Home Actualités Débats
Débats


L'Afrique face aux Combattants Terroristes Etrangers PDF Imprimer Envoyer
Écrit par abdoulaye Maiga   
Dimanche, 18 Mars 2018 17:14

L’Afrique face à la menace des Combattants Terroristes Etrangers (CTE)

Résumé :
La lutte contre le terrorisme international vient de connaitre une avancée avec l’adoption d’une résolution 2178 du Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) dédiée à la prévention et à la répression des Combattants Terroristes Etrangers.
Au regard de l’adoption de la résolution 2178  qui ne s’est pas faite ex-nihilo, d’autant plus que la menace des CTE remonte à un passé lointain, il est utile d’identifier les conséquences de la menace des CTE ainsi que les implications de la résolution 2178 en Afrique, en particulier dans un contexte sécuritaire très rude marqué par la montée en puissance de l’Etat Islamique.

Mots/Notions clefs : Djihadisme ; Combattants Terroristes Etrangers ; Etat Islamique ; migrations.

Auteur : Dr Abdoulaye MAIGA
Introduction Générale :
Loin de constituer un îlot à l’abri du terrorisme et à l’instar d’autres continents, l’Afrique subit pleinement cette menace qui l’endeuille et obère son développement.  Pour y faire face, les Etats africains, ont très tôt entrepris des efforts prémonitoires, comme en atteste l’adoption de la Convention de l’Organisation de l’Unité Africaine sur la prévention et la lutte contre le Terrorisme, adoptée à Alger, le 14 Juin 1999.
Toutefois, force est de constater que malgré ces efforts, le terrorisme ne cesse de faire plus de victimes, soit 6789 civils tués en 2014 suite à 789 incidents terroristes, selon le Centre Africain d’Etudes et de Recherche sur le Terrorisme.
En dehors du cadre régional africain, l’Organisation des Nations Unies qui représente le cadre universel, joue également un rôle très important, en particulier dans la production normative. Et, justement, la résolution 2178 constitue l’une des récentes normes importantes adoptées par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, lors de sa 7272ème séance, le 24 septembre 2014.
Dans les lignes qui suivent, il ne sera question que de terrorisme international djihadiste, qui sans être la seule forme de terrorisme, n’en demeure pas moins, la forme la plus virulente.
La résolution 2178 a pour but de lutter contre les CTE, qui sont définis comme étant : « des individus qui se rendent dans  un  État  autre  que  leur  État  de  résidence  ou  de  nationalité,  dans  le  dessein  de commettre, d’organiser ou de préparer des  actes de terrorisme, ou afin d’y participer ou de dispenser ou recevoir un entraînement au terrorisme, notamment  à l’occasion d’un conflit armé ».
Etant donné que l’émergence de menace terroriste précède de plusieurs années l’adoption de la résolution 2178, nous constatons qu’elle consacre une ancienne réalité djihadiste, qui est aussi vielle que le djihadisme lui-même, eu égard aux particularités de cette idéologie (A) et à des applications antérieures de la migration terroriste (B).
⦁    Les particularités du djihadisme
L’un des points communs entre Al-Qaïda et l’Etat Islamique (EI), est sans doute leur adhésion à l’idéologie djihadiste, appelée encore le salafisme djihadiste.
Pour bien comprendre cette idéologie, il est impératif de souligner qu’étymologiquement, le Salafisme est dérivé du mot arabe « salaf »  qui signifie les ancêtres. Il prône un retour à la pratique de l’Islam, telle que l’exerçait les ancêtres, c’est-à-dire un respect rigoriste de la sunna (le Coran, les hadiths et la sira) et exclu d’office, toute exégèse.
Egalement, le salafisme constitue l’une des sous branches du sunnisme, qui lui-même représente avec le chiisme, les 2 principales déclinaisons de l’Islam.
Sans avoir la prétention de jeter l’opprobre sur tous les salafistes, il important d’insister sur le fait que l’adhésion au salafisme ne fait pas de ses partisans des acteurs violents, car le Salafisme se subdivise en 2 grandes variantes : le Salafisme Cheikhiste et le salafisme djihadiste ou le djihadisme. Si la 1ère variante demeure non violente, on ne saurait en dire de même concernant la seconde variante, qui use de la violence pour imposer une certaine pratique de l’islam.
A l’instar de toute idéologie, le djihadisme a ses concepteurs. Parmi ceux-ci, figure Abdallah Azzam (1941-1989) un théologien palestinien. Il est considéré comme l’une des figures principales du djihadisme, au point d’être celui dont : « la vie, les enseignements et les œuvres » ont marqué tous les djihadistes .
Son chef d’œuvre, est un document datant du 20 Avril 1986, dans lequel il énumère les obligations ci-dessous, à l’endroit de tous les musulmans :
⦁    La défense des terres musulmanes ;
⦁    La participation de tous les musulmans au djihad, à l’exception des personnes suivantes : « l’aveugle, le malade en phase terminale, l’invalide, l’homme, la femme ou l’enfant opprimés qui ne peuvent pas partir et rejoindre le champ de bataille »
