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Communiqué final du 52e sommet de la CEDEAO (16 Décembre 2017)

52e sommet de la CEDEAOCINQUANTE-DEUXIEME SESSION ORDINAIRE DE LA CONFERENCE DES CHEFS D’ETATET DE GOUVERNEMENT DE LA CEDEAO

16 Décembre 2017, Abuja, République Fédérale du Nigeria

COMMUNIQUE FINAL

1.  La cinquante-deuxième session ordinaire de la Conférence des  Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue le 16 Décembre 2017 à Abuja, République Fédérale du Nigeria, sous  la  présidence  de  S.  E.  M  Faure  Essozimna  GNASSINGBE,  Président  de  la République Togolaise, Président en exercice de la Conférence.

2. Etaient présents à cette session, les Chefs d’Etat et de Gouvernement suivants ou leurs représentants dûment mandatés:

S.E.M. Patrice TALON, Président de la République du Bénin

S. E. M. Roch Marc Christian KABORE, Président du Burkina Faso

S. E. M.  Jorge Carlos de Almeida Fonseca, Président de la République du Cabo Verde

S. E. M. Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire

S. E. M. Nana Addo Dankwa AKUFO-ADDO, Président de la République du Ghana

S. E. Prof. Alpha CONDE, Président de la République de Guinée

S. E. M. José Mário VAZ, Président de la République de Guinée Bissau

S. E. Mme Ellen JOHNSON SIRLEAF, Présidente de la République du Liberia

S. E.M. Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République du Mali

S. E.M. Issoufou MAHAMADOU, Président de la République du Niger

S.E.M. Muhammadu BUHARI, Président de la République Fédérale du Nigeria

S. E. M. Macky SALL, Président de la République du Sénégal

S. E. M. Ernest Bai KOROMA, Président de la République de Sierra Leone

S. E. M. Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République Togolaise

S.E. Mme Fatumatta JALLOW –TAMBAJANG, Vice-Présidente de la République de La Gambie

 

Au titre des invités spéciaux ayant pris part au Sommet:

*  S.E.M. Mohamed Ould Abdel AZIZ, Président de la République Islamique de Mauritanie ;

*  S.E.M. Jalel Trabelsi, Ambassadeur de la République Tunisienne près la République Fédérale du Nigéria et la CEDEAO, représentant S.E.M. Beji Caid Essebsi, Président de la République Tunisienne ;

*  S.E.M. Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union Africaine ;

*  Dr. Mohamed Ibn Chambas, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel ;

*  Ont également pris part à ce Sommet en qualités d’observateurs, Mme Vera Songwe, Sous-Secrétaire-Général   des   Nations   Unies,   Secrétaire   Exécutif   de   la   Commission Economique pour l’Afrique et M. Abdallah Boureima, Président de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

 

3.       Etait également présent, S. E. M. Abubakar Abdulsalami, ancien Président de la République Fédérale du Nigeria.

4.       Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont pris acte du rapport annuel 2017 du Président de la Commission, ainsi que des Rapports de la 79 ème  Session Ordinaire du Conseil des Ministres et de la 39 ème  Réunion du Conseil de Médiation et de Sécurité de la CEDEAO.

5.       Ils ont salué la qualité des rapports présentés par le Conseil des Ministres, le Conseil  de  Médiation  et  de  Sécurité  et  la  Commission  ainsi  que  la  pertinence  des recommandations formulées dont la mise en œuvre contribuera à la consolidation de l’intégration régionale, de la paix et de la sécurité régionale.

6.       La Conférence a également salué l’excellent travail accompli au cours de l’année 2017 par l’ensemble des Institutions de la Communauté dans un contexte difficile au plan régional. Elle réaffirme son engagement à œuvrer à l’atteinte des objectifs de la CEDEAO de bâtir une région prospère dans un environnement de paix, de sécurité et de bonne gouvernance démocratique.

