme le MNLA (Mouvement National pour la Libération de l'Azawad). Cette rupture, consommée en Juin-Juillet 2012, a conduit le MNLA à entamer des négociations de paix avec Bamako dès Décembre 2012 et à modérer ses revendications, abandonnant le projet d’indépendance de l’Azawad pour une simple autonomie à l’intérieur du Mali. D’autres groupes séparatistes adoptent la même posture et se joignent aux pourparlers. Le 18 juin 2013, à Ouagadougou, le gouvernement de transition malien et les rebelles du MNLA et du HCUA (Haut conseil pour l'unité de l'Azawad) signent un accord de cessez-le-feu pour permettre la tenue de l'élection présidentielle le 28 juillet [8].

Cependant, la stabilisation du pays rencontre des difficultés. Dans le Nord, la situation sécuritaire est loin d’être sous contrôle et reste instable. Depuis qu’ils ont été chassés des grandes agglomérations en Février 2013, les jihadistes se sont réorganisés. Ils tentent de se fondre dans la population et pratiquent la guerre asymétrique, aussi bien dans les zones rurales qu’en milieu urbain [9]. Ils effectuent des enlèvements, des embuscades contre les convois notamment à l’aide d’engins explosifs improvisés (plus connus sous l’appellation anglophone « Improvised Explosive Devices » ou IEDs), ainsi que des attentats-suicide. L’un des plus récents s’est produit dans le centre-ville de Kidal le 14 Décembre : un kamikaze a projeté une voiture piégée contre des troupes de la MINUSMA et de la garde nationale malienne qui sécurisaient la banque locale; en plus du kamikaze, l’explosion a tué deux Casques bleus sénégalais et fait un certain nombre de blessés graves [10]. Le 15 Décembre, l’attentat a été revendiqué par un jihadiste local, « Sultan Ould Badi », d’origine arabo-touarègue, ancien membre d’AQMI et du MUJAO [11]. Il faut aussi mentionner la persistance de tensions voire d’incidents armés entre les forces gouvernementales maliennes et les nationalistes touaregs (MNLA et autres), au cours desquels les militaires français de Serval et le personnel de la MISMA / MINUSMA tentent parfois de s’interposer ou de séparer les belligérants (notamment à Kidal en Juin, Juillet et Septembre 2013)[12]. Malgré la signature du cessez-le-feu le 18 Juin 2013 (accords de Ouagadougou), la paix reste précaire. Les deux camps s’accusent réciproquement de violations des accords et d’atteintes aux droits de l’homme. Le 26 Septembre les groupes armés touaregs (MNLA, HCUA [13] et MAA) se retirent des négociations de paix suite au refus du nouveau président, Ibrahim Boubacar Keïta (élu en Août) de négocier l’autonomie de l’Azawad. Les négociations reprennent cependant le 5 Octobre [14].

La marge de manœuvre politique et diplomatique de la France et de la MINUSMA semble parfois limitée. Le nouveau gouvernement malien et une partie de l’opinion publique locale accusent fréquemment la France d’ingérences et de complaisance envers les nationalistes touaregs (souvent plus impopulaires que les islamistes, par exemple à Gao); récemment certains milieux gouvernementaux ont accusé  la France d’unilatéralisme dans la conduite de ses opérations contre les jihadistes [15]. Mais il est aussi arrivé que le MNLA critique la MINUSMA en la qualifiant d’ « incompétente ». Par exemple après l’accrochage avec l’armée malienne le 11 Septembre à Foïta (nord-ouest), ayant coûté la vie à plusieurs rebelles; d’après le MNLA, l’ONU était censée prendre en charge le cantonnement des insurgés, superviser la libération des prisonniers touaregs, et mettre en place une commission d’enquête [16]. Certains indépendantistes accusent aussi la France (et la communauté internationale en général) d’avoir pris parti pour le gouvernement malien et d’avoir « trahi » le MNLA malgré sa récente contribution à la lutte antiterroriste [17].

La situation est rendue encore plus complexe par les tensions existant au sein du gouvernement malien, entre les diverses factions politiques, héritées du putsch de Mars 2012. On peut citer comme exemple la mutinerie menée au camp de Kati, du 1er au 4 Octobre 2013 par des anciens putschistes « bérets verts », jaloux de la promotion d’Amadou Sanogo nommé général de corps d’armée le 14 Août. Quatre militaires maliens ont trouvé la mort dans ces événements. Il y a aussi l’arrestation du général Sanogo le 27 Novembre, ce dernier étant accusé d’enlèvement et de meurtre contre des militaires rivaux qui avaient tenté un contre-coup d’état en Avril 2012 (des « bérets rouges » partisans de l’ex-président Touré). Une enquête est en cours. Le 4 Décembre, les aveux de ses anciens collaborateurs ont d’ailleurs permis la découverte d’un charnier contenant 21 corps, supposés être ceux des « bérets rouges »[18].

Enfin, outre la persistance de l’insécurité et les diverses tensions politico-diplomatiques, d’autres facteurs ont incité la communauté internationale à abandonner l’optimisme qu’elle affichait initialement.  Le 12 Novembre 2013, une journaliste de « Jeune Afrique » basée à Bamako dresse d’ailleurs un bilan pessimiste concernant la situation de la MINUSMA [19]. Outre diverses sources liées à l’ONU, elle cite une interview d’Emmanuel Dupuy, (président de l'Institut prospective et sécurité en Europe, et contributeur à la revue Défense Nationale). La MINUSMA semble n’être que partiellement opérationnelle, avec des effectifs et des moyens logistiques (notamment des hélicoptères) encore insuffisants. La résolution 2100 de l’ONU (25 Avril 2013) prévoit un effectif total de 12 640 « personnels en uniforme » : 11200 soldats et 1440 policiers. Mais à la mi-novembre, moins de la moitié des forces militaires prévues est déployée (5069 hommes) et l’on compte seulement 951 policiers. Divers pays ont annoncé leur contribution mais sans préciser de date de déploiement et il leur reste encore à finaliser leurs démarches auprès de l’ONU ou d’autres préparatifs. Un autre bilan sur les « personnels en uniforme » déployés par la MINUSMA a été réalisé le 30 Novembre 2013 par des chercheurs de l’Université de Montréal [20] : 6350 hommes (5400 militaires, 950 policiers). A la date de la rédaction de l’article ci-présent (17 Décembre 2013), le contingent chinois (dont l’avant-garde arrive le 5 Décembre) semble être le plus récent à débarquer et il devrait être suivi par l’arrivée des hollandais début 2014 (on reviendra plus en détail sur ce point).

Le 12 Novembre, outre le problème des effectifs, Emmanuel Dupuy affirme que les troupes de la MINUSMA (principalement issues de la MISMA et de la CEDEAO) « n'ont pas les moyens opérationnels d'accomplir leur mission : ni moyens de projection suffisants, ni certaines compétences pourtant requises pour la sécurisation du Nord du Mali » [21]. Et comme le souligne Mathieu Pellerin (IFRI), cela pourrait compromettre les autres missions de la MINUSMA qui sont d’ailleurs liées entre elles : d’une part l’aide au retour des 170 000 maliens réfugiés dans les pays voisins, d’autre part l’appui au processus électoral et au dialogue national. Sans « garanties de sécurité satisfaisantes » la réinstallation des réfugiés est impossible et sans la participation des réfugiés, les élections législatives (24 Novembre et 15 Décembre) perdront en crédibilité. « En l'absence d'une part importante des votants, quelle légitimité auront les députés élus au nord du pays ? » [22].

 

Les spécificités du contingent chinois et les choix terminologiques de Beijing.

 

La décision de Beijing de fournir des casques bleus à la MINUSMA a d’abord été révélée le 22 Mai 2013 par des sources diplomatiques anonymes en poste au siège de l’ONU (New York), citées dans une dépêche de l’Agence France Presse. A l’époque, ces sources évoquent des négociations « en cours », affirmant que le nombre total et la nature des troupes chinoises n'ont pas encore été décidés, mais supposent que le contingent devrait compter 500 à 600 hommes, dont 155 ingénieurs; selon un fonctionnaire onusien, la décision chinoise a une « grande portée ». Le gouvernement chinois refuse de commenter l’information et se contente de réaffirmer son soutien aux efforts du gouvernement malien, de l’ONU et de la communauté internationale [23]. Mais le 27 Juin, à Beijing, la nouvelle est officiellement confirmée à deux occasions. Tout d’abord par le ministre des Affaires Etrangères Wang Yi lors d’un forum sur les questions sécuritaires [24], ensuite par un porte-parole du ministère de la Défense (Yang Yujun) pendant une conférence de presse [25]. Les propos du ministre des affaires étrangères (“We will send comprehensive security forces to Mali for the first time”) suscitent des spéculations parmi les chercheurs et diplomates, aussi bien chinois qu’étrangers, sur la possible inclusion d’unités de combat (« combat troops ») dans le futur contingent. Ainsi, Chen Jian, directeur du think tank « UN Association of China », est certain de la participation de troupes combattantes et affirme qu’il s’agit d’une innovation sans précédent dans les contributions chinoises au maintien de la paix. Ses propos sont aussitôt repris dans divers médias internationaux (autres que chinois) qui traitent ses hypothèses comme s’il s’agissait de faits établis [26].

Focalisés sur les propos du Ministre Wang et les spéculations de Chen, ces medias (principalement anglo-saxons) semblent négliger les clarifications fournies par le Ministère de la Défense chinois le même jour, représentant pourtant la position officielle. M.Yang précise que le gouvernement fournira environ 400 militaires à la MINUSMA, « y compris des équipes médicales, d’ingénierie et de garde » et qu’il n’y a pas de « soi-disant forces de combat parmi les casques bleus ». Il souligne que le « personnel de maintien de la paix » n’a pas vocation à être « directement impliqué dans les conflits militaires à l’intérieur des pays hôtes », mais au contraire à « rétablir et à maintenir la paix », « éviter les guerres et à contrôler les cessez-le-feu » (on reviendra plus en détail sur la distinction opérée par M.Yang, quelque peu artificielle dans le cas du Mali). M.Yang affirme que la « force de sécurité », composée de soldats considérés par divers observateurs ou médias comme des combattants (par opposition aux troupes du génie ou aux unités médicales), est en fait « une équipe de garde ». Elle sera « principalement chargée de la sécurité du quartier général de la MINUSMA et des zones d’habitation des casques bleus » [27].

Dans les mois suivants, la composition du contingent et la nature des missions qui lui ont été attribuées semblent se confirmer. La sélection des 395 recrues s’achève le 12 Juillet et leur entraînement semble s’être poursuivi au moins jusqu’en Octobre. Les casques bleus sont issus de la région militaire de Shenyang et de l’Hôpital 211 de l’Armée Populaire de Libération (APL). L’avant-garde est transportée par avion de Harbin (Nord-Est de la Chine) jusqu’à Bamako entre le 4 et le 5 Décembre 2013. Sur ces 135 hommes (et femmes) on compte 35 ingénieurs du génie, 65 membres du service de santé, et 35 soldats affectés à la « force de sécurisation ». Plus de 1700 tonnes de matériel et d’équipement ont déjà été acheminés en prévision de leur arrivée. Le contingent chinois est basé à Gao et son déploiement au Mali doit durer huit mois ; sa mission inclut la réparation des axes de communications et autres infrastructures (routes, ponts, pistes d’atterrissages, casernes), la protection des installations de la MINUSMA à Gao, la fourniture de traitements médicaux et la prévention des épidémies [28]. Entre leur arrivée et le 12 Décembre, les casques bleus chinois ont notamment déployé des sentinelles, construit des bunkers et procédé à des exercices de sécurité [29]. Selon des informations diffusées par le gouvernement des Pays-Bas le 29 Novembre, il semble qu’une coordination directe soit prévue sur le terrain avec le futur contingent hollandais dont l’arrivée à Gao est prévue pour Janvier 2014, les Chinois devant assurer la protection des 370 militaires hollandais et de leur équipement [30] (dont des drones non-armés, et 4 hélicoptères de combat « Apache »).

Il faut cependant préciser que contrairement aux déclarations du ministère de la défense et des medias officiels chinois [31], ce n’est pas la première fois que Beijing déploie des « forces de sécurité », « forces de sécurisation » (ou unités de combats selon les points de vue) à l’étranger dans le cadre d’opérations de maintien de la paix (OMP [32]). La participation chinoise à la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS [33]) en Janvier 2012 constitue déjà un précédent, selon un analyste mandaté par une commission spécialisée du Congrès américain (« United States-China Economic and Security Review Commission » ou USCC, qui étudie les enjeux économiques et de sécurité nationale dans les relations sino-américaines). En effet, en Janvier 2012 la Chine déploie auprès de la MINUSS une unité de « gardes » composée de cinquante hommes issus de l’infanterie de l’APL. Cependant le rapport de l’USCC admet que le rôle de cette unité s’est limité à la protection du personnel chinois non-combattant (les autres contingents de l’ONU n’ayant pu la prendre en charge), et qu’avant la MINUSS et la MINUSMA, la participation chinoise aux OMP s’est faite uniquement sous la forme de troupes non-combattantes (observateurs militaires, officiers d’état-major, ingénieurs, personnel médical, personnel de transport) [34].

