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Le renforcement de la présence militaire américaine aux Philippines, un élément central du « pivot » vers l’Asie-Pacifique.

Souleymane Diallo, doctorant au Centre d’Histoire de l’Asie Contemporaine (CHAC), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Le 31 Mars 2014, le Secrétaire d’état américain à la Défense Chuck Hagel réaffirme l’intention des Etats-Unis de poursuivre leur « pivot stratégique » vers l’Asie-Pacifique malgré leur implication dans la crise ukrainienne et la guerre civile syrienne [1]. Egalement baptisé « rééquilibrage » ou « recentrage » (rebalancing), le « pivot » est une réorientation de la politique étrangère américaine pour approfondir l'implication diplomatique, économique et militaire des États-Unis dans les affaires asiatiques.

L’administration Obama estime que durant la décennie post-11 Septembre, Washington, enlisé dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak, aurait délaissé la région Asie-Pacifique au profit d’une Chine émergente. L’idée du « pivot » a d’abord été promue par la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton dans un article publié par Foreign Policy en Octobre 2011. Son lancement officiel a ensuite été annoncé par le président Obama lors d’un discours au parlement australien, le 17 Novembre 2011. Officiellement, l’aire géographique concernée est un arc s’étendant du Pacifique Ouest et de l’Asie orientale jusqu’à l’Asie méridionale et l’Océan Indien. Mais l’analyse de Justin Vaïsse (Brookings Institution) offre une perspective plus large; pour lui le pivot d’Obama vise à reformuler le leadership américain et à le rapprocher du nouveau « centre de gravité du monde », dont les USA, accaparés par la « guerre contre le terrorisme », ont négligé l’émergence;  c’est un « rééquilibrage vers les puissances émergentes en général ». Vaïsse fait référence aux pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), mais aussi à l’Indonésie [2].

 

Le recentrage implique un renforcement de la présence militaire américaine en Asie du Sud-Est, plus particulièrement aux Philippines, auxquelles Washington est lié par un traité de défense mutuelle (1951); les Etats-Unis et leur ancienne colonie (1898-1946) sont d’ailleurs sur le point de franchir un tournant dans leurs relations militaires, avec la signature imminente d’un accord officialisant plus ou moins le retour des bases américaines. Ces dernières avaient été fermées en 1992 sous l’effet conjugué de divers facteurs, notamment une forte pression populaire sur le Sénat philippin; ce mouvement populaire nationaliste, qui transcendait les clivages politiques [3], sanctionnait le soutien passé des USA au régime autoritaire de Ferdinand Marcos (1965-1986) et rejetait le coût social de la présence militaire américaine (en particulier le développement de la prostitution, et l’introduction du virus du SIDA dans l’archipel [4] ). L’article ci-présent replace le rapprochement militaire américano-philippin dans le contexte du pivot, tout en s’interrogeant sur les enjeux que ce recentrage peut comporter à l’échelle mondiale.

Le pivot et les rivalités hégémoniques : entre « containment » et « hedging »

Le pivot répond à des évolutions régionales. Depuis 2009 l’accroissement de la puissance militaire chinoise, combiné avec une assertivité (voire agressivité) accrue de Beijing dans ses revendications territoriales maritimes, suscitent l’inquiétude des voisins de la RPC en Asie orientale et en Asie du Sud-Est(non limitée aux alliés traditionnels des USA, comme en témoigne le cas du Vietnam). L’année de lancement du pivot est marquée par deux événements notables concernant le développement des capacités aéronavales chinoises : le premier vol d’essai du chasseur furtif Chengdu J-20 en Janvier 2011, et le voyage d’essai du porte avion Liaoning en Août. De plus, pendant la dernière décennie, les analystes du Pentagone et de la RAND Corporation (un think tank semi-gouvernemental américain) ont souligné l’accroissement des capacités balistiques chinoises ; selon eux l’Armée Populaire de Libération développe des moyens de déni d’accès et d’interdiction de zone (Anti-Access / Area-Denial ou « A2/AD »), pour contrer une éventuelle intervention américaine dans la région. Le développement de capacités A2/AD par l’APL préoccupe Washington depuis le début des années 2000, et les Américains cherchent un moyen de pénétrer dans la « tanière du dragon » [5].

Le recentrage comporte aussi des enjeux plus vastes. Le 14 Février 2011, les médias internationaux révèlent que la Chine est devenue la seconde puissance économique mondiale après les Etats-Unis, dépassant le Japon en termes de PIB; fin Novembre, l’agence Goldman Sachs estime qu’elle pourrait détrôner Washington vers 2027. Ceci alimente l’idée que la RPC pourrait bientôt devenir la principale puissance globale, menaçant l’ordre international établi, dominé par les USA [6]. D’ailleurs Beijing suspecte le « pivot »d’être essentiellement une politique d’encerclement et de containment à son égard. Rappelons que depuis les années 1990, en politique étrangère américaine, les positions sur la question chinoise se polarisent entre les partisans de l’endiguement (containment) et ceux de l’engagement (engagement). L’endiguement vise à maintenir le statu quo et l’ordre international établi ; cette stratégie fut adoptée par l’administration Truman contre l’URSS, sous l’influence de George Kennan au début de la guerre froide. L’engagement vise à accompagner et influencer la montée en puissance de la Chine dans un sens conforme aux intérêts américains. Ses origines remonteraient à l’administration de Woodrow Wilson (1913-1921), selon Emmanuel Puig [7].