7.       Déplorant le faible niveau du taux d’intégration économique après plus de 40 ans d’existence de la CEDEAO, le Sommet a invité la Commission, en collaboration avec les  Etats  Membres,  à  accélérer  la  mise  en  œuvre  des  projets  et  programmes intégrateurs aussi bien dans le domaine des infrastructures que dans le domaine plus global  de  l’amélioration  de  l’environnement  des  affaires  et  de  la  compétitivité  des entreprises.

8.       La Conférence, après délibérations sur les points inscrits à son ordre du jour, a entériné les principales recommandations faites dans les différents rapports, et procédé à l’examen des questions spécifiques ci-après :

 

AU TITRE DE LA PERFORMANCE ECONOMIQUE ET DE LA MISE ŒUVRE DES PROGRAMMES D’INTEGRATION REGIONALE

9.       La Conférence s’est félicitée des bonnes perspectives en matière de croissance économique de la région dont le taux de progression  du PIB réel est projeté à 2,1% en 2017 et 3,1% en 2018, contre 0,2% de réalisation en 2016, principalement en raison de la reprise prévue des prix des principaux produits exportés par les États membres de la CEDEAO, ainsi que de l’amélioration de la sécurité dans les zones de production pétrolière.

10.     Afin  de  conforter  ces  résultats,  la  Conférence  a  exhorté  les  Etats  membres  à poursuivre les réformes structurelles engagées pour s’affranchir des fluctuations des cours des matières  premières et permettre à leurs économies d’être plus résilientes face aux chocs exogènes.

Concernant la création de l’union monétaire

11.     La  Conférence  s’est  félicitée  des  conclusions  de  la  4ème  session  de  la  Task Force Présidentielle sur le programme de la monnaie unique de la CEDEAO. Elle a salué les progrès réalisés par l’ensemble des Institutions de la CEDEAO impliquées dans  la  conduite  des  activités  de  la  Feuille  de  route  de  la  monnaie  unique  de  la CEDEAO  et  a  réaffirmé  son  engagement  dans  la  poursuite  et  l’accélération  de  la réalisation de l’agenda de l’intégration économique et monétaire de la CEDEAO.

12.     Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont réitéré leur ferme volonté à œuvrer à l’atteinte des objectifs des Pères fondateurs de la CEDEAO de doter la région d’une union  monétaire  en  vue  d’accélérer  la  construction  d’un espace  de  prospérité  et  de solidarité.  A  cet  égard,  ils  ont  exhorté  les  Etats  membres  à  prendre  les  mesures nécessaires pour le  respect  des principaux  critères de convergence nécessaire à la mise en place d’une union monétaire viable et crédible.

S’agissant de la libre circulation des personnes et des biens

13.     La Conférence a pris note du rapport de la mission de plaidoyer du Président de la Task Force sur le Schéma de Libéralisation des Echanges de la CEDEAO, qui a mis en exergue la persistance de barrières tarifaires et non-tarifaires ainsi que des pratiques anormales sur les corridors et les frontières des Etats Membres. La Conférence s’est félicitée des engagements pris par les Etats membres visités pour éliminer durablement les entraves identifiées.

14.     Au regard de la récurrence des pratiques anormales, la Conférence a accédé à la requête du Président de la Task Force de renforcer ses prérogatives lui permettant d’effectuer des contrôles inopinés pour débusquer des agents indélicats et d’en faire rapport aux autorités politiques des Etats membres visités.

15.     Concernant  l’union  douanière,  les  Chefs  d’Etat  et  de  Gouvernement  se  sont félicités des progrès accomplis dans le cadre de la mise en vigueur du Tarif Extérieur Commun  de  la  CEDEAO  dans  les  Etats  membres.  La  Conférence  a  instruit  la Commission d’apporter les appuis nécessaires au Cap Vert et à la Sierra Leone pour une  application  de  cet  instrument  qui  approfondit  le  processus  d’intégration  des économies.