Il faut également rappeler que la position officielle du ministère de la défense chinois (27 Juin 2013) qui oppose catégoriquement maintien de la paix et opérations de combats, est quelque peu en décalage par rapport à la réalité des opérations de la MINUSMA. Il est vrai que la MINUSMA ne prend pas parti dans le conflit entre nationalistes touaregs et gouvernement malien ; mais son mandat inclut la stabilisation sécuritaire du pays et l’appui à Bamako dans la restauration de l’autorité gouvernementale sur le territoire national. A ce titre elle peut participer à certains ratissages antiterroristes aux côtés de Serval et des forces maliennes. Un exemple récent est l’opération « Dragon », conduite du 31 Août au 14 Septembre 2013, dans le désert du Tilemsi au nord-est de Gao. Elle engage 400 militaires français, 150 casques bleus Nigériens et Sénégalais, et quelques gendarmes maliens, et bénéficie de l’appui de divers véhicules (blindés, hélicoptères de combat, avions de reconnaissance etc). Selon diverses sources militaires françaises, l’objectif est de contrôler la zone autour de la route transsaharienne entre Gao et Aguelhok, plus précisément de vérifier des renseignements recueillis auparavant sur la présence de caches d’armes et de « mouvements armés »[35]. Il est vrai que « Dragon » s’apparente plus à une opération de « police » en comparaison d’autres explicitement plus agressives comme l’Opération « Panthère IV » (19 Février-25 Mars 2013) classée par les militaires français dans la catégorie « recherche et destruction »[36]. Mais il s’agit indéniablement d’une opération armée dans laquelle la MINUSMA traque activement les jihadistes pour les capturer ou les éliminer; les casques bleus font plus que se tenir simplement prêts à riposter; leur mission les envoie directement au contact de l’ennemi et ils prennent part au conflit armé entre le gouvernement malien et les jihadistes, dans lequel l’ONU n’a pas la prétention d’être neutre.

Cependant, on peut concéder que le contingent chinois n’est pas adapté aux aspects les plus offensifs du mandat de la MINUSMA. Bien que peu de renseignements soient disponibles pour l’instant dans les « sources ouvertes » anglophones et francophones [37], notamment sur l’équipement et le matériel utilisé par les Chinois au Mali, il est déjà possible de faire un certain nombre de constats. La taille totale du contingent chinois (395) est peu importante comparée à celui du Tchad (1113 militaires), du Togo (939 militaires, 152 policiers), et surtout lorsqu’on la compare avec la force Serval (2800 hommes sur le terrain en Décembre 2013). Qualitativement, si l’on considère l’avant-garde arrivée le 5 Décembre comme un échantillon représentatif de l’ensemble du contingent chinois, alors le personnel médical et les ingénieurs seront prédominants par rapport aux troupes combattantes (ces dernières devant avoir un rôle uniquement défensif et une posture plutôt statique). Bien qu’ils soient peut-être qualifiés pour appuyer des troupes combattantes dans les opérations de ratissage antiterroriste (déminage, appui logistique et médical etc) ce genre de missions ne semble pas être officiellement prévues par Beijing. Toujours sur le plan qualitatif, si l’on compare le contingent chinois avec le futur contingent hollandais [38], on peut supposer que ce dernier jouera un rôle plus offensif dans la stabilisation sécuritaire du Nord-Mali et un rôle actif dans les opérations antiterroristes : sur les 370 militaires hollandais prévus, 90 appartiendront aux forces spéciales et 70 aux services de renseignements ; leur équipement inclura des hélicoptères de combat Apache et des drones (pour le renseignement tactique).

 

Choix diplomatiques et stratégiques de la Chine dans la crise malienne. Prise en compte des conflits afghan, libyen et ivoirien, et de la rivalité sino-américaine.


Les modalités de la contribution chinoise à la MINUSMA (taille et nature du contingent, missions à effectuer) résultent des choix diplomatiques et stratégiques du gouvernement chinois, et de sa perception de la crise malienne. La prédominance des troupes non-combattantes par rapport aux combattants et la manière dont ces derniers sont présentés (« force de sécurité/sécurisation », « gardes de sécurité », rôle purement défensif) montre que la Chine souhaite mettre en avant l’aspect humanitaire de sa contribution et minimiser les enjeux militaires. Selon Craig Murray (analyste de l’USCC), Beijing veut éviter de nourrir les spéculations déjà abondantes sur les intentions stratégiques chinoises en Afrique et celles concernant sa montée en puissance militaire [39]. En effet, malgré une réelle interdépendance économique dans le cadre de l’économie mondialisée, la Chine est déjà perçue comme un rival voire une menace militaire par certains voisins asiatiques et par divers Etats occidentaux, en particulier les Etats-Unis (depuis l’éclatement de l’URSS en 1991, leur stratégie de sécurité nationale s’inspire de la « doctrine Wolfowitz » visant à empêcher la remise en cause de leur hégémonie militaire et l’émergence d’une superpuissance rivale [40]). Depuis 2012 les USA ont d’ailleurs commencé à recentrer la majorité de leurs forces militaires vers l’Asie-Pacifique, dans le cadre de la politique de « pivot », que Beijing interprète comme une tentative d’encerclement et d’endiguement (containment) [41]. Il faut aussi rappeler que depuis la fin de la guerre froide, la Chine mène officiellement une politique de non-ingérence dans les affaires internes de ses partenaires économiques, et rejette le recours à la force comme moyen de résolution des conflits (ce qui ne l’empêche pas de recourir fréquemment à la dissuasion militaire voire nucléaire dans son environnement asiatique immédiat [42]).

L’attachement à ces principes a été réaffirmé par le ministre des affaires étrangères Wang Yi, le 27 Juin 2013, juste après avoir annoncé l’envoi de casques bleus au Mali [43]. Wang a également insisté sur le fait que la Chine répondait à une requête de l’ONU et du Mali. En effet, les dirigeants chinois distinguent d’une part les interventions internationales « légitimes » sollicitées par un état souverain, et d’autre part les opérations de changement de régime. Pour Beijing, ces dernières constituent de dangereux précédents susceptibles de justifier de futures interventions étrangères en territoire chinois (la Chine a d’ailleurs rejeté les OMP comme des ingérences injustifiées depuis son entrée à l’ONU en 1971, jusqu’en 1990). La RPC garde en mémoire l’intervention de l’OTAN en Libye (2011), à l’avant-garde de laquelle se trouvaient la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis, et ayant conduit au renversement de Mouammar Kadhafi. Du point de vue chinois, l’OTAN a non seulement outrepassé le mandat  de l’ONU (la résolution 1973 prévoyant simplement une zone d’exclusion aérienne), elle a aussi fait perdre à Beijing 20 milliards de dollars d’investissements dans le pays, et déstabilisé l’ensemble de la région sahélo-saharienne, le conflit malien étant considéré par les militaires chinois comme une conséquence directe de la guerre civile libyenne. La RPC a d’ailleurs été obligée d’envoyer un corps expéditionnaire aéronaval en Libye pour évacuer ses ressortissants en Février 2011[44].

De plus, malgré ses bonnes relations bilatérales avec le gouvernement malien et son soutien à la résolution 2085 (20 Décembre 2012), la Chine se montre initialement réservée face au lancement de l’Opération Serval par la France (11 Janvier 2013). Les analystes et dirigeants chinois craignent que l’intervention française n’aggrave la situation sécuritaire et qu’elle ne se retrouve enlisée dans une longue occupation comme les Etats-Unis en Afghanistan [45] à partir de 2001. Le 30 Janvier, Mme He Wenping (directrice des Etudes Africaines à l’Académie des Sciences Sociales de Beijing, et représentant généralement la ligne officielle), nuance les critiques qu’elle avait formulé précédemment contre Serval [46]. Elle affirme qu’aucun dirigeant chinois ne s’est opposé au lancement de l’opération Serval, que celle-ci était « nécessaire » en raison d’une « situation d’urgence », à cause de la menace que représentaient les groupes terroristes pour la sécurité et l’intégrité territoriale du Mali. Cependant elle maintient ses critiques contre l’interventionnisme militaire occidental en Afrique (citant les cas libyen et ivoirien) et l’implantation croissante de bases étrangères (faisant allusion aux Etats-Unis et l’AFRICOM sans les nommer), expliquant que ce phénomène stimule la montée du terrorisme. Rappelant le soutien de la Chine à la résolution 2085, elle recommande que la CEDEAO et l’Union Africaine jouent un rôle de premier plan dans la stabilisation du Mali, avec l’aide financière et matérielle de la Chine[47]. Les recommandations de Mme He font écho à une conférence de presse du Ministère chinois des affaires étrangères tenue le 29 Janvier 2013. En effet, le 29 Janvier, la RPC recommande une approche afro-centrée pour le règlement de la crise malienne et réaffirme son soutien à la résolution 2085 (plus particulièrement le déploiement de la MISMA et le processus de paix). Le porte-parole du ministère annonce également la fourniture d’aide humanitaire au Mali, et des dons pour appuyer l’Union Africaine (un million de dollars en liquide, et une aide logistique d’une valeur de 5 millions USD) [48]. A cette époque, la Chine espère officieusement un retrait rapide de l’armée française et un transfert de responsabilité aux forces africaines de la MISMA / AFISMA [49].

 

Les relations bilatérales sino-maliennes et la « solidarité Sud - Sud »

L’aide chinoise au Mali n’a pas débuté qu’avec la MINUSMA ni même avec le soutien à la MISMA et ne se limite pas au cadre multilatéral de l’ONU ; selon Yun Sun et Michael Rettig (Brookings Institution) il semble d’ailleurs que l’essentiel de l’aide chinoise à la reconstruction du pays se fera dans un cadre bilatéral [50]. La coopération bilatérale sino-malienne est ancienne et multiforme ; elle est présentée comme mutuellement profitable mais le Mali est souvent en position de receveur et de bénéficiaire (le Mali est classé 182ème sur 186 selon l’Indice de Développement Humain du PNUD [51], la Chine étant 101e), surtout en ce qui concerne l’aide au développement, la coopération scientifique/technique et l’assistance militaire (la RPC est tout de même une puissance aérospatiale…). Des relations diplomatiques ont été établies entre les deux pays dès l’indépendance du Mali (1960). Dans un essai publié par le Quotidien du Peuple le 5 Novembre 2013, l’ambassadeur chinois à Bamako (Cao Zhongming) a rappelé « l’amitié profonde » qui unissait Zhou Enlai et le ministre malien Seydou Badian Kouyaté [52]. Un envoyé spécial du président Xi Jiping (Wang Zhengwei) est présent à la cérémonie d’investiture du président Keïta le 19 Septembre 2013, aux côtés de chefs d’état et de gouvernement africains et français [53]. Dès l’élection de « IBK » le 15 Août, le président Xi avait d’ailleurs envoyé un message de félicitations et annoncé son intention de renforcer la coopération bilatérale. Le 1er Octobre, anniversaire de la proclamation de la RPC, c’est au tour de « IBK » d’adresser ses félicitations à son « Excellence » Xi et au « vaillant peuple chinois » [54]. Les discours tenus par Bamako et Beijing sur la solidarité Sud-Sud semblent être renforcés le 8 Décembre avec la signature d’une convention entre le Parti Communiste Chinois et l’Union  malienne  pour  le  Rassemblement  Démocratique  Africain  (UM-RDA) [55], parti de l’actuel Ministre du Travail et de la Fonction Publique (Bocar Moussa Diarra) mais aussi du défunt Modibo Keïta (premier président du Mali, de 1960 à 1968). En plus d’évoquer les liens entre Modibo Keïta et Mao Zedong, le chef de la délégation chinoise évoque la persistance d’une lutte conjointe du Mali et de la Chine « contre l’impérialisme, le capitalisme et le néocolonialisme [56], pour offrir de meilleures conditions de vie aux peuples chinois et malien ». L’objectif commun est de « booster le développement afin de réduire l’écart entre les riches et les pauvres ».  Il rappelle aussi la politique de non-ingérence de la Chine dans les affaires intérieures de ses partenaires africains.

Cette allocution du 8 Décembre 2013 est assez représentative de la ligne officielle chinoise telle qu’elle apparaît dans divers documents et discours concernant l’Afrique depuis la fin de la guerre froide [57], si l’on excepte les références explicites à la trinité impérialisme-capitalisme-néocolonialisme, susceptible de braquer les occidentaux. En effet, selon Yun Sun et Michael Rettig, la Chine ne souhaite pas évincer la France de sa sphère d’influence traditionnelle ; et le 9 Décembre, Xia Huang, l’ambassadeur chinois à Dakar, affirme que les « Africains ont besoin de tous les partenaires (…) pour l'essor économique et social » notamment « les partenaires traditionnels comme l'Union européenne » [58]. Cependant Xia Huang précise que « la Chine ne se présente pas comme un bailleur de fonds » car sa coopération avec les pays africains « s'inscrit dans le cadre de la solidarité Sud-Sud », vise un « effet gagnant-gagnant ». L’ambassadeur de la RPC au Sénégal utilise un langage moins militant que le chef de la délégation du PCC à Bamako mais le message est similaire: la Chine et l’Afrique mènent un « combat en commun » pour réajuster « l’ordre international politique et économique » et donner « plus de droits » aux pays en voie de développement actuellement « pénalisés ». La Chine est prête à partager son « expérience » mais sans s’ériger en « donneur de leçons »[59].