Pour d’avantage obtenir la participation des musulmans au djihad, Azzam, affirme d’une part, que tout refus de participer au djihad constitue un péché et considère tout éventuel récalcitrant à un non croyant, et d’autre part,  il retient la culpabilité collective des musulmans pour avoir refusé le djihad en Palestine et en Afghanistan.
Dans ce document, considéré comme son testament, Azzam sublime le djihad en le considérant comme l’unique voie salvatrice de survie et de rayonnement de l’Islam.
La position marginale d’Azzam n’est nullement issue des sources de l’Islam, que sont le Coran puis les Hadiths. En effet, il est utile de préciser que le djihad, qui est un mot arabe, signifiant littéralement « fournir un effort ». Il revêt deux formes, que sont le djihad majeur et le djihad mineur. Le premier est un exercice auquel tous les musulmans devraient se soumettre en permanence, pour lutter contre la tentation de faire du mal, il est surtout« un combat contre soi-même, contre ses passions ». Quant au second, historiquement, il a été pratiqué par les musulmans, suite à une attaque des Mecquois en 624, contre le prophète Mohammed et sa communauté, afin d’annihiler la volonté de ces derniers de retourner à la Mecque. En guise de réaction, le Prophète a invité ses fidèles à se défendre physiquement contre l’agresseur.
A la suite de cette précision sur les types de djihad, nous pouvons définir le salafisme djihadiste comme étant une idéologie révolutionnaire utilisant le djihad mineur, qui était historiquement pratiqué en cas de légitime défense, pour perpétrer des actes terroristes dans le but d’atteindre des objectifs politiques, à savoir : l’application de la charia ; la pratique de l’islam salafiste ; le rétablissement du califat islamique.
En application des obligations du djihadisme, le cadre de référence du musulman demeure le califat et sa foi et non sa nationalité ou son Etat d’origine. Par conséquent, la migration du musulman constitue un déterminant fondamental du djihadisme, ce dernier doit impérativement « secourir » ses coreligionnaires.
⦁    L’Afghanistan : application initiale de la migration djihadiste
L’histoire nous offre quelques applications antérieures de la mobilisation de combattants djihadistes pour lutter contre des non musulmans. L’une des plus illustratives, est sans nul doute, le conflit en Afghanistan.
Le 24 Décembre 1979, l’URSS soucieuse d’installer un régime communiste en Afghanistan, envahit cet Etat avec 40.000 soldats dans le cadre de l’opération « Prague ».
S’il est vrai que l’implantation de l’URSS s’est faite sans grande difficulté dans les premiers jours, cette dernière fera face ultérieurement à une redoutable résistance armée de la part de certaines tribus locales, appuyées par des combattants étrangers provenant majoritairement d’Etats arabes. Ils se faisaient appeler l’armée des moudjahidines, c’est à dire « les combattants de Dieu ».
Bien que n’ayant pas été considérés comme des terroristes à l’époque ,du moins du côté des pays occidentaux, les moudjahidines se sont mobilisés sur la base des préceptes d’Azzam et ont assimilé l’invasion soviétique à une guerre contre l’islam.
Le regroupement des moudjahidines, premier de son genre, était d’autant plus symbolique, qu’il permettra l’émergence d’acteurs, de leaders, qui joueront un rôle fondamental dans le développement du terrorisme international. Parmi ceux-ci, figurait l’Oussama Ben Laden, que Mokeddem considère comme: « l’une des figures les plus radicales à même d’attirer vers elle les activistes de la mouvance islamiste à partir des pays arabes ». Ben Laden s’impliquera profondément pour rassembler des combattants contre l’envahisseur soviétique au nom du Djihadisme.
La première application de la migration djihadiste a vu la participation de 35000 combattants provenant de 43 pays, qui ont fortement appuyé la résistance locale afghane entre 1982 et 1992 et ont réussi, grâce à d’autres facteurs, à obtenir le départ des militaires soviétiques de l’Afghanistan, le 15 Février 1989. L’URSS aurait perdu plus de 15.000 militaires dans le conflit.
Plusieurs années après l’Afghanistan, d’autres combattants étrangers migreront en Irak puis en Afghanistan pour se battre contre les Etats Unis d’Amérique et ses alliés, respectivement en 2001 et en 2003.
Il ressort de ce développement que la résolution 2178 a pour objet une menace relativement ancienne. Il est vrai que son adoption a été très fortement marquée par la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Toutefois, son utilité va au-delà du Moyen-Orient, car d’autres théâtres d’opérations djihadistes situés notamment en Afrique (Première partie) font face à la menace des Combattants Terroristes Etrangers, comme en témoigne l’implantation l’EI sur le continent africain (Deuxième partie).