Certes, l’étude des aspects politico-diplomatiques, économiques et militaires du pivot semblent confirmer le point de vue de Beijing. Selon Douglas Paal (Carnegie Endowment for International Peace), pendant l’année 2012 l’administration Obama réduit le « recentrage » à une posture de défiance verbale face à Beijing, pour se donner une image de fermeté et chasser l’image d’un déclin américain. La démonstration de force du président vise ses interlocuteurs en Asie-Pacifique; c’est aussi une manœuvre électoraliste en prévision du scrutin présidentiel du 6 Novembre, et elle consolide la position d’Obama face au républicain Mitt Romney sur les questions de sécurité nationale. Paal signale d’ailleurs un fort soutien bipartisan en faveur du pivot [8], dont le Trans-Pacific Partnership constitue le volet économique. Ce traité multilatéral de libre échange, conclu initialement entre Brunei, le Chili, la Nouvelle Zélande et Singapour, est entré en vigueur en Mai 2006. Un processus d’élargissement, débuté en 2008, est en cours de négociation, pour porter le nombre total de membres à 12 pays (dont les Etats-Unis et le Japon), représentant 40 % de l’économie mondiale et un marché de 792 millions de consommateurs. Depuis 2011, les Etats-Unis sont devenus le principal promoteur du TPP ; Washington semble le concevoir comme un moyen de revigorer l’économie américaine et comme un outil de containment contre la RPC. Pendant la campagne présidentielle de 2012, c’est dans cette optique qu’il a été promu par Mitt Romney ("a dramatic geopolitical and economic bulwark against China”) et Obama (“we’re organising trade relations with countries other than China so that China starts feeling more pressure about meeting basic international standards”). En Février 2012, le ministre néozélandais du commerce, Tim Grosner, menace d’ailleurs de se retirer des négociations pour protester contre l’attitude américaine. Plus généralement, le TPP est un accord particulièrement controversé au sein de l’opinion publique des pays signataires (négociations opaques, implications politiques dont une perte de souveraineté des Etats face aux grandes firmes multinationales et transnationales, impact social et environnemental) [9].

Le pivot implique une réorganisation de la présence militaire américaine, actuellement concentrée en Corée du Sud et au Japon, et son renforcement en Océanie et en Asie du Sud-Est (transferts de troupes vers Guam et Hawaii, renforcement des implantations aux Philippines comme nous le verrons, à Singapour, mais aussi en Australie). Les USA approfondissent leurs partenariats avec l’ensemble des armées de la région, notamment l’Inde et les principaux pays de l’ASEAN. D’ici à 2020, la Navy prévoit de stationner 60% de ses principaux bâtiments dans le Pacifique; en 2013, 60% des chasseurs de l’Air Force déployés à l’étranger se trouvaient déjà dans cette région. Cela est à mettre en relation avec l’adoption de la doctrine Air-Sea Battle en 2012 (synergie des forces aéronavales pour contrer les stratégies « A2/AD » de Beijing). Enfin, la future installation de radars « X-Band » au Japon et aux Philippines dans le cadre de la défense antimissile balistique (DAMB, en anglais BMD) est annoncée en Août 2012. Selon Steven Hildreth, un expert gouvernemental américain, la BMD est ostensiblement présentée comme une protection contre la Corée du Nord mais Washington ne trompe personne : « we're also looking longer term at the elephant in the room, which is China ». Le pivot reprend partiellement des initiatives de l’administration Bush Jr (stratégie maritime « CS21 » de 2007, rapprochement avec l’Inde, coopération BMD avec le Japon) [10].

En 2011, Hillary Clinton présente ouvertement le « pivot » comme un moyen de préserver  la suprématie mondiale des Etats-Unis: “A strategic turn to the region fits logically into our overall global effort to secure and sustain America's global leadership” (Clinton, op cit). Plus généralement, depuis la fin de la guerre froide, les stratégies de sécurité nationale et les doctrines militaires américaines affichent des objectifs hégémoniques mondiaux; elles tentent d’empêcher l’émergence d’un « compétiteur stratégique » comparable à l’URSS, susceptible de remettre en cause le « leadership global » américain [11]. Cependant, pour décrire la politique menée par les Etats-Unis (et dans une certaine mesure les voisins de la RPC), le terme hedging est plus approprié que celui de containment ; il s’agit d’une « troisième voie » entre engagement et containment , un compromis pour « conserver tous les atouts en main » (hedging one’s bets). Depuis les années 1990 et la fin de l’alliance sino-américaine contre la défunte URSS, cette « troisième voie » a été suivie par tous les dirigeants américains, de Bush Sr à Obama. Le hedging vise à intégrer la Chine dans l’actuel système international tout en la dissuadant de contester ou d’attaquer les intérêts américains; il s’agit de convaincre Beijing qu’une telle attaque serait très risquée à mettre en œuvre et conduirait à une défaite inéluctable. Cela requiert un renforcement des liens militaires avec les voisins de la RPC et le maintien de la supériorité militaire américaine [12]. Depuis les années 1990, cette approche est souvent promue par les think tanks semi-officiels (RAND Corporation, CSIS). Dans la Quadrennial Defense Review (QDR) de 2006 le Pentagone utilise l’expression “shaping the choices of countries at strategic crossroads”. Dans la QDR de 2014, tout en présentant la Chine comme une menace potentielle pour ses voisins et un « compétiteur » des Etats-Unis, le Pentagone met en avant la coopération avec l’APL en matière de sécurité non traditionnelle (contre-piraterie, maintien de la paix, aide humanitaire, opérations de secours). Plus généralement, en 2011, Hillary Clinton avait souligné l’interdépendance de Washington et Beijing: “a thriving America is good for China and a thriving China is good for America” (Clinton, op cit). La réponse de la RPC au pivot américain est duale, à l’image de ce dernier, combinant dissuasion militaire et offres de coopération; mais pour certains observateurs, le pivot a déclenché une nouvelle guerre froide [13].