Concernant la coopération économique sino-malienne ainsi que l’aide chinoise au développement et à la reconstruction dans la période récente, on peut citer quelques exemples significatifs. Les accords les plus importants datent de Septembre 2011, le montant total de l’aide fournie étant de 739 millions de yuans RMB. On peut la subdiviser ainsi : d’abord un don de 70 millions RMB (11,4 millions USD) et un prêt à taux zéro de 50 millions RMB (8,1 millions USD). Ces deux premiers accords doivent financer des projets de développement prioritaires pour « améliorer les conditions de vie de la population locale ». Le troisième accord concerne un prêt concessionnel (ou prêt à taux préférentiel) de 619 millions RMB (100,8 millions USD). Il devait contribuer au financement d’un barrage hydroélectrique à Taoussa dans la région de Gao, le financement et la construction impliquant aussi d’autres partenaires que la Chine [60]. Il est probable que les événements de 2012-2013 ont compromis ce projet ou à tout le moins conduit à sa suspension temporaire. Plus récemment, la Chine a soutenu le Mali dans la relance de son économie et dans le processus de reconstruction. Le 14 Mai 2013, la RPC a offert 31,9 milliards Fcfa (400 millions de yuans RMB) dont 27,9 milliards Fcfa sous forme de don et 4 milliards de Fcfa de prêt sans intérêt. L’aide annoncée est destinée à des projets convenus entre les deux parties et à l’aide humanitaire [61]. Enfin, le 23 Octobre 2013, la banque chinoise d’import-export EXIM a prêté 94 millions RMB (6 milliards FCFA) au gouvernement malien. Ce prêt doit financer l’alimentation électrique d’un complexe sucrier dans la région de Ségou (« N-SUKALA »), et il est intéressant de noter qu’il s’agit d’« électricité verte » produite selon un système expérimenté dans divers parcs industriels chinois (recyclage des déchets de canne à sucre), suivant le principe de « l’économie circulaire »[62].

Concernant les échanges commerciaux, en 2012, la Chine était le premier client des exportations maliennes (53,7% du total, le second importateur de produits maliens étant la Malaisie avec seulement 11,2%) et le troisième fournisseur des importations du Mali (8,4% du total derrière les 10,9% de la France et les 9,7% du Sénégal)[63]. La Chine importe essentiellement du coton ; elle a d’ailleurs renforcé sa coopération dans le secteur cotonnier avec le Mali et d’autres pays de la région [64], en signant des accords de coopération technique en Décembre 2011 prévoyant notamment des transferts de technologie, et en octroyant un prêt de 20 millions de dollars à ces pays en Décembre 2013. Concernant les exportations chinoises vers le Mali, il s’agit surtout de véhicules et de machinerie ; mais il semblerait que les relations économiques de la Chine avec le Mali soient moins dynamiques qu’avec d’autres pays africains mieux pourvus en ressources naturelles (malgré la présence de ressources aurifères non négligeables) ; le volume du commerce bilatéral et des investissements est plutôt faible selon les critères chinois. Début 2013, on comptait « seulement » deux douzaines d’entreprises chinoises opérant dans le pays [65] (cela est en partie une conséquence de la crise politico-sécuritaire de 2012-2013, et plus généralement de l’instabilité qui règne dans le Nord depuis plusieurs décennies). On peut donc en conclure que les relations économiques sino-maliennes sont beaucoup plus importantes pour le Mali qu’elles ne le sont pour la Chine, de façon disproportionnée. La Chine occupe aujourd’hui une place centrale dans l’économie malienne mais le Mali n’occupe pour l’instant qu’une place marginale dans l’économie chinoise [66].

 

Coopération militaire et sécuritaire sino-malienne : une aide chinoise essentiellement logistique et technique, non létale et à forte fonction symbolique ?

Enfin, dans les relations bilatérales, il faut mentionner la coopération militaire et sécuritaire sino-malienne ainsi que le soutien politique apporté par la Chine aux divers gouvernements civils maliens depuis le début de la crise en cours. Concernant le premier point, l’auteur de l’article ci-présent n’a pu obtenir de détails sur la période antérieure à 2012, excepté un article malien du 17 Mars 2011. A l’époque, l'armée malienne bénéficie de l'assistance financière et technique chinoise. Celle-ci se traduit par l'octroi de dons. Il y aussi l'envoi de techniciens en formation sur les hélicoptères acquis auprès de la China Aero Technology Import and Export Corporation, et des formations dans le domaine des transmissions [67]. Il n’a pas été possible de vérifier si ce programme avait été interrompu ou suspendu après le coup d’état militaire du 22 Mars 2012 (un autre article malien plus récent, daté du 15 Mai 2013, affirme qu’il a été maintenu, mais se contente de paraphraser le précédent en omettant certains éléments comme les hélicoptères [68]). En revanche, il est avéré qu’après l’établissement du gouvernement de transition civil (Avril 2012), la Chine a offert une aide logistique à l’armée malienne par l’intermédiaire de dons ponctuels (d’une valeur totale d’environ 5 millions d’euros pour la période 2012-2013). Deux accords ont été signés en 2012 et 2013 par l’actuel ambassadeur (Cao Zhongming [69], entré en fonction le 8 Avril 2011) avec le ministre malien de la défense. Il n’a pas été possible de vérifier la date exacte du premier accord mais il semble avoir été signé en Avril-Mai 2012, l’aide ayant été réceptionnée avant le 17 Juillet d’après un document officiel malien [70]. Le second accord a été signé le 7 Mars 2013 (la Chine commence à livrer le matériel promis à partir du 19 Juin [71]).

Dans les deux cas, la Chine fait don à l’armée malienne d’une aide logistique d’une valeur de 20 millions de yuans RMB (1,4 milliards FCFA soit 2,5 millions d’euros), sous forme de véhicules (plusieurs dizaines de pickups 4X4 et des camions de transports de troupes) et d’équipements divers (pièces de rechanges pour les véhicules, gilets pare-balles, tentes). Concrètement, ces deux dons visent à renforcer les capacités opérationnelles de l’armée sur le terrain. Symboliquement, ils reflètent le soutien politique et moral de Beijing aux gouvernements civils de Bamako dans la guerre contre les jihadistes, et que les diplomates chinois ont réaffirmé à plusieurs reprises entre 2012 et 2013. Entre le début de l’offensive rebelle en Janvier 2012 et la rupture du MNLA avec les islamistes vers Juillet, la RPC se montre discrète pour ne pas s’impliquer trop ouvertement et directement dans la guerre civile malienne. Par la suite la Chine a d’ailleurs soutenu le processus de paix entre Bamako et les nationalistes touaregs  (via les résolutions 2085 et 2100 de l’ONU), le représentant chinois à l’ONU précisant que les efforts antiterroristes des Etats africains ne doivent pas stigmatiser des groupes ethniques ou servir de prétexte pour atteindre certains objectifs politico-militaires [72] (Bamako n’est pas explicitement cité mais cette recommandation est pertinente dans le contexte malien). Après la débâcle du MNLA pendant l’été 2012, lorsque le nord-Mali passe sous contrôle jihadiste, la Chine n’a plus de réticences à soutenir ouvertement la reconquête de cette région. Ainsi, le 25 Septembre 2012, dans une interview accordée à la télévision d’état malienne, le chargé d’affaires de l’ambassade (Guo Xueli) rappelle que « la Chine soutient fermement la position du Mali » et promet une assistance maximale, « en particulier dans le domaine militaire où nous avons déjà une coopération très ancienne »[73]. Le 7 Mars, le 14 Mai et le 20 Juin 2013, l’ambassadeur Cao déclare que la Chine « tient à soutenir le Mali » dans « l'unification nationale » et « le rétablissement de l'intégrité territoriale » ; il félicite également les forces armées maliennes pour leurs succès dans la lutte contre les « groupes terroristes » et les « narcotrafiquants » [74]. La nature de l’aide fournie à l’armée malienne (aide logistique et « non-létale » plutôt que « létale ») résulte probablement d’un choix diplomatique chinois mais aussi de la demande malienne et d’une « répartition des tâches » dans l’aide militaire internationale, l’aide létale et la fourniture de matériel militaire offensif étant prise en charge par d’autres pays (fin 2012, il s’agissait essentiellement de pays d’Europe de l’Est comme la Bulgarie ou la Russie [75]).

 

Au-delà du Mali, une intervention croissante de la RPC dans les questions sécuritaires africaines, privilégiant les approches multilatérales et holistiques.

Le rôle de la Chine au Mali n’est qu’un aspect parmi d’autres de son implication croissante dans le domaine de la paix et de la sécurité en Afrique. Cette implication se fait essentiellement dans un cadre multilatéral. Depuis 1990, la Chine participe aux OMP de l’ONU et a fourni plus de Casques Bleus que les autres membres permanents du Conseil de Sécurité : environ 22 000 entre 1990 et Juillet 2013 (date à laquelle 1650 d’entre eux sont déployés à travers le monde). La plupart des OMP de l’ONU impliquant la Chine ont eu lieu en Afrique (Sahara Occidental, Soudan et Darfour, Côte d’Ivoire, Libéria, RDC). En 2008-2009, les trois-quarts des Casques Bleus chinois étaient déployés sur ce continent. De 2007 à 2011, Zhao Jingmin (un major-général de l’APL) commande la MINURSO au Sahara Occidental ; c’est alors la première fois qu’un citoyen chinois dirige une OMP onusienne [76]. La Chine participe également à la concertation internationale dans le cadre de l’ONU sur les stratégies à mettre en œuvre pour appuyer les Etats africains dans la lutte antiterroriste ; on peut citer le débat du 13 Mai 2013 au Conseil de Sécurité de l’ONU sur les « défis liés à la lutte contre le terrorisme en Afrique dans le contexte du maintien de la paix et de la sécurité internationales ».

Au cours de ce débat les participants soulignent la vulnérabilité des pays sahélo-sahariens et des pays africains en général face aux menaces hybrides (notant les liens croissants entre « terrorisme, criminalité transnationale organisée et activités illicites »), et la nécessité de renforcer l’action coordonnée des organisations régionales et internationales pour s’attaquer aux causes profondes de ces phénomènes [77]. Le discours de l’ambassadeur chinois à l’ONU, Li Baodong, suggère que l’approche chinoise est similaire à celle promue par les Nations Unies. La RPC promeut une approche holistique (traiter les « symptômes » mais ne pas omettre les causes du terrorisme, notamment socioéconomiques [78]) et multilatérale (renforcer l’action de l’Union Africaine et des organismes antiterroristes de l’ONU telles que la CTITF et le CTED [79], mettre en œuvre la « Stratégie Antiterroriste Mondiale » des Nations Unies). L’ambassadeur Li a cependant précisé que les efforts antiterroristes internationaux en Afrique devaient être menés sous la direction des Etats africains eux-mêmes, dans le respect de leur « indépendance, souveraineté et intégrité territoriale ». Li semble faire allusion aux méthodes controversées utilisées de façon croissante par les Etats-Unis en territoire étranger depuis le 11 Septembre 2001 (incursions armées et opérations spéciales préemptives menées unilatéralement, prisons clandestines gérées par la CIA surnommées « black sites », enlèvements extrajudiciaires et assassinats ciblés [80]). Quant aux remarques du représentant chinois sur la nécessité d’aider les Etats africains à promouvoir le « dialogue entre les civilisations », et de ne pas stigmatiser des groupes ethniques ou des religions, elles peuvent sembler évidentes mais restent nécessaires. On se souvient du vocabulaire messianique utilisé par l’administration Bush (notamment l’emploi du terme « croisade » le 16 Septembre 2001, George W. Bush étant d’ailleurs proche des milieux évangélistes), ainsi que des liens entre le gouvernement américain de cette époque et les intellectuels néoconservateurs annonçant un « choc des civilisations » [81].  Li a également souligné la nécessité d’éviter les « doubles standards » sur le terrorisme ; il s’agit peut-être d’une allusion à l’aide récemment fournie par l’OTAN et certains Etats comme l’Arabie Saoudite aux groupes armés jihadistes en Libye (2011) et en Syrie (2011-2013), contre des gouvernements laïques et nationalistes. Dans ce domaine il est probable que les points de vue chinois et russe concordent (précisons cependant que la RPC utilisa les mêmes méthodes que les Etats-Unis contre le gouvernement de Kaboul et ses alliés soviétiques dans la guerre civile afghane de 1979-1989, voir l’annexe N°2 sur ce point). L’ambassadeur Li a aussi rappelé que la Chine privilégie la non-ingérence dans les affaires intérieures africaines, que l’aide au développement socioéconomique de l’Afrique devait se faire sans préconditions politiques et que ce développement devait se faire selon une voie spécifique adaptées aux conditions locales [82].

Enfin, hors du cadre de l’ONU, rappelons que la Chine a récemment accru son soutien à l’Union Africaine (UA) dans le domaine de la paix et de la  sécurité. En 2012, la RPC a financé l’équipement et l’entraînement du contingent ougandais de l’AMISOM (Mission de l’Union Africaine en Somalie), à hauteur de 2,4 millions USD. En 2013, elle a offert au Kenya des équipements de communication tactique d’une valeur de 2,6 millions USD. A l’instar de l’Ouganda, le Kenya participe lui aussi à l’AMISOM et aux opérations contre les terroristes de Al Shabaab [83]. Lors de la 5e conférence ministérielle du Forum de Coopération Chine-Afrique (FOCAC ou Forum sur la coopération sino-africaine, FCSA), tenue à Beijing en Juillet 2012, les gouvernements chinois et africains ont défini les domaines prioritaires pour la coopération à venir, dont la paix et la sécurité en Afrique. La Chine a promis de soutenir financièrement les OMP de l’UA ainsi que le développement de la Force Africaine en Attente (FAA ou « African Standby Force »/ASF, force de réaction rapide de l’UA). La RPC a également promis de participer à la formation du personnel africain de maintien de la paix et du personnel sécuritaire. Enfin, la Chine a annoncé le lancement d’une « Initiative du partenariat de coopération Chine-Afrique pour la paix et la sécurité » (Initiative on China-Africa Cooperative Partnership for Peace and Security) [84]. Le 23 Septembre 2013 ces décisions ont été réaffirmées dans un communiqué conjoint publié à New York, la Chine s’engageant en plus à continuer de fournir du personnel pour la MINUSMA [85].