Première partie : aperçu de la menace des CTE au Moyen-Orient et en Afrique.
Pour bien appréhender cette menace, il est utile de mettre en exergue la situation du terrorisme au Moyen Orient, théâtre djihadiste ayant favorisé l’adoption de la résolution 2178 par le CSNU (A) toutefois, et afin de mieux analyser la menace des CTE en Afrique, nous verrons dans quelle mesure la résolution 2178 s’appliquerait en Afrique (B).
⦁    La menace des CTE au Moyen Orient : fondement de la résolution 2178
La montée en puissance de certains groupes terroristes en Syrie et en Irak, notamment l’EI, a  motivé l’adoption de la résolution 2178. En outre, l’impact provoqué par le déplacement de milliers de djihadistes en Syrie et en Irak a poussé les auteurs de la résolution 2178 à faire de la menace des CTE « un phénomène ».
Ce qualificatif nous paraît problématique, à plus d’un titre. Après avoir présenté les origines lointaines de la menace des CTE dans les propos introductifs, par conséquent, celle-ci ne mériterait plus d’être considérée un phénomène, c’est-à-dire une : «…chose qui se fait remarquer par son caractère extraordinaire, singulier, exceptionnel». Toutefois, si la menace des CTE n’est pas un phénomène, il n’en demeure pas pour autant que sa manifestation contemporaine revêt des éléments phénoménaux. Parmi ceux-ci on peut citer trois facteurs : la nature suis generis de l’Etat Islamique ; l’ampleur de la menace des CTE ; le rôle d’Internet.
⦁    La nature sui generis de l’Etat Islamique :
Afin de démontrer la nature phénoménale de l’EI, il est très utile de déterminer au préalable, ce qu’est un groupe terroriste djihadiste ?
Pour répondre à cette question, le Professeur Samir Saul, identifie 4 générations de terrorisme, suivant une évolution historique :
⦁    Le terrorisme primaire, soit la commission d’actes terroristes par des individus isolés ;
⦁    Le terrorisme étatique visant à purger les ennemis d’une révolution en utilisant l’appareil d’Etat à l’image de la révolution française ;
⦁    Le terrorisme groupusculaire qui est mis en œuvre par des organisations clandestines. L’auteur cite, à titre exemplatif : l’Organisation Armée Secrète, le groupe Stern et l’Irgoun.
⦁    Le terrorisme sponsorisé, qu’il définit comme celui: « commandité par des États (…) Des États parrains prennent en charge des djihadistes et s’en servent comme supplétifs, sous-traitants ou troupes de choc pour des guerres par procuration contre d’autres pays. Ils ont pour mission de déstabiliser, dévaster et détruire de l’intérieur ».
L’auteur cite parmi les groupes terroristes sponsorisés, les moudjahidines Afghans et l’appui qu’ils ont reçu notamment de la part des USA et de l’Arabie Saoudite. Il poursuit en alléguant que ces moudjahidines ont donné naissance à Al-Qaïda qui est : «  la matrice du djihadisme mondialisé » et il estime enfin que l’OEI n’en est qu’: « un rejeton ». Il a clairement établi que l’EI ait appris d’Al-Qaïda en termes de stratégie, de mode opératoire et surtout des échecs de ce dernier.
Un groupe terroriste djihadiste serait un regroupement structuré d’individus partageant l’idéologie djihadiste et agissant par la violence pour réaliser des objectifs déterminés.

L’EI à son apogée contrôlait un territoire d’environ 250.000 Km2 ; il avait des structures politico-administratives administrant une population d’environ 12 millions de personnes. Au surplus, il possède son drapeau, battait monnaie et avait un système judiciaire. Toute cette organisation reposait sur une force combattante d’environ 200.000 personnes. En somme, l’EI avait presque tous les attributs d’un Etat. En considérant ces facteurs, nous hésiterons à classer l’EI parmi les groupes terroristes, car ceux-ci se caractérisent principalement par la clandestinité et l’approche asymétrique dans leurs modes opératoires.
L’EI se situe en réalité entre deux entités distinctes : un Etat et un groupe terroriste. Ainsi, il constitue une organisation infra-étatique et supra groupusculaire.
⦁    L’ampleur :
L’ampleur est le deuxième élément exceptionnel lié à la menace actuelle des CTE. Nous examinerons ce facteur au double plan quantitatif et qualitatif.
⦁    L’angle quantitatif :
Des estimations croisées par le CAERT, le nombre de CTE au Moyen-Orient oscille entre 21976-28963. Une telle proportion phénoménale n’a jamais été atteinte auparavant. Selon les mêmes données, environ 100 Etats ont au moins un citoyen dans les rangs de l’EI.
⦁    L’angle qualitatif :
Il nous permet d’interroger l’origine géographique des CTE qui rejoignent l’EI. Cet exercice nous révèle la présence massive de CTE occidentaux au Moyen-Orient, en particulier les Etats suivants : Etats-Unis d’Amérique ; France, Grande Bretagne ; Suède etc…
Ce dernier constat a le mérite de mitiger l’opinion répandue qui consiste à lier la cause du terrorisme à la situation politique ou socio-économique. Sans nous engager dans la recherche des déterminants de cette migration terroriste occidentale, nous constatons le déséquilibre patent, en termes d’Indice de Développement Humain entre ces Etats occidentaux et d’autres Etats ayant leur ressortissant parmi les CTE au Moyen-Orient.
⦁    Le rôle d’Internet :
Vecteur de la mondialisation, Internet a contribué à faire du monde un village planétaire, grâce aux services qu’il offre, à savoir : le courrier électronique (e-mail) ; le Web (les pages avec liens et contenus multimédia de ses sites Web) ; l'échange de fichiers par FTP (File Transfer Protocol) ; les communications téléphoniques et la transmission de vidéos et d'audio en direct (ou streaming).
Au fil de son développement, cet outil qui apparaissait initialement comme exclusivement porteur de vertus, est de plus en plus objet de controverses entre le partisans d’un contrôle d’Internet et ceux qui militent pour une liberté totale sur la toile, à cause des menaces et risques  du fait de son par les groupes terroristes.
Aujourd’hui, les experts remarquent l’excellente maitrise d’Internet par l’EI, qui a de très loin dépassé Al-Qaïda, initiateur de l’usage d’Internet à des fins djihadistes.

