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LA CASAMANCE ET LES PERSPECTIVES DE DEMARRAGE du DDR

La Casamance est  une province méridionale du  Sénégal. Depuis bientôt un quart de  siècle, elle est affectée par une crise profonde mettant aux prises le Mouvement des Forces  Démocratiques de la Casamance, mouvement indépendantiste, au pouvoir central . Plusieurs accords de cessez- le feu signés entre les 2 protagonistes et dont le plus ancien date de 1991 doublés d’une lassitude et d’une aspiration profonde des populations à la paix permettent une accalmie en Casamance, foyer du conflit armé. Cette accalmie n’est perturbée qu’épisodiquement, tandis que  des accords généraux du 30 décembre 2004 à Ziguinchor et du 1er février à Foundiougne offrent un cadre de négociation dont la tenue tarde à se réaliser. C’est dans ce contexte que l’Agence Nationale pour la Relance des Activités Economiques et Sociales en Casamance (A N R A C ) est mise en place par Décret 2004-822 du 1er juillet 2004. L’A N RAC est chargée de la mise  en œuvre du Programme de Relance des Activités Economiques et Sociales en Casamance (‘PRAESC) élaboré en 2004. Le DDR en est une composante fondamentale. Il prend en charge les éléments structurants pour la restauration de la paix.

LA REALISATION  D’UN DOCUMENT TECHNIQUE D’ETAPE DE DDR

L’élaboration par la cellule de l’ANRAC du DDR de Casamance répond  à plusieurs préoccupations.

Un souci d’anticipation : il se fonde sur la volonté déclarée des parties en conflit d’une résolution politique et pacifique du conflit. Celle-ci devant se faire autour d’une table de négociation. En attendant, le mouvement indépendantiste dispose d’un bras armé qui, selon les estimations, ne compterait pas moins de 2000 combattants actifs ou temporairement démobilisés. Ce bras armé s’est progressivement doté d’un armement important dont les mines qui ont un impact ravageur.

L’élaboration d’un manuel de procédure de DDR puisant sa source dans les expériences tirées des conflits éteints en Afrique notamment. Il s’agit d’identifier ce qui et transversal dans ces expériences et les adapter à la Casamance tout en ne perdant pas de vue les réalités de celles propres à ce conflit.

La stratégie de mise en œuvre qui doit reposer sur le faire faire avec les structures déjà existantes ou à créer.

 

CE QUI EST PREVU EN COMPLEMENT SOUS RESERVE DE CERTAINES CONDITIONS

 

-         Des fiches techniques

Il s’agit d’identifier et de répertorier les besoins des combattants en particulier en matière de réintégration. La règle étant d’éviter de concevoir à la place des principaux concernés. Les offres doivent être corollées à la demande. Cependant, il faudra une étude des opportunités de réintégration en terme de :

-         possibilités en matière d’emploi ainsi que les conditions ;

-         les possibilités de formation qui s’offrent et les types de formation ;

-         la création d’emplois par l’identification des structures capables de le faire, et dans quelles conditions ?

 

LES CONTRAINTES A LEVER

 

La contrainte majeure est la lenteur du processus de gestion de la crise par la tenue des négociations. Si des pas importants ont été franchis par la signature des accords généraux, les négociations proprement dites tardent à se tenir du fait à la fois des problèmes internes du MFDC (divisions aux niveaux politique et militaire) que des escalades épisodiques dont la toute dernière (l’intervention de l’armée Bissau guinéenne contre les bases du mouvement indépendantiste sur son territoire) repoussent les échéances de tenue des négociations.

Les parties en conflit doivent lever cette hypothèque afin d’envisager le parachèvement du DDR.

En effet, parachever le DDR casamançais, c’est impliquer l’Etat et le MFDC dans le partage de son contenu pour sa réussite.

La prise en compte globale et intégrale du DDR. En attendant, la collectivité des bailleurs par la Banque mondiale ne prend en compte que la démobilisation et le désarmement. Pour la réintégration, seul l’aspect formation est pris en charge. Or, la formation est une dimension aussi essentielle que les deux autres. La paix durable, voire définitive en dépend. Même si par ailleurs la problématique de « la prime à la rébellion » est encore persistante.

Dans sa stratégie de mise en œuvre du DDR, l’ANRAC a opté pour l’érection d’antennes départementales. Par delà l’aspect institutionnel, elles contribueront à ratisser large et à prévenir toute discrimination qui serait grosse de danger au vue des frustrations qui pourraient en découler.

 

Le programme de DDR en Casamance est encore à l’état de projet. Les engagements politiques sont proclamés mais l’absence d’accords définitifs et inclusifs retarde sa mise en œuvre.

 

 

 

 

Nouha  CISSE

Historien