L’intervention croissante de la Chine dans les questions sécuritaires africaines s’explique par en partie par la volonté d’assurer la sécurité de ses ressortissants et la sauvegarde de ses intérêts économiques. Dans la dernière décennie, la Chine s’est retrouvée de plus en plus exposée aux attaques terroristes sur le continent africain. Notamment celles menées par AQMI contre les convois de travailleurs chinois en Algérie le 17 Juin 2009 et le 11 Juin 2010 (au total on compte 26 gendarmes algériens et deux chinois tués, quarante chinois blessés [86]). Plus récemment une ressortissante chinoise a été tuée et son fils blessé pendant les événements de Nairobi impliquant les Shabaab somaliens et des jihadistes d’autres origines (21-24 Septembre 2013, 72 tués dont 61 civils pour la plupart kenyans)[87]. La Chine est de plus en plus exposée à la violence armée non-étatique en général, par exemple celle émanant de groupes armés considérés comme terroristes par leur pays d’origine mais pas par la communauté internationale. Ainsi, en 2007, des travailleurs pétroliers chinois ont été directement pris pour cibles par le JEM (Justice and Equality Movement) au Soudan (cinq tués) et par l’« Ogaden National Liberation Front » en Ethiopie (neuf tués)[88]. L’exposition et la vulnérabilité croissante de la Chine face à ce type de violences en Afrique s’explique par sa présence économique et humaine croissante (entreprises, ressortissants). Citons aussi certains aspects de sa politique extérieure (relations avec des Etats africains confrontés à des rébellions armées et/ou au terrorisme, position chinoise dans des conflits extra-africains tels que la guerre civile syrienne) qui peuvent l’exposer aux représailles de groupes armés et/ou terroristes. Il en va de même pour sa politique intérieure, avec la répression contre les séparatistes et islamistes ouighours du Xinjiang (pendant l’été 2009, cette politique avait suscité des menaces de la part d’AQMI contre la Chine et plus spécifiquement l’ethnie majoritaire Han) [89].

 

Conclusion

Pour conclure, il convient d’identifier les avantages et les gains que la Chine compte tirer de sa contribution à la MINUSMA et les perspectives qu’elle offre. Sur le plan sécuritaire et économique, les gains semblent peu évidents (à court terme en tout cas) ; vu les spécificités du contingent chinois, il semble que l’envoi de casques bleus au Mali n’ait pas pour but d’assurer directement la protection des ressortissants et des intérêts économiques ou stratégiques chinois (si on la compare par exemple à l’Opération Serval). Les forces maliennes et d’autres forces étrangères (comme Serval) semblent plus adaptées à cette tâche. En Janvier 2013, le journaliste américain Barry Lando [90] affirmait d’ailleurs qu’en protégeant les intérêts et ressortissants étrangers au Mali, l’intervention française permettrait à la Chine de ne pas avoir à assumer ses responsabilités dans le domaine sécuritaire, à court terme en tout cas (Lando admet que le développement des capacités navales chinoises suggère un futur rôle de « gendarme international »).

Sur le plan militaire, il est probable que la participation à la MINUSMA apportera à l’APL des gains en matière d’expérience opérationnelle, et d’interopérabilité avec des armées étrangères [91] (cette dernière étant particulièrement importante pour les OMP et les autres types d’interventions multilatérales jugées acceptables ou légitimes par Beijing). C’est également un test pour le matériel militaire chinois (selon la presse gouvernementale, c’est la première OMP au cours de laquelle les casques bleus chinois utilisent essentiellement du matériel national [92]).

Sur le plan diplomatique et politique, la participation chinoise à la MINUSMA permet à la Chine de rassurer ses alliés et partenaires économiques africains et de renforcer son prestige auprès d’eux: avec l’aide au développement et les diverses formes de coopération, les OMP sont un autre moyen de concrétiser les discours sur la solidarité sud-sud. Concernant les relations avec les puissances occidentales et l’OTAN, la Chine souhaite apaiser ces dernières après les tensions autour du conflit syrien. L’objectif est aussi de contrer les critiques et les attaques formulées récemment par les diplomates américains contre la politique africaine de la Chine, notamment le discours prononcé par Hillary Clinton à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (2 Août 2012). Vantant les mérites du modèle politique américain, ce discours invitait les pays africains à privilégier les relations avec les Etats-Unis et les puissances « démocratiques », « responsables », par opposition à d’autres supposées mépriser les droits de l’homme et ne s’intéresser qu’aux ressources naturelles du continent. Bien que la Chine n’ait pas été explicitement nommée, le message était suffisamment clair pour déclencher une réaction acerbe des médias officiels chinois [93]. D’autres critiques formulées à plusieurs reprises dans les milieux gouvernementaux et les médias américains ont accusé la Chine de ne pas assumer ses responsabilités dans le domaine de la sécurité internationale face aux risques terroristes. Par exemple en Janvier 2013 concernant le Mali mais les plus anciennes remontent aux années 2000 et concernent le refus chinois d’envoyer des troupes en Afghanistan aux côtés de l’ISAF contre les Talibans [94]. La participation chinoise à la MINUSMA (en incluant des troupes combattantes bien qu’à fonction défensive) et d’autres initiatives récentes (2012-2013) permettent à la Chine de montrer qu’elle assume ses responsabilités dans le domaine de la paix et de la sécurité internationale (ce dont le ministre hollandais des affaires étrangères s’était d’ailleurs félicité [95] le 29 Novembre 2013).

Bien que l’APL ait commencé depuis quelques années à opérer hors des théâtres d’opération habituels [96] (opérations anti-pirates dans le Golfe d’Aden depuis 2009, évacuation des ressortissants chinois de Libye en Février 2011), et bien que la Chine développe activement ses capacités de projection de forces (montée en puissance aéronavale), celles-ci restent limitées si on les compare par exemple aux Etats-Unis. A court terme il est donc peu probable que la RPC supplante la France et les Etats-Unis (AFRICOM) dans le rôle de « gendarme de l’Afrique ». Mais à long terme il est certain que la Chine adoptera une posture plus « proactive » dans le domaine sécuritaire et celui du maintien de la paix [97]. En Afrique, elle a un avantage important par rapport aux puissances européennes ou même comparé aux pays occidentaux en général : n’ayant pas de passé colonial en Afrique, étant un pays en développement et refusant de donner des leçons aux africains, elle pourrait être plus facilement acceptée par les Etats locaux (une tendance déjà confirmée en 2009 par les chercheurs du SIPRI [98]).

 

Notes


[1] Dépêche de presse de l’agence Xinhua du 5 Décembre 2013. Sur internet, hormis des médias officiels chinois multilingues tels que le Quotidien du Peuple (People’s Daily), l’événement n’a été mentionné que par quelques quotidiens maliens en ligne et le blog de Philippe Chapleau, un journaliste français spécialisé dans les questions de défense. Selon ce dernier, l’attention internationale a été accaparée par les événements de Centrafrique. Voir  http://french.xinhuanet.com/chine/2013-12/05/c_132942723.htm  ,  http://french.peopledaily.com.cn/Chine/8475903.html  ,  http://www.essorml.com/minusma-un-premier-contingent-chinois-rejoint-les-casques-bleus.html  , http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2013/12/05/135-casques-bleus-chinois-sont-arrives-a-bamako-10797.html .

 

[2] http://minusma.unmissions.org/Default.aspx?tabid=6487&language=fr-FR

http://www.un.org/fr/peacekeeping/missions/minusma/index.shtml

http://www.operationspaix.net/182-operation-minusma.html

 

[3] http://www.defense.gouv.fr/operations/mali/actualite

 

[4] Le site minier d’Arlit avait déjà été attaqué par « Al Qaïda au Maghreb Islamique » (AQMI, également impliquée dans le conflit malien en cours) le 16 Septembre 2010. Voir : « Le Mali et l'uranium au cœur des discussions entre les présidents français et nigérien à Paris », RFI, 15 Novembre 2012 ; « Niger : les forces spéciales protégeront les mines d'uranium d'Areva », Le Point, 23 Janvier 2013.

[5] http://www.eutmmali.eu/

http://www.eeas.europa.eu/csdp/missions-and-operations/eutm-mali/index_fr.htm

[6] Créé en 2007 et basé en Allemagne (Stuttgart), l’United States Africa Command (AFRICOM) est le commandement unifié coordonnant toutes les activités militaires et sécuritaire américaines en Afrique (sauf l’Egypte). Jusqu’au début de l’année 2012, la coopération avec le Mali se manifeste notamment sous la forme d’instructeurs américains assurant l’entraînement des troupes locales. Il y a aussi une aide logistique : entre le 4 et le 8 Mars 2012, l’US Air Force procède à des parachutages de ravitaillement pour appuyer la garnison malienne de Tessalit assiégée par les rebelles touaregs du MNLA. La coopération est temporairement suspendue pendant la période où la junte militaire ayant renversé le gouvernement légal du président Amadou Toumani Touré est au pouvoir (22 Mars-6 Avril 2012). A partir de Janvier 2013 les Etats-Unis fournissent un appui logistique à l’Opération Serval (des « tankers » basés en Espagne aident au ravitaillement en vol des appareils français) ; le 22 Février le président Obama annonce qu’une centaine de militaires américains sont déployés au Niger pour soutenir Serval et que des drones basés dans ce pays effectuent des vols de surveillance et de reconnaissance au dessus du Mali. Fin Avril 2013 un porte parole d’AFRICOM affirme que deux dizaines de militaires américains se trouvent au Mali mais sans prendre part à des opérations de combat : d’une part un groupe servant de liaison entre AFRICOM et ses interlocuteurs (MISMA, France), l’autre groupe étant affecté à la protection de l’ambassade américaine. Les 8 et 9 Mai 2013, le général David Rodriguez (US Army), chef de l’AFRICOM, effectue une visite à Bamako pour évaluer l’efficacité du soutien américain.

 

https://www.strategypage.com/htmw/htlog/20120308.aspx

http://www.nytimes.com/2013/02/23/world/africa/in-niger-us-troops-set-up-drone-base.html?smid=pl-share

http://www.military.com/daily-news/2013/05/01/small-us-troop-contingent-remains-in-mali.html

http://mali.usembassy.gov/press_releases_05082013.html

maliweb.net/news/la-situation-politique-et-securitaire-au-nord/2013/05/10/article,145567.html

http://www.military.com/daily-news/2013/05/01/small-us-troop-contingent-remains-in-mali.html

http://www.bbc.co.uk/news/world-us-canada-21550867

 

[7] AQMI : Al-Qaida au Maghreb islamique; Ansar Dine (de l’arabe Anṣār ad-Dīn): “défenseurs de la religion”; MUJAO: Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest. Ces trois organisations appartiennent à la mouvance jihadiste salafiste et sont directement liées (le MUJAO est d’ailleurs une émanation d’AQMI). AQMI est la plus ancienne et était connue de 1998 à 2007 sous le nom de GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat); le GSPC est une branche dissidente du GIA (Groupe islamique armé) algérien, ce qui explique qu’AQMI soit relativement dominée par des islamistes algériens. Le MUJAO (fondé en 2011) et Ansar Dine (2012) ont une composante ouest-africaine et sahélienne plus marquée. Certains experts comme le professeur Jeremy Keenan (School of Oriental and African Studies, Londres) estiment cependant que les services de renseignements algériens (DRS) entretiennent des relations ambigües avec AQMI et l’ont largement infiltrée. Sur ce point, voir son ouvrage, « The dying Sahara » (2013).

 

[8] Pour plus de détails sur les origines de la crise malienne, ses liens avec la guerre civile libyenne et les rébellions touarègues, et sur les grandes étapes du conflit dans la période 2011-2012, voir l’annexe n°1.

 

[9] Les jihadistes actuellement présents sur le terrain semblent plus motivés et déterminés que ceux ayant pris part à la conquête du Nord entre le 17 Janvier 2012 et le 11 Janvier 2013. En effet, vers la fin de Janvier 2013, dans les premières semaines de l’intervention internationale, une fraction d’Ansar Dine, baptisée « Mouvement Islamique de l’Azawad », se rallie au MNLA. Plus généralement, des combattants ayant déserté le MNLA en faveur d'Ansar Dine pour des raisons financières commencent à réintégrer leur groupe d'origine. En Décembre 2013, à l’opposé de ce genre d’opportunisme, les militaires français soulignent le caractère «jusqu’au-boutiste » des combattants ennemis, déterminés à « mourir les armes à la main ».