Qu’est ce qui peut bien pousser un groupe terroriste à utiliser Internet ?
Différents auteurs et organisations se sont penchés sur la question, en avançant des arguments. Ainsi, pour l’ONUDC, les groupes terroristes utilisent internet pour 6 raisons : la propagande (recrutement, la radicalisation et l’incitation au terrorisme); le financement la formation; la planification ; l’exécution et le cyber attaque. Ces raisons sont partagées presque totalement par le Professeur Weismann qui insiste, à la différence de l’ONUDC, sur l’usage d’Internet comme arme psychologique afin de : « de miner la détermination des adversaires, de susciter dans leurs rangs des  complices  ou  des  alliés,  d'obtenir  d'opinions  publiques  apeurées  et  trompées  les  abandons  souhaités, de remporter enfin de véritables victoires sans recourir à la violence, ou en la localisant et en la limitant »
La nécessité de circonscrire les éléments phénoménaux liés à la menace des CTE ont justifié l’urgence et la nécessité d’adopter la résolution 2178. Cette dernière a été très fortement influencée par la situation sécuritaire au Moyen Orient, comme en atteste le constat des auteurs de la résolution 2178, qui ont affirmé que les CTE « contribuent  à  intensifier  les  conflits,  à  les  prolonger  et  à  en  compliquer singulièrement  le  règlement ». Les termes des propos décrivent exactement la situation syrienne, où la communauté internationale rencontre du mal à séparer les groupes armés des groupes terroristes. En outre, la résolution fait « particulièrement » référence expressément à l’État islamique en Iraq et du Levant et son rôle dans la sélection et le recrutement des CTE.
⦁    La menace des CTE sur les théâtres d’opérations djihadistes en Afrique, avant l’implantation de l’EI :
⦁    L’identification des théâtres d’opérations des CTE en Afrique.
De l’analyse de la définition des CTE, il ressort que le CSNU a ciblé 2 objectifs finaux recherchés par les migrants djihadistes : les actes de terrorisme et l’entrainement au terrorisme. En fonction de ces objectifs, il y a des objectifs intermédiaires, comme l’atteste l’emploi de la conjonction de coordination « ou » marquant le choix entre les différents objectifs intermédiaires. Lorsqu’il s’agit des actes de terrorisme, comme objectif final, les CTE migrent pour deux raisons, à savoir : « commettre, organiser » ou « préparer » ; quant au second objectif final, l’entrainement au terrorisme, les CTE ont le choix entre 3 possibilités : « participer » ; « dispenser » ; « recevoir ».
Aussi, la résolution 2178 donne des précisions sur le processus de migration des CTE, en répartissant les Etats en 3 catégories : « les  États  d’où  ils  viennent » ;« ceux  par  lesquels  ils  transitent » ; « et  ceux  où  ils  se rendent ». Parmi ces 3 catégories d’Etats, nous nous intéresserons particulièrement à la destination des CTE, car c’est à partir de ce lieu que la majorité des objectifs intermédiaires peuvent se réaliser cumulativement. Les multiples avantages offerts par ces lieux en font des sanctuaires.
En appliquant la résolution 2178 à l’Afrique, et en opérant le choix délibéré de ne pas différencier les objectifs intermédiaires recherchés par les CTE, on retrouve des zones géographiques africaines qui correspondent aux déterminants précités. Ces zones géographiques dont question, sont soit à cheval sur au moins 2 Etats ou sont situés non loin des frontières entre plusieurs Etats, en général ces zones sont faiblement sécurisées, faisant d’elles des zones grises.
Nous avons identifié trois zones grises du djihadisme en Afrique, à savoir : l’espace sahélo-saharien ; le bassin du Lac Tchad et la Corne de l’Afrique.
C’est également dans ces zones qu’opèrent des groupes terroristes inscrits sur la liste établie par le Comité du Conseil de Sécurité, suite aux Résolutions 1267 (1999), 1989 (2011) et 2253 (2015) concernant l’EIIL (Daesh), Al-Qaida et les personnes, groupes, entreprises et entités qui leur sont associés.
Les groupes et entités terroristes opérant en Afrique et inscrits sur la liste précitée, sont mentionnés dans le tableau ci-dessous, comme suit :
Zones grises    Nom des groupes et entités
L’espace sahélo-saharien    ⦁    Al-Mourabitoune ;
⦁    Al Mouakaoune Biddam (les signataires du pacte par le sang) ;
⦁     Al-Qaida au Maghreb Islamique,
⦁    Mouvement pour l’Unification et le Jihad en Afrique de l’Ouest ;
⦁    Ansar Dine
Le Bassin du Lac Tchad    ⦁    Boko Haram ;
⦁    Ansaru
La corne de l’Afrique    ⦁    Al-Shebbab ;
⦁    Al-Haramain: Ethiopia branch ;
⦁    Al-Haramain Foundation (Union of the Comoros);
⦁    Al-Haramain Islamic Foundation (Somalia);
⦁    Al-Haramayn Foundation (kenya);
⦁     Al-Haramayn Foundation (Tanzania);
⦁    Al-Itihaad al-Islamiya /Aaiai;
⦁    Global Relief Foundation.