La place centrale des Philippines dans le pivot

Les Philippines sont un rouage essentiel du « recentrage »américain sur le plan militaire en raison de leur position géographique ; depuis plus d’un siècle, celle-ci est jugée stratégique par les dirigeants américains pour le contrôle des routes maritimes et la projection de forces en Asie-Pacifique. Le 9 Janvier 1900, dans son discours au congrès (In Support of an American Empire), le sénateur impérialiste Albert Beveridge justifiait l’annexion des Philippines par leurs ressources naturelles, leur rôle de tremplin économique vers la Chine et leur emplacement stratégique dans le Pacifique. “And just beyond the Philippines are China’s illimitable markets”. “The Pacific is our ocean (…) China is our natural customer (…) The Philippines gives us a base at the door of all the East”. En 1901, le général Arthur MacArthur, responsable de la conquête de l’archipel, déclarait: “The Philippines are the finest group of islands in the world. Its strategic position is unexceeded by that of any other position on the globe. The China Sea (…) is nothing more or less than a safety moat” [14]. Entre 1899 et 1920, les Etats-Unis utilisent leur colonie comme base arrière pour leurs interventions en Chine et en Sibérie. En 1948, George Kennan, architecte de la stratégie de containment anticommuniste, inclut les Philippines parmi les pays jugés stratégiques (à l’instar des pays de l’Atlantique Nord, du pourtour méditerranéen, du Moyen Orient et du Japon), où les Etats-Unis doivent maintenir en place des régimes qui leurs soient favorables, pour des raisons de « sécurité nationale ». De 1947 à 1992, l’archipel abrite 23 bases américaines (concentrées sur l’île de Luzon), dont le complexe aéronaval de Subic Bay / Cubi Point et la base aérienne de Clark Field qui constituent alors les plus importantes implantations militaires étatsuniennes à l’étranger. Pendant la guerre froide, les installations de Luzon jouent un rôle majeur dans les opérations américaines en Corée et en Asie du Sud-Est (Indonésie, Thaïlande, péninsule indochinoise), et appuient les campagnes de contre-insurrection menées par Manille à l’intérieur de l’archipel. Avec la fin de la guerre froide les Philippines semblent brièvement perdre leur intérêt stratégique aux yeux de Washington, et cela contribue partiellement à la fermeture des bases [15].

Mais à la fin des années 1990, l’accentuation de la rivalité sino-américaine et les risques d’escalade militaire entre Beijing et Taipei suscitent un regain d’intérêt pour les Philippines de la part des analystes militaires américains et des think tanks ; dans les années 2000, ceux-ci formulent une série de recommandations pour le rétablissement de la présence militaire américaine (plus particulièrement aéronavale) dans l’archipel. Herbert Docena mentionne notamment des études publiées par la RAND Corporation entre 1999 et 2007 (dont celles citées plus haut), souvent financées par l’US Air Force [16]. Ces recommandations ont été progressivement appliquées, d’abord de façon relativement détournée sous l’administration de George W.Bush, puis de façon plus évidente dans le cadre du « pivot ». Le 22 Février 2012, le ministre philippin des affaires étrangères Albert Del Rosario admet l’existence de tractations informelles avec Washington pour accroître l’accès des troupes et des équipements militaires américains au territoire philippin et leurs possibilités d’implantation; mais les négociations officielles ne débutent que le 14 Août 2013 (juste avant la signature d’un accord prévoyant un renforcement de la coopération sécuritaire bilatérale, le 22 Août). Le septième et dernier tour des négociations démarre pendant la dernière semaine de Mars 2014. L’accord exécutif sur la « présence rotationnelle accrue » pourrait être signé avant la visite d’Obama prévue pour fin Avril, sans requérir une ratification par le Sénat philippin, alimentant la controverse dont il fait déjà l’objet dans l’opinion publique, en raison de son caractère notoirement anticonstitutionnel et du manque de transparence des négociations [17].