 

http://www.lefigaro.fr/international/2013/01/28/01003-20130128ARTFIG00523-mali-les-touaregs-laiques-disent-avoir-repris-kidal.php

http://www.rfi.fr/afrique/20131210-mali-insurges-tues-nouvelle-mission-armee-francaise-serval-minusma

 

Il faut aussi rappeler que dans le cadre de la guerre asymétrique, les jihadistes peuvent se fondre dans la population, avec plus ou moins de succès selon la région où ils opèrent ou selon l’organisation à laquelle ils appartiennent. Début Février 2013, des sources militaires françaises et maliennes affirment que plusieurs villages entourant Gao soutiennent le MUJAO. L’une des  opération de ratissage / « nettoyage » menées récemment dans cette région  (désert du Tilemsi, au nord de Gao) est l’opération « Dragon », en Septembre. Il s’agit d’une opération conjointe entre Serval, la MINUSMA (contingents nigériens et sénégalais) et la gendarmerie malienne. Les contacts avec les habitants sont plutôt gérés par la MINUSMA et les maliens, les militaires français restant à l'écart pour éviter des résulats contre-productifs. Comme l’explique un officier de Serval : «Les terroristes ont tendance à se fondre dans la population (…). C'est très compliqué de savoir qui est qui ».

« Mali : Opération Dragon, ou la traque des jihadistes dans le Tilemsi », Jeune Afrique, 16 Septembre 2013.

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130916155823/

 

Selon Mathieu Pellerin, chercheur à l’IFRI, les jihadistes peuvent faire jouer des « liens familiaux ou tribaux, pour se ravitailler et se cacher ». De plus, la présence des groupes armés touaregs complexifie la lutte antiterroriste dans le Nord. Ainsi, dans la région de Kidal, les membres d’AQMI  peuvent tenter de se faire passer pour ceux du MNLA afin de circuler plus librement.

 

« Mali: "Des cellules terroristes tentent de se réorganiser" », L’Express, 17 Octobre 2013.
lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-des-cellules-terroristes-tentent-de-se-reorganiser_1290892.html#JvpADJc1TqDxHmKo.99

 

[10]

http://minusma.unmissions.org/Default.aspx?tabid=6486&ctl=Details&mid=10115&ItemID=10791&language=fr-FR

 

http://www.rfi.fr/afrique/20131214-mali-kidal-minusma-attentat-meurtrier-casques-bleus

 

[11]

http://www.lepoint.fr/monde/un-jihadiste-malien-revendique-l-attentat-de-kidal-14-12-2013-1769691_24.php

 

[12] http://www.rfi.fr/contenu/mali-nouveaux-tirs-kidal-apres-accrochage-dimanche-entre-le-mnla-armee-malienne

 

http://www.rfi.fr/afrique/20130930-mali-nouvelle-tension-kidal-entre-le-mnla-armee-malienne-touareg-minusma

[13] Le HCUA est composé d’anciens membres d’Ansar Dine et du « Mouvement Islamique de l’Azawad » ralliés au MNLA en Janvier 2013. Selon Mathieu Pellerin, le HCUA « tente de  gommer sa coloration islamiste (…) pour regagner en respectabilité et se placer dans le cycle des négociations ». Voir L’Express, 17 Octobre 2013 (op cit).

 

[14] http://www.rfi.fr/afrique/20131006-mali-reprise-diologue-entre-groupes-armes-nord-et-le-pouvoir

Selon Mathieu Pellerin, « le nouveau président élu ne se sent pas lié à des accords conclus par un président de transition. Il se montre très ferme (…) Hors de question de toucher à l'intégrité territoriale du Mali, pas d'autonomie régionale, ni de statut particulier. Au mieux, une décentralisation accrue» (L’Express, 17 Octobre 2013, op cit).

[15] A Gao, fin Juin 2012, pendant l’émergence de rivalités entre MNLA et jihadistes, une partie de la population noire (Songhaï et Fula), opposée aux nationalistes Touaregs et à la sécession de l'Azawad, organise des manifestations pour soutenir le MUJAO et Ansar Dine contre le MNLA, arborant côte à côte les drapeaux maliens et islamistes. Les manifestants considèrent aussi les islamistes comme plus disciplinés et aptes à rétablir l’ordre (après leur victoire ceux-ci créent d’ailleurs une « police islamique » avec véhicules et uniformes identifiables, gèrent la distribution d’eau, d’électricité et de carburant, et financent le nettoyage des caniveaux de la ville, négligé par le gouvernement malien depuis 15 ans). Un article de Jeune Afrique publié le 8 Août 2012 affirme d’ailleurs qu’à Gao « personne ne regrette le MNLA ». Voir « Mali : 2 killed in anti-rebel protest », New York Times, 26 juin 2012; « Backed by popular support, Mali’s islamists drive Tuareg from Gao”, France 24 Observers, 29 Juin 2012 ; “Mali: Gao, KO debout”, Jeune Afrique, 8 Août 2012.

 

Début Mai 2013, des personnalités politiques et une partie de la population malienne reprochent à la France d'empêcher l'armée malienne d'attaquer les rebelles à Kidal. Le 30 mai, 3000 Maliens manifestent à Gao pour dénoncer l'attitude française jugée trop conciliante vis-à-vis du MNLA.

http://www.malijet.com/a_la_une_du_mali/72884-absence-des-militaires-maliens-a-kidal-les-maliens-entre-confusi.html

http://observers.france24.com/fr/content/20130531-mali-gao-manifestation-liberation-kidal-ras-le-bol-mnla

 

Le 10 Décembre 2013, lors d’une conférence de presse au parlement européen (Strasbourg), le président malien demande que cessent les « interférences » autour de la région de Kidal et le « romantisme vis-à-vis des Touaregs ».

http://www.youtube.com/watch?v=JHRheBjvkSU

http://www.maliweb.net/news/politique/2013/12/11/article,184689.htm

 

Enfin, le 12 Décembre 2013, un officier malien anonyme interviewé par RFI affirme que son gouvernement n’a été ni consulté ni prévenu concernant la dernière grande opération de ratissage antiterroriste menée par l’armée française. Cette opération, semble avoir été lancée le 8 Décembre au nord-est de Tombouctou et avoir pris fin vers le 14. Même le nom de l’opération semble avoir été tenu secret.

http://www.rfi.fr/afrique/20131212-mali-agacement-bamako-apres-nouvelle-operation-serval

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-19-jihadistes-tues-par-les-francais-selon-fabius_1307719.html

 

[16] http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130920.OBS7810/mali-au-nord-du-pays-on-reparle-deja-de-guerre.html

[17] Idem (Nouvel Observateur, 20 Septembre 2013)

[18]

http://www.rfi.fr/afrique/20131212-mali-charges-contre-general-sanogo-pourraient-s-alourdir-putschistes-coup-etat

 

[19] Dorothée Thiénot, « Mali: MINUSMA, revue de troupes », Jeune Afrique, 12 Novembre 2013.

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20131112190353/mali-minusma-revue-de-troupes.html

 

[20] http://www.operationspaix.net/182-operation-minusma.html

 

[21] Voir l’article de Jeune Afrique (12 Novembre 2013) cité à la note 19.

 

[22] L’Express, 17 Octobre 2013, op cit.

[23]

lemonde.fr/afrique/article/2013/05/23/la-chine-prete-a-envoyer-500-soldats-au-mali_3415675_3212.html

telegraph.co.uk/news/worldnews/africaandindianocean/mali/10076187/China-offers-troops-for-UN-Mali-mission.html

 

[24] Financial Times, 27 Juin 2013, “China commits combat troops to Mali”

http://www.ft.com/cms/s/0/e46f3e42-defe-11e2-881f-00144feab7de.html

 

[25] http://english.peopledaily.com.cn/90786/8303006.html

 

[26] Les propos de M. Chen cités dans le Financial Times du 27 Juin 2013 : “This is a major breakthrough in our participation in peacekeeping,” said Chen Jian, head of the UN Association of China, a Chinese thinktank. “With this, our contribution will be complete. We will have policemen, medical forces, engineering troops and combat troops.”  http://www.ft.com/cms/s/0/e46f3e42-defe-11e2-881f-00144feab7de.html . Voir également http://www.military.com/daily-news/2013/06/29/china-to-send-combat-troops-to-mali.html et le site web de l’ “UN Association of China”:  http://www.unachina.org/en/

 

[27] http://english.peopledaily.com.cn/90786/8303006.html

http://www.opex360.com/2013/06/30/la-chine-confirme-lenvoi-de-400-casques-bleus-au-mali/

 

[28] http://english.peopledaily.com.cn/90786/8474425.html

http://usa.chinadaily.com.cn/epaper/2013-12/04/content_17151126.htm

http://www.essorml.com/minusma-un-premier-contingent-chinois-rejoint-les-casques-bleus.html

 

[29] http://www.chinadaily.com.cn/china/2013-12/13/content_17174072.htm

http://eng.chinamil.com.cn/news-channels/photo-reports/2013-12/16/content_5692503.htm

 

[30] http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2013/11/29/mali-les-chinois-de-la-minusma-a-goa-pour-proteger-les-apach-10758.html

 

Voir aussi l’interview du ministre hollandais des affaires étrangères, Frans Timmermans, le 29 Novembre 2013 (en néerlandais). Celui-ci « a le plaisir d’annoncer » que le contingent chinois assurera la protection des troupes hollandaises. « La Chine décide de prendre ses responsabilités en matière de sécurité internationale, et c’est incroyablement important».

http://nos.nl/video/580612-timmermans-over-mali-chinese-militairen-maken-goede-indruk.html

 

[31] Voir les sources chinoises anglophones et francophones citées à la note 1, notamment Xinhua et le Quotidien du Peuple.

 

[32] En anglais PKO pour peacekeeping operation

 

[33] http://www.un.org/fr/peacekeeping/missions/unmiss/index.shtml

http://unmiss.unmissions.org/Default.aspx?tabid=3465&language=en-US

 

[34] Craig Murray, “ China to Deploy “Security Force” to UN Peacekeeping Operation  in Mali”, U.S.-China Economic and Security Review Commission Staff Research Backgrounder, July 9, 2013.

http://origin.www.uscc.gov/Research/china-deploy-%E2%80%9Csecurity-force%E2%80%9D-un-peacekeeping-operation-mali

 

[35] http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130916155823/

http://www.defense.gouv.fr/operations/mali/actualite/serval-operation-dragon

 

[36] En Février-Mars 2013, des troupes principalement issues de Serval et du contingent tchadien de la MISMA prennent d’assaut les bases d’AQMI dans le massif de l’Adrar des Ifoghas, près d’Aguelhok (le MUJAO, Ansar Dine et des mercenaires sahraouis du Front Polisario seraient également présents). Les combats, très intenses, incluent l’usage de blindés et de frappes aériennes. Depuis les années 1960, le terme « recherche et destruction » fait partie du jargon militaire international, plus précisément celui des opérations de contre-insurrection et/ou antiterroristes. Dans certains contextes, il est explicitement employé par les militaires français, par exemple dans les vidéos officielles de Serval sur l’Opération Panthère IV (http://www.youtube.com/watch?v=DuOKdGknRZc). Il semble pourtant que le terme officiel utilisé actuellement par l’armée française soit « traquer et neutraliser », peut-être pour des questions de relations publiques.

 

[37] L’auteur de l’article ci-présent n’est pas sinophone et seules des sources ouvertes ont pu être consultées pour le moment.

 

[38] http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2013/11/29/mali-les-chinois-de-la-minusma-a-goa-pour-proteger-les-apach-10758.html

 

[39] Craig Murray, “ China to Deploy…”, op cit (voir note 33).Voir également Financial Times (27 Juin 2013), « China commits combat troops to Mali ».

 

[40] “Our first objective is to prevent the re-emergence of a new rival, either on the territory of the former Soviet Union or elsewhere, that poses a threat on the order of  that formerly posed by the Soviet Union (…) Our strategy must now  refocus on precluding the emergence of any future potential global competitor”. Source: Undersecretary of Defense Paul Wolfowitz, Defense Planning Guidance for the 1994–99 fiscal years, Department of Defense, February 18, 1992,  http://www2.gwu.edu/~nsarchiv/nukevault/ebb245/doc03_extract_nytedit.pdf ; “Excerpts From Pentagon's Plan: 'Prevent the Re-Emergence of a New Rival'”, New York Times, March 8, 1992. http://www.nytimes.com/1992/03/08/world/excerpts-from-pentagon-s-plan-prevent-the-re-emergence-of-a-new-rival.html? ; Patrick E.Tyler, “US Strategy Plan Calls for Insuring No Rivals Develop A One-Superpower World.”, New York Times, March 8, 1992.  http://www.nytimes.com/1992/03/08/world/us-strategy-plan-calls-for-insuring-no-rivals-develop.html?  .

 

“It is time to reaffirm the essential role of American military strength. We must build and maintain our defenses beyond challenge. (…) Our military must (....)dissuade future military competition; (....)Our forces will be strong enough to dissuade potential adversaries from pursuing a military build-up in hopes of surpassing, or equaling, the power of the United States”. Source: U.S. National Security Strategy: Transform America's National Security Institutions To Meet the Challenges and Opportunities of the 21st Century, US Department of State, 2002,  http://2001-2009.state.gov/r/pa/ei/wh/15430.htm .Voir également: Barry Buzan (London School of Economics and Political Science), The United States and the Great Powers: World Politics in the Twenty-First Century, 2004, pp.92-93; Yannis A. Stivachtis (ed. , Virginia Polytechnic Institute and State University), International Order in a Globalizing World , 2007, p.44; Herbert Docena, "At the door of all the east: The Philippines in United States Military Strategy”, Focus on the Global South- Special Reports, N°2, 11/2007, pp.7-14,  http://focusweb.org/content/door-all-east .

[41] Sur la politique américaine de “pivot” vers l’Asie dans le contexte de la rivalité sino-américaine, voir Corentin Brustlein, « La nouvelle posture militaire américaine en Asie », Politique étrangère (IFRI), été 2013, pp. 53 – 65,  http://www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2013-2-page-53.htm .