⦁    Les profils des CTE en Afrique:
La question des CTE opérant en Afrique ne semble pas faire l’objet du même intérêt que celui accordé à la même menace au Moyen Orient, comme l’atteste l’abondance de données statistiques et d’articles scientifiques. Or l’Afrique n’est pas en reste, loin s’en faut.
Nous avons identifié deux  types de CTE qui alimentent le terrorisme dans les zones grises du terrorisme djihadisme en Afrique, il s’agit des CTE africains et des CTE non africains.
⦁    Les CTE africains : il s’agit de tout individu dont l’Etat de résidence ou de nationalité situé en Afrique, migre pour rejoindre un théâtre d’opérations terroriste situé en Afrique, c’est-à-dire dans l’une des zones grises. Les CTE emblématiques africains sont : Mokhtar Belmokhtar de nationalité algérienne (l’espace sahélo-saharien) ; Aboubacar Shekau de nationalité nigériane (Bassin du lac Tchad) ; Oumar Abou Oubaïda de nationalité somalienne (la corne de l’Afrique).
⦁    Les CTE  non africains : ce sont des individus, originaires et/ou venant d’Etats situés en dehors de l’Afrique et qui ont rejoint les théâtres d’opérations terroristes situés en Afrique.
A l’absence de statistiques concernant la menace des CTE africains, s’ajoute la faible prise en compte de la participation de non-africains au djihad en Afrique, malgré les alertes données, à l’instar de celle du Vice-président Kenyan William Ruto qui a annoncé que : «des combattants étrangers, dont certains Européens, sont sur le terrain dans la Corne de l’Afrique».
Les CTE jouent un grand rôle dans l’intensification du djihadisme en Afrique, aussi bien dans l’incitation au terrorisme que dans la perpétration d’actes terroristes. On peut évoquer à  l’appui de cette affirmation, le cas de la secte prosélytique pakistanaise Dawa-Al Tabligh qui promeut la pratique d’un Islam radical. D’ailleurs, elle a joué un rôle non négligeable dans la radicalisation de Iyad Ag Ghali, chef du groupe terroriste Ansa Dine.
Concernant la perpétration d’actes terroristes par les CTE non africains, le cas de la Britannique Samantha Lewthwaitereste significatif. Surnommée la veuve blanche et opérant auprès des Al-Shabaab, elle est suspectée d’avoir activement participé à l’attentat contre un centre commercial de Nairobi, le 21 Septembre 2013, ayant entrainé la mort de 63 personnes, ainsi que celui de l’Université de Garissa, ayant eu lieu, le 02 Avril 2015 et qui a entrainé la mort de 148 personnes.
Dans l’espace sahélo-saharien, on peut évoquer le cas de Gilles le Guen, un djihadiste français qui combattait auprès d’AQMI et qui a été interpellé par l’Armée Française, le 29 Avril 2013, lors de l’opération Serval.
S’il est vrai que la menace des CTE n’est pas nouvelle en Afrique, il ressort, tout de même que l’implantation de l’EI en Libye amplifiera la menace.