Violations de souveraineté: la complicité durable de Manille

Le futur accord permettra à Washington d’accéder de façon privilégiée à l’ensemble des installations militaires philippines, dans l’enceinte desquelles des implantations américaines pourront d’ailleurs être établies. Pour de nombreux observateurs, l’accord exécutif viole la constitution philippine de 1987: celle-ci interdit l’implantation de bases militaires étrangères sauf dans le cadre d’un traité reconnu comme tel par les deux parties, dûment ratifié par le Sénat philippin, et soumis si nécessaire à un référendum national [18]. Cependant les militaires américains, avec l’appui du pouvoir exécutif local (présidence Arroyo en 2001-2010 puis B.S. Aquino III à partir de 2010), avaient déjà commencé à contourner la constitution par l’intermédiaire du Visiting Forces Agreement (VFA , 1999) et du Mutual Logistics Support Agreement (MLSA, 2002); pendant la dernière décennie, Washington a ainsi rétabli une présence militaire permanente sous l’euphémisme de « présence rotationnelle ». Depuis 2001, en plus d’établir des bases de facto (généralement dans l’enceinte de camps militaires philippins mais inaccessibles aux officiers supérieurs locaux) et de conférer des privilèges extraterritoriaux à leur personnel militaire (VFA, Bilateral Immunity Agreement de 2003, pressions contre la ratification du traité de Rome), les USA ont constamment violé l’interdit constitutionnel sur les opérations de renseignement et de combat. Sur ce point, outre le travail d’investigation de membres de la société civile (médias alternatifs, ONG) et de chercheurs comme Alfred McCoy, Herbert Docena et Roland Simbulan [19], on peut citer le témoignage de la lieutenante Nancy Gadian, les câbles diplomatiques américains diffusés par Wikileaks et les révélations d’Edward Snowden [20]. La plupart de ces violations de la constitution, souvent accompagnées de violations des droits de l’homme commises par les forces américaines et/ou philippines, ont eu lieu dans le cadre d’opérations antiterroristes contre Abu Sayyaf et la Jemaah Islamiyah, ou de campagnes contre-insurrectionnelles visant les séparatistes du Moro Islamic Liberation Front et les révolutionnaires communistes de la New People’s Army. Cette implication directe a fréquemment lieu sous le couvert d’opérations "humanitaires" et civilo-militaires (CMO), d’exercices tels que Balikatan, ou à travers les activités des conseillers militaires américains (JUSMAG, JSOTF-P). Dans le renseignement technique (plus précisément ROEM/SIGINT), les postes diplomatiques et les postes de commande militaires américains jouent un rôle majeur [21].

D’autres violations de la constitution et des lois philippines sont liées à la rivalité sino-américaine en mer de Chine méridionale ; plus particulièrement dans la région de Palawan, près du verrou de Balabac, un nouveau point stratégique sur la route des sous-marins chinois. En 2013, la marine américaine mène illégalement des opérations d’espionnage naval dans des aires maritimes protégées comme la réserve naturelle de Tubbataha (installation de sonars «SURTASS LFA»); cela provoque l’incident de l’USS Guardian (Janvier 2013) et la destruction de récifs coralliens classés par l’UNESCO au patrimoine mondial, en toute impunité [22]. De plus, en Septembre 2012, des fuites vers la presse internationale révèlent que le gouvernement philippin a secrètement entamé la construction de bases militaires conjointes à Oyster Bay / Ulugan (poste de commande avancé pour l’infanterie de marine, installations navales), une nouvelle officiellement confirmée un an plus tard malgré l’importance de cette zone pour la biodiversité littorale et la subsistance des populations locales [23].

Un autre enjeu de souveraineté est mis en cause par l’intégration des Philippines dans le dispositif militaire du « pivot » américain. La constitution de 1987 interdit l’introduction d’armes nucléaires sur le territoire national. Or les Etats-Unis avaient secrètement stocké ce type d’armes dans l’archipel sous Marcos avec l’accord tacite de ce dernier, d’après des documents déclassifiés datant de la fin des années 1960; et aujourd’hui la ligne officielle de Washington reste la même que durant la guerre froide: neither confirm nor deny (NCND). Les alliés qui ne se satisfont pas de cette réponse ambigüe s’exposent à de sévères représailles politiques et diplomatiques, comme la Nouvelle-Zélande après l’affaire de l’USS Buchanan en 1985. Malgré un assouplissement de la posture américaine dans ce domaine depuis 2012, ce paramètre rend encore plus complexe le dilemme auquel sont confrontés les voisins sud-est asiatiques de Beijing sur le plan sécuritaire : le traité de Bangkok, signé par les Philippines et les autres membres de l’ASEAN en 1995, puis ratifié en 1997, vise à créer une zone exempte d’armes nucléaires [24].