 

[42] La Chine adopte volontiers une posture assertive (qui peut être jugée agressive par ses interlocuteurs) lorsqu’elle considère que l’intégrité de son territoire est en jeu, comme en témoignent ses démonstrations de force face à Taiwan, ou bien dans les territoires contestés par ses voisins (en Asie du Nord Est face au Japon et son « protecteur » américain, ou en Asie du Sud-Est face au Vietnam et aux Philippines).

 

[43] Voir Craig Murray (USCC) et le Financial Times (27/06/2013) cités plus haut. Concernant la politique de non-ingérence, certains chercheurs ont parlé de « consensus de Beijing », par opposition au « consensus de Washington » et à l’approche promue par le FMI.Voir notamment : Marc Lanteigne, Chinese Foreign Policy: An Introduction, 2009, pp.42-46. La non-ingérence fait partie des principes directeurs de la politique africaine de la Chine énoncés en 1996 par le président Jiang Zemin, baptisés « Propositions en cinq points », et dont on reparlera dans la suite de cet article.

[44]Yun Sun, “How China Views France’s Intervention in Mali: An Analysis”, Brookings Institution, 23 Janvier 2013,

http://www.brookings.edu/research/opinions/2013/01/23-china-france-intervention-mali-sun . Li Jian & Jin Jing (China’s Naval Research Institute), “China will neither send troops to Mali, nor will it give money. Military says it may help with peacekeeping efforts after the war”, Global Times (Chinese version), 22 Janvier 2013, cité dans Tendai Musakwa, “PRC military analysts say China shouldn’t aid Mali. Netizens disagree, urging forceful protection of national interests (…)”, Chinafrica Project, 24 Janvier 2013,  http://www.chinaafricaproject.com/prc-military-analysts-say-china-shouldnt-aid-mali-netizens-disagree-urging-forceful-protection-of-national-interests/ . David Shinn, “China's Response to the Islamist Threat in Mali”, China-US Focus, 21 Juin 2013,  http://www.chinausfocus.com/peace-security/chinas-response-to-the-islamist-threat-in-mali/ . Craig Murray, op cit., Juillet 2013.

 

[45] Idem

 

[46] Yun Sun, “How China Views France’s Intervention….”, op.cit. He Wenping craignait que la France n’outrepasse son mandat comme en Libye et que la lutte antiterroriste serve de prétexte à des ingérences dans la guerre civile malienne (Mme He a déclaré que seule une partie des groupes armés engagés dans le conflit pouvaient être considérés comme des terroristes, et pas l’ensemble des rebelles). D’après Yun Sun, outre un enlisement à l’afghane, Beijing semblait également craindre que l’intervention française ne suscite des représailles jihadistes dans les pays voisins et un débordement du conflit, prenant pour exemple la prise d’otages à In Amenas en Algérie (16-19 Janvier 2013). Enfin, selon Mme Yun, divers analystes chinois ont perçu la décision du président Hollande d’intervenir au Mali comme un calcul électoraliste.

 

[47] Voir l’interview de Mme He Wenping: Tendai Musakwa, “Leading Africa expert in China: French intervention in Mali “was necessary”, Chinafrica Project, 30 Janvier 2013, http://www.chinaafricaproject.com/france-china-mali-he-wenping-cass-beijing/ .Voir également David Shinn, « China’s response… », op cit.

 

[48] « How does China view the current situation in Mali ?”, Forum on China–Africa Cooperation, 31 Janvier 2013,

http://www.focac.org/eng/zxxx/t1009962.htm . David Shinn, « China’s response… », op cit.

[49] Yun Sun, “How China Views….”, op.cit.

 

[50] Yun Sun & Michael Rettig, “Mali after the Election: Priorities of China and the U.S.”, Brookings Institution, 26 Juillet 2013. http://www.brookings.edu/blogs/up-front/posts/2013/07/26-china-us-priorities-mali-presidential-election-sun .

 

[51] http://hdr.undp.org/en/2013-report

 

[52] Cao Zhongming , “True Friends, Understand Each Other, Help Each Other, and Treasure Each Other”, People's Daily, 5 Novembre 2013.L’essai de l’ambassadeur Cao dans le Quotidien du Peuple (traduit en anglais) est hébergé par le site du ministère chinois des affaires étrangères :  http://www.fmprc.gov.cn/eng/wjb/zwjg/zwbd/t1096780.shtml .

 

[53] http://french.china.org.cn/foreign/txt/2013-09/20/content_30076805.htm

Wang Zhengwei est vice-président du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) et directeur de la Commission nationale des affaires ethniques.

 

[54] « La Chine va renforcer sa coopération avec le Mali », Infos Plus Gabon, 19 août 2013.

« Coopération: IBK salue XI Jinping », L'Indicateur du Renouveau, 2 Octobre 2013.

 

[55] « L’UM-RDA FASO JIGI étend son réseau de partenaires vers la  Chine : Le parti de l’indépendance signe une convention avec le parti communiste chinois », L’indépendant, 10 Décembre 2013,  http://maliactu.net/lum-rda-faso-jigi-etend-son-reseau-de-partenaires-vers-la-chine-le-parti-de-lindependance-signe-une-convention-avec-le-parti-communiste-chinois/ .

 

[56] Rappelons cependant qu’à l’époque de son rapprochement avec les Etats Unis entre 1975 et 1989, et pour contrer l’influence soviéto-cubaine en Angola, la Chine n’a pas hésité à soutenir l’UNITA de Jonas Savimbi, ancien allié de la police secrète portugaise salazariste, la PIDE (comme l’attestent les archives de cette agence). A l’époque où la Chine appuyait Savimbi contre le MPLA (1975-1989), l’UNITA était financée, équipée et encadrée sur le terrain par la CIA américaine, le régime d’apartheid sud-africain, et par des mercenaires d’extrême-droite liés au SDECE (future DGSE) comme Bob Denard.

http://www.theguardian.com/news/2002/feb/25/guardianobituaries.victoriabrittain

 

En ce qui concerne la lutte contre le capitalisme, rappelons aussi que la Chine, après la mort de Mao Zedong et sous l’impulsion de Deng Xiaoping dans les années 1980, fut l’un des premiers états socialistes à se convertir à l’économie de marché ; les maoïstes orthodoxes considèrent d’ailleurs que le régime actuel est capitaliste.

http://kasamaproject.org/history/1276-8antaeus-why-did-post-maoist-china-restore-capitalism

 

[57] En 1996, lors d’une tournée en Afrique, le président Jiang Zemin énonce ses « Propositions en cinq points » sur les relations sino-africaines, qui doivent être basées sur une « amitié fiable », « une égalité souveraine », « la non-ingérence » ou « non -intervention », « un développement mutuellement profitable » et la « coopération internationale ». Ces principes sont réaffirmés dans des documents plus récents comme le « Livre Blanc sur la coopération économique et commerciale sino-africaine » (Beijing, Août 2013) et  le « Communiqué conjoint du troisième tour de consultations politiques entre les Ministres des affaires étrangères chinois et africains » (Forum sur la coopération sino-africaine, New York, 23 Septembre 2013).

Pour une analyse des « Propositions en cinq points » et leurs similitudes avec celles de Zhou Enlai dans les années 1950 voir Marc Lanteigne, Chinese Foreign Policy: An Introduction (2009), p.134. Concernant les autres documents officiels mentionnés plus haut: Livre Blanc sur la coopération économique et commerciale sino-africaine (White paper on China -Africa Economic and Trade Cooperation), http://english.people.com.cn/90883/8382239.html ; Communiqué conjoint du troisième tour de consultations politiques entre les Ministres des affaires étrangères chinois et africains, http://www.fmprc.gov.cn/eng/wjdt/2649/t1080313.shtml .

 

[58] Yun Sun & Michael Rettig, “Mali after the Election….”, op cit. « Xia Huang, ambassadeur de la République populaire de Chine au Sénégal: « L’époque où l’Afrique avait un nombre limité de partenaires est complètement révolue » », Le Soleil, 9 Décembre 2013,  http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=34187 .

 

[59] Idem, Le Soleil, 9 Décembre 2013 :

« L'ordre international politique et économique est à réajuster pour donner plus de droits au monde en développement (…) Les pays du Sud sont aujourd'hui pénalisés (…)Un monde plus équilibré, plus juste ne pourrait pas voir le jour sans l'émergence du continent africain. La Chine et les pays africains se trouvent ainsi dans le même camp pour mener un combat en commun (…) Nous sommes prêts à partager, avec vous, notre expérience (…) Mais la Chine ne s'érigerait jamais en donneur de leçons pour l'Afrique ».

 

La Chine et ses partenaires africains ont justifié à plusieurs reprises la nécessité de renforcer leur coopération par un constat : la Chine est « le plus grand pays en développement », et l'Afrique, « le plus grand groupe de pays en développement ». Cela a été récemment souligné dans plusieurs documents officiels (mentionnés plus haut à la note 54), comme le Livre Blanc sur la coopération économique et commerciale sino-africaine et le « Communiqué conjoint du troisième tour …. » (op.cit). Malgré les évolutions de la politique intérieure et extérieure chinoise, les discours actuels de la RPC sur la solidarité Sud-Sud font écho à la « théorie des trois mondes » (sange shijie) progressivement élaborée par Mao Zedong après la rupture sino-soviétique dans les années 1960. Cette théorie souligne l’importance croissante des pays en voie de développement dans les relations internationales et distingue trois mondes ou blocs : les superpuissances américaine et soviétique (premier monde), les pays développés de moindre importance comme le Japon, l’Europe et le Canada (deuxième monde), et les pays en voie de développement dont la Chine et l’Afrique (Tiers-Monde). Après avoir commencé à développer cette théorie dans les années 1960, Mao l’adopte officiellement en 1974, lors d’une discussion avec le président zambien Kenneth Kaunda. Il existe également des similitudes entre les « Propositions en cinq point » du président Jiang Zemin (1996) et les « Cinq principes de la coexistence pacifique » énoncés par le premier ministre Zhou Enlai en 1954 comme principes directeurs des relations sino-indiennes et sino-birmanes : respect mutuel pour l’intégrité territoriale et la souveraineté, non-agression, non-ingérence dans les affaires internes, égalité et bénéfice mutuels, coexistence pacifique. Dans les faits, l’application des principes proclamés dépend du contexte et de la façon dont la Chine perçoit ses intérêts (cela est valable pour n’importe quel autre Etat). Par exemple, la définition et la délimitation du territoire national chinois pose de nombreux problèmes en matière de politique extérieure (et intérieure). Sur la « théorie des trois mondes » et les « cinq principes », voir Marc Lanteigne, op.cit., pp.132-133

 

[60] “China and Mali Signed Three Agreements for 739 Million Yuan”, The China Times, Septembre 2011,  http://www.thechinatimes.com/online/2011/09/1325.html . Yun Sun & Michael Rettig, “Mali after the Election….”., op cit. Un prêt concessionnel est un prêt non assorti des conditions traditionnellement exigées par les banques commerciales et autres prêteurs à l'égard de l'emprunteur en matière de garanties. Ces prêts offrent des avantages à l'emprunteur au niveau soit des garanties soit des taux d'intérêt. L'une des conditions d'un tel prêt peut être un taux d'intérêt faible voire nul. Dans certains cas, l'emprunteur peut bénéficier d'une exonération temporaire des remboursements. Ainsi, ce sont des prêts qui comportent un élément « don » (source :  http://www.epargnesansfrontiere.org/glossaire-P ). Pour une analyse du système humanitaire chinois et des aides au développements fournies par la RPC, voir  http://www.irinnews.org/fr/report/98778/analyse-les-dessous-du-syst%C3%A8me-d-aide-humanitaire-chinois .

 

[61] « Mali: la Chine octroie une aide de 31,9 milliards de FCFA pour la relance de l'économie nationale et le processus de reconstruction », Radio Chine Internationale, 14 Mai 2013,  http://french.cri.cn/621/2013/05/14/441s324527.htm .

« Relance économique : la Chine apporte une contribution de 32 milliards de Fcfa », L’Essor ,15 mai 2013,  http://maliactu.net/relance-economique-la-chine-apporte-une-contribution-de-32-milliards-de-fcfa/ .

 

[62] « Mali-Chine : 6 milliards de FCFA pour produire de l’électricité verte à N-SUKALA », L’Essor, 23 Octobre 2013. La région de Ségou est située dans le centre-sud du Mali et ne se trouve pas dans la zone de conflit (« Nord ») mais en Janvier 2013 les positions jihadistes les plus avancées n’étaient qu’à 80 km de distance.

 

[63] CIA World Factbook (Novembre 2013),  https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/ .

 

[64] « 20 millions de dollars de la Chine au groupe du C4, producteurs de coton en Afrique », APAnews, 7 Décembre 2013

 

[65] Yun Sun & Michael Rettig, “Mali after the Election….”., op cit

 

[66] Yun Sun & Michael Rettig, idem. David Shinn,“China's Response to the Islamist Threat in Mali”, op.cit.

 

[67]  “Diplomatie: Zhang Guoqing décoré”, L’Essor, 17 Mars 2011,

http://www.bamanet.net/index.php/actualite/81-essor.html?start=533 . Il faut aussi mentionner une interview du chargé d’affaires de l’ambassade chinoise (Guo Xueli) par la télévision publique malienne le 25 Septembre 2012. M.Guo affirme alors que la coopération militaire sino-malienne est « très ancienne ». “China Offers Support to Mali Military in Fight Against Islamists”, Bloomberg, 26 Septembre 2012,  http://www.bloomberg.com/news/2012-09-26/china-offers-support-to-mali-military-in-fight-against-islamists.html .