Deuxième partie : l’amplification des menaces posées par les CTE en Afrique, suite à l’implantation de l’EI en Libye.
Avant de présenter les différentes menaces que pose la présence de l’EI (B) il est tout indiqué d’évaluer  au préalable sa présence en Libye (A).
⦁    La présence de  l’Etat Islamique en Libye :
Plusieurs sources attribuent la présence de l’Etat Islamique en Libye au vide sécuritaire crée par la chute de Kadhafi en Octobre 2011. Les terroristes auraient profité « du chaos ambiant »du fait notamment des oppositions politiques et des actions des milices lourdement armées.
Pour bien évaluer la situation sécuritaire en Libye, il est très important de présenter la Libye avant la chute de Kadhafi, ce qui permettra également de comprendre l’intérêt que portent les groupes terroristes, dont l’EI, pour cet Etat.
La Libye couvre une superficie de1 759 540 km2 peuplé, il est peuplé d’environ 6 millions et demi d’habitants, avec un PNB de 62 milliards de dollars. En outre, selon la Corporation nationale pétrolière d'Etat de la Libye, la production nationale s’élevait à 1,5 million de barils le jour, faisant de la Libye le 4ème producteur de pétrole en Afrique après le Nigéria.
Sur le plan militaire, la situation n’était pas moins bonne. Le budget de la défense était estimé à 1.3 Milliards de Dollars et l’armée libyenne était l’une des mieux équipées d’Afrique. L’on comprend alors, la facilité relative avec laquelle les milices ont pu s’armer lourdement et puissamment en pillant les dépôts d’armes, faisant ainsi de la Libye « un arsenal à ciel ouvert »
L’implantation de l’EI en Libye, a donc été aisée grâce d’une part à la disponibilité des armes et d’autre part à la paralysie politique de la Libye, caractérisée par l’existence de 2 gouvernements et de 2 parlements, respectivement à Tobrouk et à Tripoli, le tout sur fonds d’affrontements entre milices.
L’EI occupait 20% du territoire Libyen tel que l’illustre la carte ci-dessous, avec une force combattante d’environ 5000 combattants.
Selon un rapport du Conseil de Sécurité, il se financerait de deux  façons, d’un côté, localement, grâce aux trafics multiformes, notamment celui des drogues, des migrants, les revenus issus des rançons contre kidnapping, de l’autre côté grâce au soutien financier envoyé par l’EI en Irak au Levant, qui dispose de plus de ressources financières, issues essentiellement de la contrebande de pétrole.

Pour l’instant la contrebande de pétrole par l’EI en Libye n’est pas une source de financement, à la différence de la Syrie, la preuve est qu’il détruit ces infrastructures pétrolières, certainement pour mieux fragiliser les autorités en place et entraver le règlement du conflit.

⦁    Les menaces proprement dites :
Au regard, de cette implantation de l’EI en Afrique, il ressort les menaces suivantes : une amplification de la migration djihadiste (A) ; la diffusion de la menace en direction des Etats voisins (B) ; la « coopétition » entre l’EI et AQMI (C)
⦁    L’amplification de la migration djihadiste :
L’implantation de l’EI en Libye a suscité 3 types de migrations, symbolisés par les « 3R » à savoir : le retour ; le repli ; le ralliement.
⦁    Le retour :
Il consiste pour des combattants terroristes qui ont évolué auprès de l’EI au Moyen Orient ou en Lybie à regagner leur Etat d’origine ou de départ situé en Afrique. Ces retournés suscitent l’inquiétude sur le plan sécuritaire, car leurs intentions sont souvent ignorées de même que leur identification. L’attentat contre un hôtel de Sousse commis le 26 Juin 2015 par Seifeddine Rezgui un tunisien, vraisemblablement formé par l’EI en Lybie, constitue un exemple de la menace posée par ces combattants terroristes appelés « les retournés ».
⦁    Le repli :
C’est un mouvement rétrograde planifié des combattants terroristes fuyant le Moyen Orient, à cause des opérations militaires en cours, vers une autre zone plus sûre, que constitue la Lybie.
En effet, la situation politique et sécuritaire en Libye, contribue à faire de cet Etat une zone de repli pour l’Organisation de l’Etat Islamique. La menace du repli peut être illustrée par la présence de combattants terroristes non africains en Lybie, parmi lesquels figurait Abou Nidal de nationalité iraquienne, chef de l’Etat Islamique à Derna.