16.     La  Conférence  s’est  félicitée  par  ailleurs  de  la  finalisation  des  travaux  sur l’élaboration d’un code des douanes de la CEDEAO. La Conférence note que le code des douanes de la CEDEAO est un instrument important qui établira un cadre juridique commun pour les procédures douanières dans tous les Etats membres de la CEDEAO et contribuera ainsi à l’amélioration de l’environnement des affaires et à la facilitation des échanges dans l’espace CEDEAO. Elle a adopté le code et a instruit la Commission d’accompagner les Etats dans sa mise en œuvre.

Accords de Partenariat Economique entre la région Afrique de l’Ouest et l’Union européenne

17.    Concernant les Accords de Partenariat Economique entre la région Afrique de l’Ouest et l’Union européenne, la Conférence a souligné la nécessité de réexaminer la situation à la lumière des évolutions récentes.

Relativement au Développement Humain

18.     S’agissant de l’éducation, la Conférence s’est félicitée des actions entreprises en matière de développement du capital humain à travers l'harmonisation des politiques et  stratégies  nationales  visant  à  encourager  la  mobilité  des  jeunes  et  le  partage d’expériences scientifiques ainsi que la promotion de la culture de la paix, et la lutte contre l'extrémisme violent.

19.     Dans le domaine humanitaire et social, les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont félicité la Commission pour l’élaboration du Cadre stratégique de Renforcement du Système national de Protection de l’Enfant pour Prévenir et Combattre la Violence, la Maltraitance et l'Exploitation des Enfants en Afrique de l'Ouest. Ce cadre va promouvoir la redevabilité et fournir des orientations et des conseils aux États membres en matière de  Protection  de  l’enfant.  Elle  invite  les  Etats  membres  à  prendre  les  dispositions diligentes pour son opérationnalisation.

Concernant le développement agricole et de la sécurité alimentaire

20.     Les Chefs d’Etat et de Gouvernement se sont félicités des résultats obtenus dans le cadre de la mise en œuvre de la politique agricole de la CEDEAO (ECOWAP) en cohérence avec la « Déclaration de Malabo 2014 » au sein de l’Union Africaine. Ils se sont  félicités  du  renforcement  de  la  coopération  avec  les  différents  partenaires techniques et financiers pour la mise en œuvre des projets régionaux et nationaux dans le secteur de l’agriculture et de la sécurité alimentaire.

21.     La   Conférence   souligne   sa   préoccupation   au   regard   de   la   campagne agropastorale qui a été mitigée et de la situation alimentaire et nutritionnelle de millions de personnes dans l’espace CEDEAO qui sont en besoin d’assistance. A cet égard elle s’est  engagée  à  mobiliser  tous  les  efforts  nécessaires  dans  les  pays  et  à  l’échelle régionale pour venir en aide aux personnes vulnérables. En vue de rendre plus résilient le  secteur  agricole,  le  Sommet  invite  les  Etats  membres  à  mener  des    politiques volontaristes  de  développement  et  de  renforcement  des  chaînes  de  valeur  agro-alimentaires.

AU TITRE DES QUESTIONS DE PAIX, DE SECURITE ET DE DEMOCRATIE

22.     La Conférence réaffirme son attachement à la paix, à la sécurité et à la stabilité dans l’espace CEDEAO qui sont des conditions sine qua non pour le développement économique durable de la région.

23.     La Conférence reste préoccupée face à l’expansion des attaques terroristes dans la région et exprime sa totale solidarité avec les pays frappés par le terrorisme. Elle réaffirme sa détermination à poursuivre, sans relâche, le combat contre le terrorisme et salue les efforts déployés aux niveaux national et régional pour prévenir et faire face à ce fléau.

24.     A  cet  égard,  la  Conférence  se  félicite  des  résultats  positifs  enregistrés  par  la Force  Multinationale  Mixte  du  Bassin  du  Lac  Tchad  dans  la  lutte  contre  le  Groupe terroriste    Boko    Haram    et    des    avancées    considérables    réalisées   dans l’opérationnalisation de la Force Conjointe du G5 Sahel pour lutter contre le terrorisme dans le Sahel.