 

[68] Voir l’article cité à la note 61 (« Relance économique...», L’Essor ,15 mai 2013).

 

[69] «Le nouvel ambassadeur de la Chine au Mali CAO Zhongming présente ses lettres de créance au Président du Mali », Ambassade de la République Populaire de Chine au Mali, 8 Avril 2011,  http://ml.china-embassy.org/fra/sghd/t840135.htm .

 

[70] Colonel-major Yamoussa Camara, Bilan des activités des cent jours du gouvernement du 24 avril au 24 juillet 2012 et perspectives, Ministère de la défense et des anciens combattants, République du Mali, Correspondance N° 0584/PM-CAB du 17 juillet 2012.

Lien web :   http://primature.gov.ml/dmdocuments/defense_ancien_combattant.pdf .

Voir également “Mali: Bamako fait son marché aux armes”, Jeune Afrique, 6 Novembre 2012,  http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121106131255/ .

 

[71] « Soutien à l’effort de guerre : La Chine offre une assistance militaire au Mali », L’Indépendant, 8 Mars 2013, http://www.maliweb.net/news/la-situation-politique-et-securitaire-au-nord/2013/03/08/article,132707.html . « Coopération militaire Mali-Chine : près d’un milliard et demi de FCFA pour renforcer les capacités opérationnelles de l’armée », L’Essor, 8 Mars 2013,  http://www.essorml.com/cooperation-militaire-mali-chine-pres-dun-milliard-et-demi-de-fcfa-pour-renforcer-les-capacites-operationnelles-de-larmee.html . « Mali-Chine : 65 véhicules et beaucoup d’équipements offerts à l’armée », L’Essor, 19 juin 2013,  http://www.essorml.com/mali-chine-65-vehicules-et-beaucoup-dequipements-offerts-a-larmee.html . « La Chine équipe l’armée malienne pour plus d’un milliard FCFA », L’Indépendant, 20 Juin 2013,  https://www.maliweb.net/news/armee/2013/06/20/article,154104.html .

 

[72] “Efforts should be made to assist African countries in the promotion of dialogue and exchange among civilizations, religions and  ethnicities  and  avoid  linking  terrorism  with  a  particular  religion  or  ethnicity.  Double standards should be avoided. No country should use its own interests, whether threatened or not,  as  the  standard  in  the  determination  of  what  constitutes  terrorist  activity (…)”. Source: Statement by Ambassador Li Baodong at the Security Council Debate on the Challenges of the Fight against Terrorism in Africa, Permanent Mission of the People's Republic of China to the UN, 2013/05/13,  http://www.china-un.org/eng/hyyfy/t1041320.htm .

[73] Voir l’article cité à la note 67 (« China Offers Support to Mali… », Bloomberg, 26 Septembre 2012).

[74] « Mali: la Chine octroie une aide de 31,9 milliards… » , op cit (note 61).Voir également la série d’articles cités à la note 71 (articles dans L’Essor et l’Indépendant, du 8 Mars et du 19-20 Juin 2013).

 

[75] Voir l’article cité à la note 70, “Mali: Bamako fait son marché aux armes”. Il semble que la Chine entretienne des relations militaires plus étroites et plus développées avec des Etats comme la République Démocratique du Congo, relations sur lesquelles les deux Etats font cependant preuve d’une grande discrétion, d’après des fonctionnaires de la MONUC. Sur ce point, voir Bates Gill & Chin-Hao Huang, China’s Expanding Role in Peacekeeping: Prospects and Policy Implications, SIPRI Policy Paper n°25, November 2009,  http://books.sipri.org/files/PP/SIPRIPP25.pdf .

 

[76] Sur la participation accrue de la RPC aux OMP de l’ONU, voir Bates & Chin, China’s Expanding Role in Peacekeeping (op.cit, 2009),  et Craig Murray, “ China to Deploy “Security Force” (op.cit, Juillet 2013). Voir également Marc Lanteigne & Miwa Hirono (eds.), China's Evolving Approach to Peacekeeping, 2012 ; Peter Layton, “China’s velvet fist: PLA in operations-other-than-war”, Defence Today, Novembre 2012. Pour une biographie de Zhao Jingmin, voir :  http://www.operationspaix.net/340-biographie-de-jingmin-zhao-gen-.html .

[77] « Le conseil de sécurité affirme que la lutte contre le terrorisme à long terme en Afrique passe par l’adoption d’une stratégie globale », Communiqué de presse du Conseil de Sécurité de l’ONU, 6965e séance, 13 Mai 2013,  http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/CS11004.doc.htm ; “May 2013 monthly forecast – Peace and security in Africa”, Security Council Report, 1er Mai 2013,  http://www.securitycouncilreport.org/monthly-forecast/2013-05/peace_and_security_in_africa.php ; ‘‘Open debate : challenges of combating terrorism in Africa’’, What’s in blue, 10 Mai 2013, http://www.whatsinblue.org/2013/05/open-debate-challenges-of-combating-terrorism-in-africa.php .

 

Sur les menaces hybrides dans l’espace sahélo-saharien, voir  Massaër Diallo (Institut d’Etudes politiques et stratégiques, West African Network for Security and Democratic Governance), «Défis sécuritaires et hybridation des menaces dans la zone sahélo-saharienne», Séminaire sur la Sécurité au Sahel organisé par l’OGSS et l’Union européenne, 25 & 26 novembre 2010, Bruxelles,  http://www.ieps-cipsao.org/index.php?option=com_content&view=article&id=73&Itemid=37 .

 

[78] Le Global Times, un journal numérique lié au Parti Communiste Chinois, a d’ailleurs publié en Janvier 2013 l’article d’un chercheur européen insistant sur les causes socioéconomiques du terrorisme au Mali (notamment le sous-développement et la pauvreté) ; il recommande une « synergie » entre l’Union Africaine, la CEDEAO, l’Union Européenne, les Etats-Unis et la Chine, pour le développement économique et la stabilisation sécuritaire du Sahel. David Gosset, «Next target in Mali is poverty, long-term ally of terrorists”, Global Times, 18 Janvier 2013,  http://www.globaltimes.cn/content/756585.shtml .

[79] CTITF : Counter-Terrorism Implementation Task Force  / Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme.

CTED : Counter-Terrorism Committee Executive Directorate / Direction exécutive du Comité contre le terrorisme

 

[80] Sur ce point, voir les critiques émises en 2009 par Philip Alston, Rapporteur Spécial de l’ONU pour les exécutions extrajudiciaires :  http://www.un.org/News/briefings/docs//2009/091027_Alston.doc.htm .

 

[81] “Remarks by the President Upon Arrival”, The White House – Office of the press secretary, 16 Septembre 2001,  http://georgewbush-whitehouse.archives.gov/news/releases/2001/09/20010916-2.html . Pour une critique de l’approche néoconservatrice suivie par George W.Bush voir James Caroll, “The Bush Crusade”, The Nation, 2 Septembre 2004,  http://www.thenation.com/article/bush-crusade ; sur le rejet de cette approche par le président Obama voir Pierre Tristam, « Obama declares an end to clash of civilizations », About News and Issues, 6 Avril 2009,

http://middleeast.about.com/od/usmideastpolicy/a/clash-of-civilizations.htm

.

[82] Statement by Ambassador Li Baodong at the Security Council Debate on the Challenges of the Fight against Terrorism in Africa , Permanent Mission of the People's Republic of China to the UN, 2013/05/13,  http://www.china-un.org/eng/hyyfy/t1041320.htm . “Africa needs help in fight against terrorism”, People’s Daily Online, 14 Mai 2013,  http://english.people.com.cn/90883/8242971.html# . David Shinn, “China Confronts Terrorism in Africa”, China-US Focus, 18 Novembre 2013,  http://www.chinausfocus.com/peace-security/china-confronts-terrorism-in-africa/ .

 

Pour nuancer les critiques chinoises contre les doubles standards occidentaux en matière de terrorisme, et les replacer dans une perspective historique, voir l’annexe n°2, « Les moudjahidines ouighours du Xinjiang et la coopération clandestine sino-américaine contre l’Union Soviétique dans les années 1980 ».

 

[83] David Shinn, “China Confronts Terrorism in Africa”, op cit.

[84] “Priority Areas of China-Africa Cooperation for the Next Three Years Announced by the Chinese Government at the Fifth FOCAC Ministerial Conference”, in White paper on China-Africa Economic and Trade Cooperation, August 2013, Beijing, p.19 (Appendix II). Liens web:  http://www.china.org.cn/government/whitepaper/2013-08/29/content_29861259.htm ,  http://www.safpi.org/sites/default/files/publications/China-AfricaEconomicandTradeCooperation.pdf .

 

[85] « 15. La partie chinoise a hautement apprécié les efforts des pays africains, de l'UA et des organisations sous-régionales africaines pour régler en toute indépendance les conflits régionaux et maintenir la paix et la stabilité dans la région, salué les politiques de l'UA visant à promouvoir une culture de paix en Afrique, et exprimé son soutien aux efforts de l'UA pour accélérer le renforcement des capacités en matière de réaction rapide en cas de crise. 16. La partie chinoise continuera à approfondir sa coopération avec les pays africains,  l'UA et les organisations sous-régionales africaines  dans  la  préservation de la paix et de la sécurité en Afrique. Elle travaillera avec la partie africaine pour mettre en oeuvre l'« Initiative du partenariat de coopération Chine-Afrique pour la paix et la sécurité» lancée lors de la 5e Conférence ministérielle du FCSA, restera engagée dans la médiation et le règlement des points chauds africains, prêtera soutien et assistance à l'Afrique dans le renforcement de ses capacités de maintien de la paix et de la sécurité et oeuvrera pour promouvoir la construction de l'«Architecture africaine de paix et de sécurité ». La partie chinoise continuera à envoyer des agents de maintien de la paix en Afrique dans le cadre des Nations Unies, y compris à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali ». Source: Communiqué conjoint du troisième tour de consultations politiques entre les Ministres des affaires étrangères chinois et africains (op.cit.), http://www.fmprc.gov.cn/eng/wjdt/2649/t1080313.shtml .

[86] Cependant concernant l’attaque du 17 Juin 2009, un câble diplomatique américain confidentiel (11 Février 2010, ambassade US à Alger), publié par Wikileaks, affirme que les Chinois ne constituaient qu’une « cible d’opportunité » et que les cibles principales de l’attaque étaient les gendarmes locaux qui les escortaient. Lors d'une réunion à l'ambassade US d'Alger le 10 Août 2009, un diplomate chinois affirme d'ailleurs qu'AQMI n'a pas encore pris pour cible de manière directe les ressortissants et intérêts chinois en Afrique du Nord. Cependant il exprime une inquiétude croissante concernant d’éventuels dommages collatéraux et des menaces pour les intérêts économiques chinois.


Voir “China's Impact And Risks In Algeria”, US Embassy Algiers (Algeria), 11 Feb 2010, Classification CONFIDENTIAL, http://www.cablegatesearch.net/cable.php?id=10ALGIERS123 . Sur les attaques de 2009 et 2010, voir également Scott Stewart & Fred Burton, “Algeria : taking the pulse of AQIM”, Security Weekly, 24 Juin 2009, http://www.stratfor.com/weekly/20090624_algeria_taking_pulse_aqim ; “Bomb kills two gendarmes, Chinese man in Algeria”, Agence France Presse, 11 Juin 2010; David Shinn, « China confronts… », (op cit,  18/11/2013).

 

[87] David Shinn, « China confronts… » (op cit). Précisons cependant que malgré la portée humaine de l’événement, et contrairement à d’autres cas, les victimes chinoises de cette attaque seraient plutôt à classer dans les « dommages collatéraux » ou les « cibles d’opportunité », la cible principale étant le Kenya (en représailles contre sa participation à l’AMISOM). Il faut aussi signaler qu’ironiquement, la Chine finance peut-être involontairement Al Shabaab : le marché chinois serait le principal destinataire de l’ivoire illégal braconné au Kenya, exporté depuis les ports somaliens par les réseaux jihadistes. Voir Catrina Stewart, « Illegal ivory trade funds Al Shabaab’s terrorist attacks », The Independent, 6 Octobre 2013,  http://www.independent.co.uk/news/world/africa/illegal-ivory-trade-funds-alshabaabs-terrorist-attacks-8861315.html .

 

[88] En 2007, le JEM avait mené plusieurs attaques contre des zones pétrolifères exploitées par des compagnies chinoises et protégées par l’armée soudanaise. Les séparatistes sud-soudanais du JEM affirmaient que les bénéfices tirés par Khartoum en vendant son pétrole à la Chine lui permettaient de financer les milices gouvernementales « Janjaweed ».

http://news.bbc.co.uk/2/hi/7694106.stm , http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/africaandindianocean/sudan/3270057/Sudan-rebels-kill-5-Chinese-hostages.html ,  http://www.chinadaily.com.cn/china/2007-04/24/content_858956.htm . Voir également David Shinn, « China confronts… » , op cit. Dans les années 2000, à l’instar des relations avec le Zimbabwe, les bonnes relations de la Chine avec le Soudan ont nourri de nombreuses critiques et spéculations au sein de la communauté internationale.