⦁    Le ralliement :
Il s’agit du regroupement opéré par les sympathisants et autres sympathisants africains ou autres, de l’EI, convaincus par les idéaux djihadistes ou tentés par l’aventure, et qui par faute de moyens financiers, logistiques ou par respect des consignes de l’EI au Moyen-Orient, se dirigent vers la Lybie qui est plus accessible.
Les sources ouvertes relatent, quasi-quotidiennement des arrestations sporadiques par la police de jeunes africains ou européens se rendant en Lybie pour rejoindre l’EI.
⦁    La diffusion et/ou l’aggravation de la menace djihadiste en Afrique :
Il est utile de préciser que l’implantation de l’EI en Libye s’est effectuée dans un contexte de reconfiguration marquée par l’allégeance de 5 groupes terroristes africains à l’EI, entre 2014 et 2015, à savoir :le Conseil Consultatif de la jeunesse Islamique « MajilisShuraShabab al-Islam » en Lybie ; les soldats du califat « Jund al-Khilafah », en Algérie et en Tunisie ; Ansar Baït al-Maqdis en Egypte, devenu province de l’EI dans le Sinaï et enfin, la province ouest africaine de l’EI Islamique (Wilāyat Gharb Ifrīqīyyah), anciennement Boko Haramà l’EI.
Fort de cette présence, l’EI a multiplié les attentats spectaculaires en Libye et dans les Etas voisins, on peut citer :
⦁    le kidnapping, suivi de la décapitation du touriste français Hervé Gourdel, le 24 Décembre 2014 en Algérie ;
⦁    l’attaque du musée du Bardo en Tunisie, le 18 Mars 2015 ;
⦁    l’attaque contre l’hôtel Corinthia, le 27 Janvier  2015 en Libye ou encore la décapitation des 21 Egyptiens coptes, le 15 Février 2015 et celle des 28 Ethiopiens de confession chrétienne, le 19 Avril 2015, en Libye.
⦁    Les attaques terroristes coordonnées et audacieuses contre l’armée égyptienne dans le nord-Sinaï en Egypte, le 1er Juillet 2015 ;
⦁    Les attentats réguliers dans les Etats riverains du Lac Tchad, dont ceux de Ndjamena contre la Police, le 15 Juin 2015 ;
⦁    L’attentat dans le Sinaï contre un avion d’une compagnie russe, le 31 Octobre 2015 ;
⦁    l’attaque audacieuse contre la ville de Ben Guerdène, survenue le 07 Mars 2016.
⦁    La « coopétition » entre l’EI et Al-Qaïda
Le terme coopétition est un néologisme combinant deux termes : la compétition et la coopération. Bien avant l’EI, c’est d’abord Al-Qaïda qui a réussi à créer des filiales en Afrique, parmi lesquelles Al-Qaïda au Maghreb Islamique et les Al-Shebbab. Après s’être opposé en Syrie, l’Afrique constitue dorénavant le nouveau théâtre de confrontations entre ces groupes djihadistes, essentiellement sous deux formes :
⦁    Une opposition armée entre les 2 mouvances, comme celle qui a eu lieu à Derna en Libye, le 9 juin 2015, suite à l’assassinat par l’EI de Nasser al-Aker, leader de la brigade des martyrs d’Abu Salim. Cette unité est un groupe armé du Conseil de la Choura des Moudjahidines proches d’Al-Qaïda ;
⦁    une escalade macabre contre les populations civiles, les symboles étatiques. Pour occuper l’espace médiatique, les groupes djihadistes se lanceraient à une démonstration de force, dont le vainqueur sera celui qui aurait réussi à être plus létale.
⦁    Une compétition sporadique entre les deux groupes terroristes. Pour mieux accentuer la menace terroriste et faire face aux opérations de contre-terrorisme, les terroristes seront tentés de mutualiser leurs forces.
⦁    
Conclusion Générale :
Si l’Afrique pendant plus d’une décennie n’arrive pas à « éliminer » le terrorisme, djihadiste notamment, il est à craindre que l’arrivée de l’EI ne complexifie davantage cette lutte.
Face à la migration djihadiste, il est très urgent d’adopter des mesures idoines, parmi lesquelles, le contrôle des frontières, pour justement maitriser dans un premier temps les 3R, avant de pouvoir l’interdire. Toutefois pour que ce contrôle soit un réel succès, il est impératif de renforcer les capacités des Etats à surveiller leurs frontières nationales, aussi la coopération internationale pourrait jouer un rôle important dans cette lutte. A ce sujet, il ressort des médias que la Tunisie a réussi à identifier 3000 de ses ressortissants qui ont rejoint l’EI en Libye et au Moyen Orient. Ce résultat très appréciable mériterait d’être partagé avec tous les Etats, en particulier les Etats voisins. Il est quasiment certain que ces individus, se sachant rechercher, ne risqueront pas de se présenter à un poste frontalier tunisien, bien au contraire, ils tenteront une manœuvre de contournement pour rejoindre la Tunisie ou tout autre Etat, en exploitant la porosité des frontières.
Nous avons démontré dans cette étude que la menace des CTE existe en réalité en Afrique, depuis plusieurs années. L’Afrique a également connu, il y a de cela plusieurs années,  un mouvement de retour de combattants djihadistes, bien que n’ayant pas été considéré comme des terroristes en ce moment : les Afghans algériens (citoyens algériens ayant participé au djihad contre l’Afghanistan). Selon Mokeddem, ces combattants ont joué un rôle négatif  dans l’insurrection islamiste en Algérie, car ils : «  importeront des idées nouvelles qu’ils s’empresseront  de mettre en pratique, transformant l’Algérie en un champ de bataille où seront exposées les pires formes de cruauté ».
En consacrant les CTE comme une menace, la résolution 2178 s’est distinguée par sa grande importance. Elle tranche définitivement la question de l’action des Etats face à la migration terroriste. Ces derniers se divisaient en 2 groupes, d’une part, il y avait des Etats qui même sachant la destination djihadiste de leurs citoyens, restaient inactifs au nom du respect de leur liberté d’aller et de venir et d’autre part, des Etats avant-gardistes qui sanctionnaient la migration djihadiste. Grâce à la résolution 2178 qui a une valeur juridique coercitive,  tous les Etats ont désormais l’obligation positive de réprimer la migration djihadiste.
Cependant, nous suggérons que la transposition de la résolution 2178 dans l’ordonnancement juridique national s’accompagne d’une sensibilisation des agents d’application de la loi sur son contenu et l’importance de son application rigoureuse, en mettant l’accent sur le fait qu’un combattant terroriste est tout individu qui migre pour rejoindre l’un des groupes ou entités terroristes inscrits sur la liste. En conséquence la menace des CTE n’est pas liée exclusivement à l’EI, encore moins au Moyen Orient.
Cette recommandation nécessiterait de s’intéresser à la migration djihadiste en Afrique intra muros, puis d’établir des bases de données des CTE, qui devraient être partagées entre les Etats.
En définitive, la résolution 2178, sans être la solution absolue contre le terrorisme, a le mérite de s’attaquer directement à la stratégie de dénégation des frontières nationales par les groupes djihadistes, qui recrutent ses combattants sur la base de la foi. Egalement, la lutte contre la migration djihadiste devrait s’effectuer concomitamment avec les autres formes de lutte contre le terrorisme, notamment les actions préventives. Ces dernières permettraient de cibler les candidats au départ pour rejoindre un théâtre djihadiste, puis d’empêcher leur voyage. Il est aussi très important d’offrir des garanties de protection pour ceux qui ont rejoint l’EI et qui sont aptes pour des programmes de déradicalisation, car en l’absence d’une telle mesure, certains n’auront alors d’autres choix que de lutter.
BIBLIOGRAPHIE :