25.     Elle  salue  l’adoption  des  résolutions  2359  et  2391  aux  termes  desquelles,  le Conseil de Sécurité des Nations Unies apporte son appui politique à la Force Conjointe du G5 Sahel et demande à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) d’appuyer en logistique et en matériel cette Force.  Elle  lance  un  appel  à  la  communauté  internationale  pour  qu’elle  apporte  le soutien financier nécessaire à l’opérationnalisation de la Force Conjointe du G5 Sahel.

26.     La Conférence encourage vivement les Etats membres de la CEDEAO à mieux partager les renseignements et informations entre eux afin de lutter contre le terrorisme dans la région. A cet effet, elle soutient l’opérationnalisation du Système d’Information Policière de l’Afrique de l’Ouest (SIPAO) destiné à accroître la capacité des services de sécurité  à  combattre  la  criminalité  transnationale  et  le  terrorisme.  Elle  instruit  la Commission,  en  étroite  collaboration  avec  les  ministres  en  charge  de  la  sécurité, d’assurer  le  suivi  de  la  mise  en  œuvre  effective  du  SIPAO  et  de  lui  en  rendre régulièrement compte.

27.     Le  Sommet  entérine  les  conclusions  et  recommandations  contenues  dans  la Déclaration de Bamako ayant sanctionné les travaux de la Conférence régionale sur la situation sécuritaire dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest tenue du 12 au 14 octobre 2017 à Bamako, République du Mali. Elle instruit la Commission de veiller à la mise en œuvre diligente de ces recommandations et de mener les consultations nécessaires pour la tenue, au premier semestre 2018 du Sommet conjoint des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO et de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) sur le terrorisme et le crime transnational organisé.

SUR LA SITUATION DES MIGRANTS AFRICAINS EN LYBIE

28.     La Conférence exprime sa profonde indignation face aux traitements inhumains infligés  aux  migrants  et  réfugiés  Africains  en  Libye  rapportés  par  les  medias.  Elle condamne avec la plus grande fermeté cet esclavage des temps modernes et s’engage à travailler avec les organisations internationales partenaires pour mettre rapidement fin à ces pratiques barbares.

29.     La Conférence se félicite des efforts entrepris par certains Etats membres ainsi que les Etats et organisations partenaires pour rapatrier les ressortissants de la région et appelle à des efforts concertés pour une action plus efficace à cet effet. Elle soutient la demande de l’Union Africaine pour qu’une enquête internationale soit diligentée et que les auteurs de ces actes criminels soient identifiés et punis.

SUR LA SITUATION EN GUINEE-BISSAU

30.     La  Conférence  a  pris  note  de  l’évaluation  de  la  situation  faite  par  le  Comité Ministériel de Haut niveau chargé du suivi de la mise en œuvre de l’Accord de Conakry suite à sa visite les 2 et 3 décembre 2017 à Bissau et regrette profondément le manque d’avancées dans le processus de paix en Guinée Bissau malgré les  décisions prises lors de sa 51ème Session ordinaire tenue le 4 juin 2017 à Monrovia, République du Libéria.

31.     La Conférence a pris note de la Feuille de route présentée par S.E.M. Mario Vaz, Président de la République de Guinée Bissau pour l’application intégrale de l’Accord de Conakry, notamment la nomination du Premier Ministre de consensus.

32.     En vue de permettre une application consensuelle de la feuille de route proposée, la   Conférence   confie   aux   Présidents   Alpha   CONDE   et   Faure   Essozimna GNASSINGBE de mener les consultations avec toutes les parties prenantes dans un délai  de  un    mois,  faute  de  quoi  des  sanctions  collectives  et  individuelles  seront appliquées à toutes les personnes qui entravent la mise en œuvre de ces accords. Elle demande à la communauté internationale, particulièrement les Nations Unies, l’Union Africaine  et  toutes les  organisations  sous régionales  d’appuyer la  CEDEAO  dans  la mise en œuvre de ces sanctions.

33.     La  Conférence  félicite  S.EM.  Alpha  Condé,  Président  de  la  République  de Guinée et Médiateur de la CEDEAO pour la Guinée Bissau, pour ses efforts soutenus de médiation.