Conclusion

Si le conflit territorial en Mer de Chine méridionale dégénérait, même une supposée garantie des USA envers Manille comme le traité de défense mutuelle pourrait s’avérer illusoire. Roland Simbulan et le juriste Pacifico Agabin (ancien doyen d’université) ont rappelé que depuis 1973, aux Etats-Unis, c’est le Congrès qui détient le pouvoir de déclarer la guerre (War Powers Resolution) et que cette mesure ne peut être prise que dans des circonstances particulières [25]. Rappelons aussi l’interdépendance économique entre Washington et Beijing: en 2013 la RPC était le troisième marché d’exportation pour les produits américains; cette place centrale de la Chine dans l’économie américaine est sans commune mesure avec celle des Philippines[26] (34e marché d’exportation). Pour l’instant, les aspects militaires du pivot et les démonstrations de force américaines visant à rassurer les alliés des Etats-Unis comportent donc une grande part de bluff [27].

 

Paris, 14 Avril 2014.

NOTES

 


[1] L’allocution du 31 Mars 2014 précède une tournée de dix jours que Hagel effectue en Asie-Pacifique. Elle débute le 2 Avril par une rencontre avec les ministres de la défense de l’ASEAN à Hawaii (US-ASEAN Defense Forum). Hagel se rend ensuite au Japon, en Chine et en Mongolie. Voir : Zachary KECK, “US Swears Asia Pivot Isn't Dead”, The Diplomat, 2 Avril 2014, <http://thediplomat.com/2014/04/us-swears-asia-pivot-isnt-dead/>.

 

[2] Hillary CLINTON, « America’s Pacific Century », Foreign Policy, 11 Octobre 2011, <http://www.foreignpolicy.com/articles/2011/10/11/americas_pacific_century>; Douglas PAAL, “The United States and Asiain 2011”, Asian Survey, Vol. 52 n°1 (Janvier/Février 2012), p. 6-14; Corentin BRUSTLEIN, « La nouvelle posture militaire américaine en Asie », Politique étrangère, Février 2013, p. 53-65.; Frédérick DOUZET et Justin VAÏSSE, « Obama, le président du pivot », Hérodote,  n° 149 (Février 2013),  p. 7-21.

 

[3] Bayani C. DILAG, “Access Issues Associated with US Military Presence in Thailand and the Philippines,” Thesis Submitted to Naval Postgraduate School Monterey, California, March 2005 cité dans Herbert DOCENA, "At the door of all the east : The Philippines in United States Military Strategy”, Focus on the Philippines - Special Reports, N°2 (Novembre 2007), <http://focusweb.org/pdf/at-the-door-of-all-the-east.pdf>.

 

[4] Ronald E. DOLAN (ed.), Philippines: A Country Study, 1991, <http://countrystudies.us/philippines/92.htm>; M.L.TAN et M.M. DAYRIT, HIV / AIDS in the Philippines, 1994, <http://www.popline.org/node/291032>.

 

[5] BRUSTLEIN, op cit ; R.CLIFF et alii, Entering the Dragon’s Lair : Chinese Antiaccess Strategies and Their Implications for the United States, RAND Corporation, 2007; DOCENA, op cit;  Jean-Loup SAMAAN, « Une géographie américaine de la menace chinoise », Hérodote, n°140 (Janvier 2011), p.103-122 ; David SCOTT, “Conflict Irresolution in the South China Sea”, Asian Survey, November/December 2012, p. 1019-1042; Michael LOSTUMBO, Overseas basing of U.S. military forces: an assessment of relative costs and strategic benefits, RAND Corporation, 2013.

[6] Yves VILTARD, Qui a peur de la Chine ? La contribution des théoriciens américains à une croyance, Collection ETUDES, Observatoire Européen de Défense / Observatoire Européen de Sécurité, Mars 2012, p.136.

 

[7] Emmanuel PUIG, « Aux origines de l'« engagement »: retour sur l'expérience formative du libéralisme américain en Chine, 1900-1930 », Raisons politiques,  n°35 (Mars 2009), p.185-205 ; BRUSTLEIN,op cit ; Bonnie S. GLASER,“Pivot to Asia: Prepare for Unintended Consequences”, 2012 Global Forecast, CSIS, 13 Avril 2012. <https://csis.org/publication/pivot-asia-prepare-unintended-consequences>.

 

[8] Voir Douglas PAAL, “The United States and Asia in 2012”, Asian Survey, Vol. 53, N°1 (Janvier-Février 2013), p.12-21.

 

[9] Jane KELSEY, “US-China Relations and the Geopolitics of the Trans Pacific Partnership Agreement”, Global Research , 11 Novembre 2013, <http://www.globalresearch.ca/us-china-relations-and-the-geopolitics-of-the-trans-pacific-partnership-agreement-tppa/5357504>; Christine AHN, “Open Fire and Open Markets: The Asia-Pacific Pivot and Trans-Pacific Partnership”, Foreign Policy In Focus, 14 Janvier 2014, <http://fpif.org/open-fire-open-markets-asia-pacific-pivot-trans-pacific-partnership/>.