Ouvrages généraux :
BERTHOMET Stéphane et BIGOT Guillaume Le jour où la France tremblera : Terrorisme islamiste : les vrais risques pour l'Hexagone, Ed Ramsay, mars 2006
DANIEL Serge, Al-Qaida au Maghreb Islamique : l’industrie de l’enlèvement, Fayard, 2012
DAVID Charles-Philippe et ROCHE Jean-Jacques, théories de la sécurité, Editions Montchrestien, 2002
DENECE Eric, Histoire secrète des forces spéciales, Editions Nouveau Monde, 2007.
FILIU, Jean-Pierre les neuf vies d’Al-Qaïda, édition Fayard 2009.
MANNONI Pierre, les logiques du terrorisme, éditions in press, 2004.
SFEIR Antoine et Collectif, Dictionnaire géopolitique de l'islamisme, Bayard, 2009.
Articles:
OLURUNFEMI Arirabiyi-Ibrahim ; « Boko Haram terrorist activities and the crises of governance in Northern Eastern Nigeria », in African Journal for the prevention and combating of terrorism, vol 4, n2, pp 12-31, December 2013.
OLURUNFEMI  Arirabiyi-Ibrahim; « Boko Haram’s tactics, targets and arsenals of terrorism», in African Journal for the prevention and combating of terrorism, vol 4, n2, pp 32-52, December 2013.
GEZE François et MELLAH Salima, « Al Qaida au Maghreb ou la très étrange histoire du GSPC algérien », Algeria-Watch, 22 septembre 2007.
http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/geopolitique/decodage.htm.
LAKHDAR Benchiba, « Les mutations du terrorisme algérien », in Politique Etrangère, IFRI, été 2009/2, pp 345-352.
MAÏGA SoumeylouBoubèye « La sécurité dans le Sahel : des enjeux multiples, un défi commun », in African Journal for Prevention and CombatingTerrorism Juin 2010, pp 17-24.

Mise à jour le Lundi, 19 Mars 2018 12:32
 
CES FACTEURS QUI FONDENT LA COMPLEXITE DE LA CRISE MALIENNE

(Interview dans le QUOTIDIEN sénégalais  WALFADJRI du Samedi 24 Dimanche 25 mars 2012)

Politologue et coordonnateur général du Réseau ouest africain sur la sécurité et la gouvernance (WANSED) Pr Massaër Diallo revient sur la genèse de la crise malienne qui n’est pas née d’une génération spontanée, mais elle est en réalité le fruit de plusieurs facteurs conjugués. Selon lui, ce n’est pas un simple coup d’Etat comme on en a connu ailleurs ; celui-ci est la face visible de l’iceberg. Et le problème dépasse le seul cadre malien : les enjeux sont stratégiques et sous-régionaux, par conséquent son règlement ne peut être que global et collectif.

Lire la suite...