SUR LA SITUATION POLITIQUE AU TOGO

34.     La Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement exprime sa préoccupation face   aux   tensions   politiques   persistantes   en   République   togolaise   suite   aux manifestations publiques organisées par des partis politiques réclamant les réformes constitutionnelles et institutionnelles.

35.     La  Conférence  condamne  fermement  toutes  les  formes  de  violences  et  de débordements qui se traduisent par des pertes en vies humaines, des blessés et des dégâts matériels.

36.     La Conférence se félicite des mesures d’apaisement et de décrispation adoptées par le Gouvernement togolais afin de créer un environnement  propice à l’ouverture du dialogue  national  visant  à  la  mise  en  œuvre  consensuelle  des  réformes  politiques souhaitées.

37.     Dans cette dynamique, la Conférence se félicite des initiatives déployées par la CEDEAO, en particulier les efforts louables menés par leurs Excellences, Professeur Alpha Condé, Président de la République de Guinée et Président en exercice de l’Union Africaine  et  Nana  Akufo-Addo,  Président  de  la  République  du  Ghana,  en  vue  de favoriser le rapprochement des partis politiques togolais et de promouvoir le dialogue pour une issue pacifique à la crise.

38.     La Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement lance un appel aux acteurs politiques  togolais  à  s’engager  pleinement  et  dans  les  plus  brefs  délais,  dans  un dialogue  inclusif  pour  parvenir  à  la  mise  en  œuvre  des réformes  politiques,  dans  le respect de la Constitution et des institutions démocratiques.

39.     La Conférence réaffirme sa disponibilité à continuer de suivre et d’accompagner le Togo et les acteurs politiques togolais dans le processus de dialogue et de réformes constitutionnelles engagé par le gouvernement togolais.

SUR LA SITUATION AU MALI

40.     La Conférence félicite le Gouvernement  malien pour ses efforts continus pour assurer la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation et salue la signature d'une trêve entre les belligérants, le 23 août 2017.

41.     La Conférence demeure préoccupée par la multiplication des attaques terroristes au nord et au centre du pays et réaffirme sa ferme condamnation des attaques visant les populations civiles, les Forces de défense et de sécurité du Mali, les Forces de la MINUSMA et de Barkhane.

42.     La  Conférence  salue  les  efforts  du  Gouvernement  dans  le  renforcement  des capacités des forces de défense et de  sécurité maliennes et leur redéploiement  sur l’ensemble  du  territoire  national  en  vue  d’assurer  leur  mission  régalienne  de sécurisation des personnes et des biens.

SUR LA SITUATION EN GAMBIE

43.     La Conférence salue les efforts de reconstruction, de consolidation du processus démocratique   et   de   promotion   de   la   réconciliation   nationale   engagés   par   le Gouvernement.  Elle  salue  également  la  mise  en  place  de  la  Commission  Vérité, Réconciliation et Réparations (CVRR) et exhorte le Gouvernement à veiller à ce que la volonté de rendre justice aux victimes du régime de l’ancien Président Yahya Jammeh le  soit  dans  le  strict  respect  des  lois  gambiennes  et  des  normes  et  principes internationaux.

44.     La Conférence réitère son appel à la Communauté internationale pour soutenir, de  manière  coordonnée,  les  efforts  entrepris  par  le  Gouvernement  gambien  afin d’assurer la relance économique et la stabilité du pays. Elle instruit la Commission, en collaboration avec les Nations Unies et l’Union africaine, de mettre en place et rendre opérationnel, un Groupe international de contact sur la Gambie, pour suivre l’évolution de la situation en Gambie et coordonner le soutien des partenaires en faveur du pays.

45.     La Conférence salue le rôle déterminant que joue la Mission de la CEDEAO en Gambie (ECOMIG) dans la stabilisation et la sécurisation de la Gambie. Elle instruit le Président de la Commission de prendre les mesures nécessaires pour assurer la mise en œuvre effective des décisions prises lors de sa 51 ème  Session ordinaire tenue le 4 juin 2017 à Monrovia, République du Libéria, relatives au mandat de la Force et à son renforcement.