 

[10] BRUSTLEIN (op cit); Adam ENTOUS & Julian E. BARNES, “U.S. Plans New Asia Missile Defenses”, Wall Street Journal, 23 Août 2012; Sheldon W. SIMON, “Conflict and Diplomacy in the South China Sea: The View from Washington”, Asian Survey, Novembre/Décembre 2012, p. 995-1018; US Department of Defense, Sustaining U.S. Global Leadership: Priorities for 21st Century Defense, Janvier 2012, <http://www.defense.gov/news/Defense_Strategic_Guidance.pdf>; Congressional Research Service, Ballistic Missile Defense in the Asia-Pacific Region: Cooperation and Opposition, 24 Juin 2013, <http://www.fas.org/sgp/crs/nuke/R43116.pdf>; US Department of Defense, 2014 Quadrennial Defense Review, Mars 2014, <http://www.defense.gov/pubs/2014_Quadrennial_Defense_Review.pdf>.

 

[11] Depuis l’éclatement de l’URSS en 1991, les dirigeants américains s’inspirent de la « doctrine Wolfowitz » visant à préserver l’hégémonie politico-militaire des Etats-Unis et à empêcher l’émergence d’une superpuissance rivale. “Our first objective is to prevent the re-emergence of a new rival (…) that poses a threat on the order of that formerly posed by the Soviet Union (…) Our strategy must now refocus on precluding the emergence of any future potential global competitor” (Undersecretary of Defense Paul WOLFOWITZ, Defense Planning Guidance for the 1994–99 fiscal years, 18 Février 1992, <http://www2.gwu.edu/~nsarchiv/nukevault/ebb245/doc03_extract_nytedit.pdf>). “Our forces will be strong enough to dissuade potential adversaries from pursuing a military build-up in hopes of surpassing, or equaling, the power of the United States” (Department of State, U.S. National Security Strategy, 2002).“China has the greatest potential to compete militarily with the United States and field disruptive military technologies that could over time offset traditional US military advantages” (Department of Defense, 2006 Quadrennial Defense Review). Voir aussi: Patrick TYLER, “US Strategy Plan Calls for Insuring No Rivals Develop A One-Superpower World.”, New York Times, 8 Mars 1992; Barry BUZAN, The United States and the Great Powers: World Politics in the Twenty-First Century, 2004, p.92-93; Yannis A. STIVACHTIS (ed.), International Order in a Globalizing World , 2007, p.44; Herbert DOCENA, op cit, chapitre IV “Preventing the Rise of  a Rival” (pp.27-35).

 

[12] Zalmay KHALILZAD et alii,The United States and a Rising China. Strategic and Military Implications, Rand Corporation, 1999; Herbert DOCENA, op cit, p.37; VILTARD, op cit, pp.8 et 65-67; GLASER, op cit.

 

[13] Sur le caractère dual du pivot US et de la réponse chinoise (offres de coopération économique auprès de l’ASEAN, assertivité accrue et recours à la dissuasion militaire face au Japon et aux Philippines), voir Joao Arthur REIS, « China’s dual response to the US ‘pivot’ », Asia Times Online, 24 Janvier 2014,<http://www.atimes.com/atimes/China/CHIN-01-240114.html>. Sur le pivot comme déclencheur d’une nouvelle guerre froide: Joseph GERSON, “Reinforcing Washington’s Asia-Pacific hegemony”, Foreign Policy In Focus, 13 Septembre 2012, <http://fpif.org/reinforcing_washingtons_asia-pacific_hegemony/>.

 

[14] Voir H.W.BRANDS, Bound to Empire: The United States and the Philippines, 1992, p.32; Howard ZINN, A People’s History of the United States, 1994, p.306; DOCENA, op cit, p.45-46.

 

[15] DOCENA, ibid; Alfred W.McCOY, Policing America’s Empire: the United States, the Philippines, and the rise of the surveillance state, 2009, p.375.

 

[16] DOCENA, op cit, p.46-48. Selon lui “Perceptions and strategies change; geography does not ”.

 

[17] Marya SALAMAT, “Aquino govt, military defend US troops’ permanent ‘visit’ under VFA”, Bulatlat, 25 Février 2012, <http://bulatlat.com/main/2012/02/25/aquino-govt-afp-defend-us-troops%e2%80%99-permanent-%e2%80%9cvisit>; Congressional Research Service, The Republic of the Philippines and U.S. Interests, 5 Avril 2012,  <https://www.fas.org/sgp/crs/row/RL33233.pdf>; “Amid protests, talks start on increased US military presence in PHL”, GMA News, 14 Août 2013, <www.gmanetwork.com/news/story/321946>; “Manila, Washington ink 'security cooperation' ahead of next round of framework agreement talks”, InterAksyon.com, 24 Août 2013,<http://www.interaksyon.com/article/69251/manila-washington-ink-security-cooperation-ahead-of-next-round-of-framework-agreement-talks>; Marya SALAMAT, “Framework agreement, new paradigm, same operations”, Bulatlat, 5 Septembre 2013, <http://bulatlat.com/main/2013/09/05/framework-agreement-new-paradigm-same-operations/>; Zachary KECK, US-Philippines Reach Deal on US Military Access, The Diplomat, 14 Mars 2014, <http://thediplomat.com/2014/03/us-philippines-reach-deal-on-greater-us-military-access/>; Carol P. ARAULLO, “US bases – Aquino gift to Obama”, Streetwise, 20 Mars 2014, <http://cparaullo.blogspot.fr/2014/03/streetwise-by-carol-pagaduan-araullo-us.html> ; “PH, US resume bases agreement talks”, Philippine Daily Inquirer, 24 Mars 2014, <http://globalnation.inquirer.net/100927>.