 

[89]David Shinn, « China confronts… » , op cit. Dans le cadre de la préparation de cet article il n’a pas été possible d’étudier les éventuelles réactions des milieux jihadistes et islamistes africains à des événements récents. Par exemple l’attaque du 28 Octobre 2013 à Beijing, attribuée par le gouvernement chinois à l’ETIM (East Turkistan Islamic Movement), ou bien les incidents du 16 Décembre dans le Xinjiang (région de Kashgar) ayant provoqué la mort de deux policiers et quatorze « terroristes » (leurs armes, des machettes et des cocktails molotovs, les apparentant plutôt à des émeutiers). Voir  http://www.scmp.com/news/china/article/1381819/least-16-killed-clash-kashgar-restive-xinjiang-region-report?utm_source=edm et  http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/12/16/chine-seize-morts-dont-deux-policiers-dans-des-violences-au-xinjiang_4334816_3216.html . Les troubles actuels du Xinjiang s’expliquent entre autres par la politique afghane de Deng Xiaoping (1979-1989) ; pour plus de détails, notamment sur les liens noués à cette époque entre services de renseignements chinois et jihadistes ouighours, voir l’annexe n°2.

 

[90] Barry Lando, “Intervention in Mali: Another Free Ride for China ?”, Huffington Post, 13 Janvier 2013,  http://www.huffingtonpost.com/barry-lando/china-business-africa_b_2468659.html .

 

[91] Bates & Chin, China’s Expanding Role in Peacekeeping, op cit. Craig Murray, « China to deploy… », op cit.

 

[92] Idem. Voir également : “135 peacekeepers depart for Mali”, China Daily USA, 4 Décembre 2013,  http://usa.chinadaily.com.cn/epaper/2013-12/04/content_17151126.htm .

 

[93] “Chinese state media slam Hillary Clinton's speech in Africa”, The Guardian, 3 Août 2012,  http://www.theguardian.com/world/2012/aug/03/hillary-clinton-china-africa-investment ; Joe Glenton, “Don't forget the critical role of China in Mali”, The Independent, 15 Janvier 2013,  http://www.independent.co.uk/voices/comment/dont-forget-the-critical-role-of-china-in-mali-8452530.html .

 

[94]Barry Lando, op cit; Yun Sun, “How China Views…”, op cit. Marc Lanteigne, op cit 2009.

 

[95] Voir la note 30.

 

[96] Craig Murray, “ China to Deploy…” , op cit.

[97] Idem.

 

[98] Bates Gill & Chin-Hao Huang, China’s Expanding Role in Peacekeeping , op cit., p.27:

“As both a permanent member of the UN Security Council and a developing country, China’s growing participation in UN peacekeeping lends credibility to UN missions, many of which have robust mandates allowing them to use force. Senior AU and UN officials believe that China’s participation in peace operations in sensitive areas such as Darfur, southern Sudan and the DRC helps to temper the host governments’ suspicions that the missions are really Western-led military interventions. Indeed, China has a strong record of political solidarity and partnership with developing countries, particularly in Africa. This dates back to the Bandung Conference in 1955, where China was a staunch supporter of the inviolability of African sovereignty and non-interference in internal affairs. As a result, AU and UN officials believe, the presence of Chinese peacekeepers sends a reassuring message and helps the mission to project an image of being inclusive, impartial and genuinely multilateral”.

 

Annexe N°1 : Les origines de la crise malienne et la période 2011-2012


Le conflit en cours au Mali (appelé « guerre du Mali » dans les médias francophones), bien qu’ayant débuté en Janvier 2012, trouve en partie ses origines dans la guerre civile libyenne (Février-Octobre 2011) et dans le renversement de Mouammar Kadhafi par une rébellion jihadiste directement appuyée par l’OTAN. Il doit être également replacé dans une perspective historique et dans le temps long, car il s’inscrit dans une série d'insurrections baptisées « rébellions touarègues », opposant certains membres de l’ethnie Touareg aux gouvernements du Mali et du Niger depuis 1916. En 1958, le Mouvement populaire de l'Azawad (MPA), revendique la constitution d'un État touareg indépendant ; d’autres lui succèdent par la suite avec le même objectif. A partir des années 1970, les Touaregs réfugiés en Libye (pour échapper à la répression et/ou à la sécheresse) sont fréquemment enrôlés par l’armée libyenne ; ces combattants prennent part à la guerre civile de 2011 au sein des diverses factions (loyalistes pro-Jamahiriya, ou rebelles). A partir d’Octobre 2011, des milliers d’entre eux retournent au Niger et au Mali avec leur armement (fusils d'assaut, missiles sol-sol et sol-air, lance-roquettes multiples BM-21, mortiers). Une partie rejoint le MNLA, créé le 16 octobre 2011 par la fusion du Mouvement national de l'Azawad (MNA) avec l'ex-Alliance Touareg Niger-Mali (ATNM). Le MNLA revendique l'autodétermination et l'indépendance de l'Azawad qui correspond aux trois régions maliennes de Kidal, Tombouctou et Gao ; l’accent est mis sur l’aspect régionaliste et géographique, et le MNLA dément tout caractère ethnique ou ethniciste.

Fin 2011, après le renversement de Khadafi, les flux d’armes et de combattants entre la Libye et le Sahel-Sahara ne profitent pas qu’aux nationalistes touaregs mais également aux divers groupes terroristes régionaux et internationaux (jihadistes salafistes). Une alliance tactique est d’ailleurs formée entre ces deux forces qui passent à l’offensive le 17 Janvier 2012 contre le gouvernement malien ; ce dernier perd le contrôle du nord en quatre mois et le pays est coupé en deux. Le 22 Mars, à Bamako, un coup d’état militaire mené par le capitaine Amadou Sanogo renverse le président malien Amadou Toumani Touré. Les putschistes suspendent la constitution et justifient leurs actes par l’incompétence du gouvernement, jugé incapable de défendre l’intégrité du territoire. Jusqu’en Avril, la junte dirige le pays ; le pays est frappé de sanctions diplomatiques et économiques par les institutions régionales et internationales, et soumis à un blocus par la CEDEAO. Le 6 Avril 2012, un accord entre la CEDEAO et la junte permet la mise en place d’un gouvernement civil de transition dirigé par le président de l’assemblée nationale malienne, Dioncounda Traoré, et une levée progressive des sanctions (Traoré fait office de président de la république par intérim jusqu’à l’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta en Août 2013).

Parallèlement, le 5 avril 2012, avec la prise de Douentza, le MNLA  annonce la fin de son offensive, et déclare le jour suivant l'indépendance de l'Azawad. Mais entre Juin et Novembre, les relations du MNLA avec ses alliés jihadistes se détériorent, suite à des rivalités pour le contrôle des grandes villes mais aussi en raison de désaccords stratégiques et idéologiques (AQMI, Ansar Dine et le Mujao souhaitent établir un état islamique et imposer leur vision de la sharia dans tout le pays). Des combats ont lieu. Dès le 17 Juillet le MNLA perd le contrôle des grandes villes du Nord. Un rapprochement avec le gouvernement malien, contre les jihadistes, est officiellement entamé en Novembre 2012 bien que des incidents persistent jusqu’à aujourd’hui. A l’instar du gouvernement malien, le MNLA et les autres groupes nationalistes touaregs font partie des interlocuteurs (et partenaires potentiels) de la coalition internationale sur le terrain.

Le 10 janvier 2013, les jihadistes franchissent la ligne de séparation des deux Mali et capturent la ville de Konna, verrou stratégique dans la marche sur Bamako ; en réaction, le gouvernement malien déclare l'état d'urgence et la France lance l’opération Serval le 11 Janvier, suivie de peu par les premiers contingents africains de la MISMA le 17 Janvier. Les forces maliennes et internationales achèvent la reconquête des grandes agglomérations du nord en Février. Le MNLA tente d’en tirer profit pour consolider ses positions comme à Kidal.

 

Sources :

- CF2R / CIRET – AVT, Rapport n°1 : « Libye : un avenir incertain. Compte rendu de mission d’évaluation auprès des belligérants libyens », Mai 2011,

http://www.cf2r.org/fr/rapports-cf2r-ciret-avt/libye-un-avenir-incertain.php

-Le Monde - Afrique , notamment Yidir Plantade, « Dans le nord du Mali les Touaregs du MNLA lancent un nouveau défi armé à l’Etat », 25 Janvier 2012.

- Jeune Afrique : rubrique consacrée au Mali,  http://www.jeuneafrique.com/pays/mali/

- RFI (rubrique «  Mali » : chronologies, données diverses),  http://www.rfi.fr/pays/mali-chronologie-demographie-chiffres-economie-g%C3%A9ographie

- Site du cabinet Stratfor, notamment « In Mali, the geographic roots of conflict », 20 Mars 2013,  https://www.stratfor.com/analysis/mali-geographic-roots-conflict

 


Annexe N°2 : Les moudjahidines ouighours du Xinjiang et la coopération clandestine sino-américaine contre l’Union Soviétique dans les années 1980

 

Lorsque l’on évoque les critiques chinoises contre les doubles standards occidentaux vis-à-vis des groupes armés jihadistes opérant en Libye et en Syrie dans les années 2010,  il faut cependant rappeler que la RPC a elle-même mené des politiques similaires pendant l’intervention soviétique en Afghanistan (1979-1989), à l’époque où Deng Xiaoping s’était considérablement rapproché des Etats-Unis par hostilité à l’URSS. Sur ce point, Zbigniew Brzezinski, conseiller de Jimmy Carter à la sécurité nationale (1977 - 1981), a fourni des précisions dans diverses interviews. Aux côtés de la CIA, des alliés occidentaux des Etats-Unis (dont la France), du Pakistan et de l’Arabie Saoudite, la Chine a armé et entraîné les moudjahidines afghans et étrangers qui combattaient contre l’Armée Rouge et le gouvernement laïque pro-soviétique de Kaboul (République Démocratique d’Afghanistan). La RPC fournissait notamment des copies chinoises d’armes soviétiques (fusils d’assauts et missiles sol-air).

De plus, dans une interview au Nouvel Observateur en 1998, Brzezinski révèle qu’il avait ordonné à la CIA d’appuyer les moudjahidines dès 1978, afin de provoquer une intervention militaire directe de Moscou et son enlisement. L’objectif était de « saigner » les Soviétiques en représailles contre leur rôle dans la défaite américaine au Vietnam. Il a également déclaré que la destruction de l’URSS justifiait rétrospectivement l’arrivée au pouvoir des talibans « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? ». Cette approche est poursuivie sous l’administration Reagan. Dans les locaux de l’IRSEM le 16 Mai 2012, le général François Mermet, ancien chef de la DGSE, explique que lors d’une visite au Pakistan en 1987, il s’était inquiété auprès d’un collègue américain du soutien systématique apporté par la CIA et l’ISI aux groupes jihadistes les plus radicaux. Le général Mermet cite également des propos que l’auteur Michael Barry attribue à un diplomate américain: « we’re not in the nation-building business, we’re in the Russian-bleeding business ». Réputé comme l’un des diplomates américains les plus machiavéliens, « prochinois » et antisoviétiques des années 1970 et 1980, Zbigniew Brzezinski a aussi encouragé la Chine à soutenir Pol Pot contre le Vietnam (pro-soviétique), même après les révélations sur le rôle des Khmers Rouges dans l’autogénocide cambodgien. Sur ces questions de realpolitik, voir les travaux de Kenton Clymer, notamment l’article « Jimmy Carter, Human Rights, and Cambodia » (Diplomatic History, Avril 2003, pp.245-278). Notons que le président Obama considère Brzezinski comme son mentor (voir notamment son hommage du 12 Septembre 2007).

Selon John K.Cooley (journaliste américain, spécialiste des questions de lutte armée et de terrorisme dans le monde musulman) et le politiste sinologue Yitzhak Shichor, outre la fourniture d’armes aux moudjahidines afghans, la participation chinoise aux opérations antisoviétiques en Afghanistan incluait l’entraînement et l’équipement de moudjahidines ouighours originaires du Xinjiang. Mais à leur retour d’Afghanistan, ceux-ci ont échappé au contrôle de Beijing et rejoint les mouvements islamistes séparatistes du Turkestan oriental. A l’instar des occidentaux, la Chine subit aujourd’hui les conséquences de ses opérations clandestines antisoviétiques et de sa politique afghane pendant la guerre froide. Ce type de retour de bâton est surnommé « blowback » dans le jargon américain du renseignement.

 

Sources :

- Interview de Zbigniew Brzezinski réalisée le 13 Juin 1997 par l’association « National Security Archive », disponible sur le site de l’université George Washington :

http://www2.gwu.edu/~nsarchiv/coldwar/interviews/episode-17/brzezinski2.html .

 

- « Brzezinski : ‘‘Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes …’’», Nouvel Observateur, 15-21 janvier 1998.

 

-John K.Cooley, Unholy Wars : Afghanistan, America and International Terrorism, 2000, p.4 et pp.66-80 (voir le chapitre 4 du livre, intitulé “Deng Xiaoping”).

 

- Yitzhak Shichor, “The Great Wall of Steel: Military and Strategy In Xinjiang”, in S. Frederick Starr, Xinjiang: China's Muslim Borderland, 2004, p.120-160.

 

-S. Mahmud Ali, US – China Cold War Collaboration, 1971-1989, 2005, p.166-188

 

-L’hommage d’Obama à son mentor (transcription du discours du 12 Septembre 2007) :

http://political-transcript-wire.vlex.com/vid/sen-barack-obama-delivers-remarks-iraq-64143368 .

Voir également :

http://www.youtube.com/watch?v=22sjtln56MY&list=PL14F6DB3ABE948C92 .