SUR LES ELECTIONS DANS LA REGION

46.      La Conférence salue le bon déroulement des élections générales tenues le 10 octobre 2017 au Libéria et le professionnalisme avec lequel la Commission électorale nationale  et  la  Cour  Suprême  ont  géré  le  contentieux  né  de  la  proclamation  des résultats du premier tour de l’élection présidentielle.

47.     Elle  prend  note  de  la  convocation  du  corps  électoral  pour  le  second  tour  de l’élection  présidentielle  le  26  décembre  2017,  et  exhorte  la  Commission  électorale nationale à mettre en œuvre les recommandations de la Cour Suprême de manière à garantir une élection apaisée et transparente.

48.     La Conférence exhorte les deux  candidats admis  au second  tour de l’élection présidentielle, en l’occurrence M. George Weah de la Coalition pour le Changement Démocratique  et  M.  Joseph  Boakai  du  Parti  pour  l’Unité  à  mener  une  campagne pacifique  et  à  ne  recourir  qu’aux  moyens  légaux  pour  régler  tout  éventuel  différend électoral.

49.     La  Conférence    instruit  le  Président  de  la  Commission  de  suivre  de  près l’évolution du processus électoral, d’y déployer une mission d’observation électorale et d’apporter toute l’assistance nécessaire à la Commission électorale nationale.

50.     La  Conférence  prend  note  de  la  tenue  prévue  d’élections  présidentielles  et législatives le 7 mars 2018 en République de Sierra Leone et dans le courant de la même année en République du Mali. Elle instruit le Président de la Commission à suivre de près l’évolution des processus électoraux dans ces pays, à y déployer des missions d’observation à court et long terme et à apporter l’appui nécessaire aux pays concernés.

SUR LA TRANSHUMANCE

51.     La Conférence réitère sa vive préoccupation face à la multiplication des conflits liés à la transhumance dans plusieurs Etats membres et qui représentent une nouvelle menace à la sécurité régionale. Elle instruit la Commission de collaborer avec le Bureau des  Nations  Unies  pour  l’Afrique  de  l’Ouest  et  le  Sahel  afin  de  conduire  une  étude exhaustive  sur  la  question  et  recommander  des  axes  d’actions  pour  faire  face  à  ce problème.

AU TITRE DES QUESTIONS INSTITUTIONNELLES

Sur l’adhésion de nouveaux membres à la CEDEAO

52.     S’agissant  de  la  demande  d’adhésion  du  royaume  du  Maroc  en  qualité  de membre  de  la  CEDEAO,  de  la  Tunisie  en  qualité  de  membre  observateur  et  de  la Mauritanie en qualité de membre associé, la Conférence a décidé de mettre en place un comité de Chefs d’Etat et de Gouvernement composé de la République Togolaise, de la République de Côte d’Ivoire, de la République du Ghana, de la République de Guinée et la République Fédérale du Nigeria pour adopter les Termes de Références et superviser l’étude approfondie des implications de cette adhésion.

53.     La Conférence note que les questions d’adhésion au Traité de la CEDEAO ainsi que l’octroi de statut d’observateur aux pays tiers devraient être précédées par la mise en place de cadre institutionnel approprié qui devrait constituer la base juridique de telle décision.

54.     A  cet  égard,  la  Conférence  instruit  le  Président  de  la  Commission  d’engager immédiatement  le  processus  d’élaboration  d’un  Acte  communautaire  approprié  qui définira le  processus de prise de décision au sein de  la communauté en conformité avec les dispositions de l’article 9, alinéas 2 et 3 du Traité Révisé de la CEDEAO. Au titre du processus de réforme institutionnelle en cours au sein des institutions de la Communauté

55.     La Conférence a, une fois de plus, insisté sur la nécessité d’opérer les réformes structurelles  et  institutionnelles  propres  à  permettre  aux  institutions  de  la  CEDEAO d’être plus efficaces et plus efficientes.