 

[18] Article XVIII, Section 25: “foreign military bases, troops, or facilities shall not be allowed in the Philippines except under a treaty duly concurred in by the Senate and, when the Congress so requires, ratified by a majority of the votes cast by the people in a national referendum held for that purpose, and recognized as a treaty by the other contracting State.”

Voir l’analyse de Rommel Banlaoi dans “US 'rotational presence' similar to bases pact, says political analyst”, GMA News, 13 Août 2013, <http://www.gmanetwork.com/news/story/321858>.

 

[19] Voir McCOY, op cit, p.498-520; Roland G. SIMBULAN, “The Pentagon's Secret War and Facilities in the Philippines”, Peace Review, vol.22 n°2, 2010, p.150-157. Voir aussi les travaux d’Herbert DOCENA, notamment sur la Joint Special Operations Task Force-Philippines (JSOTF-P): “Unconventional Warfare: are US Special Forces engaged in an ‘offensive war’ in the Philippines ?”, Focus on the Philippines - Special Reports, n°1, Janvier 2007, <http://www.focusweb.org/pdf/unconventionalwarfare.pdf>; “The US and the Bangsamoro Struggle: Selfish-Determination vs Self-Determination”, Août 2008, <http://www.focusweb.org/philippines/fop/aug2008/#top>.

Pour une liste d’incidents et de violations des droits de l’homme impliquant des militaires américains entre 2002 et 2010 voir Ronalyn V. OLEA, « The VFA, A History of Abuses », Bulatlat, 13 Novembre 2010, <http://bulatlat.com/main/2010/11/13/the-vfa-a-history-of-abuses/>. Sur la JSOTFP et le massacre de Maimbung (4 Février 2008) : Citizens Peace Watch, Report of the fact-finding mission to Zamboanga City and SuluFebruary 2008, Février 2008, <http://focusweb.org/philippines/docs/CPWReport.pdf>; Paul WATSON, “U.S. role in Philippine raid questioned,” Los Angeles Times, 9 Mars 2008, <http://articles.latimes.com/2008/mar/09/world/fg-deaths9>; voir également le documentaire de Al JACINTO, Hustisya (2013),<http://www.youtube.com/watch?v=cIKqI3Pln5Y>. Sur l’affaire Gregan Cardeno / Javier Ignacio (2010) : Justice for Gregan Cardeno Movement, Findings of the fact-finding mission, Mars 2010, <http://www.karapatan.org/files/1Justice4Gregan-NFFM%20Findings.pdf>; Carol P. ARAULLO , "More than meets the eye”, Streetwise, 11 Juin 2010, <http://cparaullo.blogspot.fr/2010/06/more-than-meets-eye.html>; Catherine TRAYWICK , “ In the Philippines, U.S. ‘Pivot’ Is Met with Distrust”, TIME, 23 Juillet 2012, <http://world.time.com/2012/07/23/american-pivot-to-asia-divides-the-philippines>.

 

[20] Sur Nancy Gadian: Republic of the Philippines, Affidavit of Mary Nancy P. Gadian, 26 Août 2009, <http://www.caab.org.uk/wordpress/wp-content/uploads/2008/10/nancy-gadian-affidavit.pdf>; A. M. REMOLLINO, “American Troops in Philippines Involved in Combat Operations– Ex-Navy Officer”, Bulatlat, 26 Août 2009, <http://bulatlat.com/main/2009/08/26/american-troops-in-philippines-involved-in-combat-operations-%e2%80%93-ex-navy-officer/>.

 

Pour une analyse synthétique des câbles diplomatiques américains diffusés par Wikileaks : Renato REYES, “Sifting through the WikiLeaks US Embassy Cables from Manila”, Like a rolling stone, 27 Août 2011, <http://natoreyes.wordpress.com/2011/08/27/sifting-through-the-wikileaks-us-embassy-cables-from-manila/>; Angie DE LARA, “Wikileaks bares extent of US interference in Philippine affairs”, Bulatlat, 16 Septembre 2011, <http://bulatlat.com/main/2011/09/16/wikileaks-bares-extent-of-us-interference-in-philippine-affairs/>. Concernant plus spécifiquement les opérations contre Abu Sayyaf: Jojo MALIG, « WikiLeaks cables: US forces directlyinvolved in Mindanao terror hunt », YONIP, 22 Septembre 2011, <http://www.yonip.com/wikileaks-cables-us-forces-directly-involved-in-mindanao-terror-hunt-by-jojo-malig/>.

 

Sur le rôle de l’ambassade américaine à Manille dans le programme mondial d’espionnage de la National Security Agency baptisé « Stateroom », et sur les tentatives du gouvernement philippin pour étouffer la controverse générée par les révélations de Snowden, voir Paterno ESMAQUEL II, “US spying ? PH: Envoys should follow law”, Rappler, 31 Octobre 2013, <http://www.rappler.com/nation/42634-philippines-us-listening-post-espionage-dfa>; Amando DORONILA, “Manila mutes US spying outrage”, Philippine Daily Inquirer, 7 Novembre 2013, <http://opinion.inquirer.net/64959>.

 

[21] Idem, voir la note précédente. Plus généralement, sur les activités de la Central Intelligence Agency et de la National Security Agency aux Philippines (collecte de renseignements, action clandestine, activités paramilitaires), pour la période 1946-2000, voir Roland SIMBULAN, « The CIA in Manila : Covert Operations and the CIA's Hidden History in the Philippines », conférence à l’Université des Philippines-Manille, 18 Août 2000, <http://www.derechos.org/nizkor/filipinas/doc/cia.html>.

 

[22] Les hypothèses du professeur Simbulan sur l’USS Guardian semblent être confirmées par les analystes du Ministère de la Défense français (Délégation aux Affaires Stratégiques). Voir Marya SALAMAT, “Is the US Navy installing surveillance equipment, base near Tubbataha ?”, Bulatlat, 19 Février 2013, <http://bulatlat.com/main/2013/02/19/is-the-us-navy-installing-surveillance-equipment-base-near-tubbataha/>; Benoît DE TRÉGLODÉ, « Le verrou de Balabac (Philippines), un nouveau point stratégique en Mer de Chine méridionale ? », La Lettre de l’IRSEM N°2-2013, 2 Avril 2013, <http://www.defense.gouv.fr/irsem/publications/lettre-de-l-irsem/les-lettres-de-l-irsem-2012-2013/2013-lettre-de-l-irsem/lettre-de-l-irsem-n-2-2013/enjeux-avis-de-conflit-en-mer-de-chine-meridionale/le-verrou-de-balabac-philippines-un-nouveau-point-strategique-en-mer-de-chine-meridionale>. Sur l’impunité de Washington à la suite de cet incident et les tentatives de l’administration Aquino pour étouffer l’affaire : National Union of Peoples’ Lawyers, “One year after Tubbataha Reefs disaster, groups demand action from Aquino Government”, ICHRP , 16 Janvier 2014, <http://www.humanrightsphilippines.net/2014/01/one-year-after-tubbataha-reefs-disaster-groups-demand-action-from-aquino-government/. Voir également:<http://bulatlat.com/main/?s=Tubbataha>.

 

[23] Dario AGNOTE, “U.S. marines to set up marine command post facing South China Sea”, Kyodo News, 4 Septembre 2012; DE TRÉGLODÉ, ibid ; Zachary KECK, “The Philippines is Building a New Naval Base in South China Sea”, The Diplomat, 8 Octobre 2013, <http://thediplomat.com/flashpoints-blog/2013/10/08/the-philippines-is-building-a-new-naval-base-in-south-china-sea/>; MaryaSALAMAT, “Environmentalists warn of destruction with increase in US troop presence, military facilities”, Bulatlat, 10 Octobre 2013, <http://bulatlat.com/main/2013/10/10/environmentalists-warn-of-destruction-with-increase-in-us-troop-presence-military-facilities/>; Al LABITA, “A strategic pearl for US-Philippine ties”, Asia Times Online, 7 Novembre 2013, <http://www.atimes.com/atimes/Southeast_Asia/SEA-01-071113.html>.

 

[24] Renato REYES, “Declassified documents show US stored nuclear weapons in the Philippines”, Like a rolling stone, 14 Septembre 2011, < http://natoreyes.wordpress.com/2011/09/14/declassified-documents-show-us-stored-nuclear-weapons-in-the-philippines/>. Sur l’affaire de l’USS Buchanan et ses suites: Gary BROWN, “NCND Nevermore: Death of a Cover Story”, Bulletin of Concerned Asian Scholars, vol 20 n°4 (Oct-Déc 1988), p.55-61; <http://www.nzhistory.net.nz/politics/nuclear-free-new-zealand/nuclear-free-zone>; <http://blogs.fas.org/security/2012/09/newzealand/>. Sur le traité de Bangkok (1995): <http://www.asean.org/news/item/treaty-on-the-southeast-asia-nuclear-weapon-free-zone>.

 

[25] Voir les articles de Marya SALAMATdansBulatlat: “US reassurances of support in Spratly’s conflict illusory” (15 Juillet 2011), <http://bulatlat.com/main/2011/07/15/us-reassurances-of-support-in-spratly%e2%80%99s-conflict-illusory/> et “Claims that US will aid Philippines against China just ‘fantasy’” (21 Mai 2012), <http://bulatlat.com/main/2012/05/21/claims-us-will-aid-philippines-against-china-fantasy/>.

 

[26]  Chiffres officiels du gouvernement américain:

<http://www.ustr.gov/countries-regions/china-mongolia-taiwan/peoples-republic-china>

<http://www.ustr.gov/sites/default/files/2014%20NTE%20Report%20on%20FTB%20Philippines.pdf>

 

[27] John FEFFER, “The Asia-Pacific Pivot: More Smoke Than Firepower”, Foreign Policy in Focus, 31 Janvier 2014, <http://fpif.org/asia-pacific-pivot-smoke-firepower/>.