56.     Elle a exhorté la Commission à diligenter la mise en œuvre du projet de réforme institutionnelle et veiller à la mise en place des processus de gestion du changement pouvant  assurer  le  bon  fonctionnement  des institutions  et  agences  communautaires restructurées.

57.     Au titre de la Cour de Justice de la CEDEAO, la Conférence a pris note du résultat  du  processus  de  recrutement  d’un  Juge  de  la  Cour  pour  le  compte  de  la République du Libéria. A cet égard, elle a félicité M. Yusuf Kabba retenu au poste de  Juge à la Cour de justice de la Communauté en remplacement du Juge Micah Wilkins Wright pour compléter le mandat de la République du Libéria.

58.     Conformément  à  la  décision  prise  lors  de  la  48 ème   Session  Ordinaire  de  la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement tenue les 16 et 17 décembre 2015 à Abuja,  la  Conférence  réaffirme  la  fin  des  mandats  en  cours  des  fonctionnaires statutaires pour le 28 février 2018.

59.     A cet effet, la Conférence attribue le poste de Président de la Commission de la CEDEAO à la République de Côte d’Ivoire.

60.     Le Président de la République de Côte d’Ivoire a présenté le Curriculum Vitae de M.  Jean  Claude  Brou,  actuellement  Ministre  de  l’Industrie  et  des  Mines  de  la République de Côte d’Ivoire.

61.     La Conférence approuve la nomination de M. Jean Claude Brou, en qualité de Président  de  la  Commission  de  la  CEDEAO  pour  un  mandat  de  quatre  (4)  ans  à compter du 1 er  Mars 2018.

62.     S’agissant de l’attribution des autres postes statutaires aux Etats membres, la Conférence invite le Président sortant de la Commission à travailler dès à présent avec le Président entrant pour faciliter la prise de fonction des nouveaux statutaires.

63.     La  Conférence  rend  hommage  à  Son  Excellence  Madame  Ellen  Johnson Sirleaf, Présidente de la République du Libéria, pour le leadership exemplaire dont elle a fait preuve et pour les avancées obtenues par la région grâce à son engagement pour l’intégration régionale, la paix et de la sécurité en Afrique de l’Ouest.

64.     Elle  rend  également  hommage  à  Son  Excellence  Monsieur  Ernest  Bai KOROMA, Président de la République de Sierra Leone pour son immense contribution au processus d’intégration de la région.

65.     La   Conférence   adresse   ses   chaleureuses   félicitations   à   S.E.M.   Faure Essozimna  GNASSINGBE,  Président  de  la  République  togolaise,  Président  en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement, pour son engagement permanent au service de l’intégration régionale et pour le leadership exemplaire dans la conduite des affaires de la Communauté.

66.     Les  Chefs  d’Etat  et  de  Gouvernement  félicitent  S.E.M  Marcel  A.  de  Souza, Président de la Commission, pour les mesures qu’il a prises en vue de la rationalisation du  fonctionnement  des  Institutions  de  la  Communauté  afin  de  garantir  leur  bonne gestion et de restaurer la confiance des différents partenaires,  et lui expriment leur gratitude  pour  l’excellent  travail  accompli  durant  son  passage  à  la  tête  de  la Commission.

67.     Les Chefs d’Etat et de Gouvernement expriment leur profonde gratitude à S.E.M. Muhammadu   Buhari,   Président   de   la   République   Fédérale   du   Nigeria,   au Gouvernement et au peuple nigérians, pour l’accueil chaleureux qui leur a été réservé pendant leur séjour et pour la qualité de l’organisation de la présente session.

68.     Les Chefs d’Etat et de Gouvernement décident de tenir leur prochaine session ordinaire à Lomé, République togolaise, en Juin 2018.

Fait à Abuja, le 16 Décembre 2017

LA CONFERENCE

Source: http://www.ecowas.int/communique-final-52eme-sommet-cedeao/?lang=fr

Crédits Photographiques: Jeune Afrique.